‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 62 sur 210 · CH. MARTIN · texte numérisé non relu

CH. MARTIN

VOYAQE EN LAPONIE.

dernier* plan* de l’horizon. Ce lieu serait donc très-favorable pour des obBorvations astronomiques, et formerait une excellente station pour essayer des mesures de la hauteur des aurores boréales, mesures qui correspondraient à celles que d’antres observateurs feraient simultanément à Bossekop. La ligne qui joint les deux stations fait un angle fort aigu avec le méridien magnétique. On a en effet :

Præstgaard de Kautokeino :

Utilude = 69“ 0' 34" N. Longitude = 20“ 59' 51" E.

Bossekop, maison de M. Klerck :

Latitude = 69“ 58' 0" N. Longitude 21“ 4' 15" E.

Ainsi l’azimut de la station boréale serait le Nord 1° 30' E., par rapport à la station australe, et le vertical commun aux deux stations ferait un angle de 12° avec le plan du méridien magnétique; l'arc qui joint les deux stations aurait 107 kilomètres de longueur. Ces circonstances seraient très -favorables à la détermination de la parallaxe des aurores boréales. Les brumes de la mer ne peuvent arriver que difficilement jusqu’à celle distance, et le ciel doit être généralement serein.

On trouve quelques beaux bouleaux dans le cimetière attenant à l’église, ainsi que sur les hauteurs voisines, mais on n’y voit pas de pins ; cet arbre existait cependant, il y a moins d’un siècle, aux environs de Kautokeino. L’existence du pin sylvestre àcetle élévation (.320 mètres) n’a rien d’extraordinaire, puisqu’il s’élève plus haut, près de Karajocki, de Kalanito et de Suvajervi. Si donc il ne croit plus actuellement à Kautokeino, c’est que les habitants l'ont fuit disparaître en l’employant à la construction de leurs maisons. Or, on sait que dans beaucoup de pays, les forêts, une fois détruites, ne se reproduisent plus. Les différentes espèces de Vacciuium ( V . myrtitlus, V. vitis idœa, V. u(igiuo$um) et d'Arbutus (A. alpina, ,1. uva ursi) sont trèsabondantes autour de Kautokeino, mais leurs haies étaient à

voyage es I.APOSIK.

peine mûres. Doux Graminées, Fettuca ovim et Aira flexuota, atteignaient une taille gigantesque dans les sables humides de l’Allen-elv. Parmi les oiseaux, une espèce assez rare, le S(rix, kaparakok, e^t fort commune dans les environs. i

Le 13 au soir, nous eûmes la vue d’une belle aurore boréale, sur un ciel malheureusement très-nuageux ; pendant la nuit, le thermomètre descendit à — 5 degrés.

Nous quittâmes Kautokeino le lâ septembre, à midi et. demi, nous dirigeant vers Karesuando, et nous atteignîmes à cinq heures un quart i’habitation finnoise de Kalanito, après avoir traversé deuxpetites rivières, l’Everijocki et l’Akijocki. On peut remonter le fleuve en bateau de Ka'utokeino jusqu’à Kalanito. Une partie des membres de la com^nission suivit cette route, et arriva une demi-heure avant le gros de la caravane, qui avait pris la route de terre. Les environs de Kalanito sont , assez bien buisés; sous les bouleaux et les saules, qui atteignent une assez grande taille (10 mètres environ), on voit croître plusicu\'s espèces intéressantes, telles que : Polemonium ccemleum, L.; Géranium tylvaticum, L.; Veronica longi folia, L., var. y «neisa, Hurtm.; Cardum heterophyllus, L.; Galium uliginosum L. ; Atopecurus fui vus, Sm.; Calamagrostis phragmitoide», Hartm.; Trùicum repens, L., et quelques autres plantes propres à ces régions glacées. La plaine qui s’étend devant l’habitation est à 307 mètres au-dessus de la mer.

Entre Kautokeino et Kalanito, le sol offre des ondulations douces, et, en beaucoup de lieux, de grandes cavités coniques que séparent de petites éminences en forme de dômes allongés. On ne trouve pas d’eau dans le fond de ces entonnoirs naturels. Le lichen des rennes [Cenomyce rangiferino, Achar.) couvre le sol, et exclut presque toute autre végétation herbacée. Sa teinte jaune donne au paysage un aspect tout particulier : on dirait un terrain saupoudré de soufre, et les entonnoirs conique^ dont: on est entouré contribuent à entretenir l'illusion. Le lichen

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des rennes forme la principale nourriture de ces animaux pendant rbiver. En été, ils broutent l’herbe et les feuilles des arbres, comme [les ruminants de nos climats. Le lichen n’est mangeable qu’en hiver, lorsqu’un séjour prolongé sous la neige a ramolli ses lames, qui sont dures et coriaces en été. La nature et la couleur du sol, dans le district dont nous venons de parler, expliquent les récits probablement exagérés sur la chaleur intolérable dont quelques voyageurs ont souffert en traversant la Laponie. On comprend que l’action continue des rayons d’un soleil qui ne se couche point finisse par échauffer prodigieusement les lichens desséchés qui recouvrent tout le sol, et réagisse sur la couche d’air qui est en contact avec eux. Si l’on ajoute à cela la réver'bération des rayons solaires par les plis nombreux du terrain, on comprendra qu’on ait pu éprouver en Laponie une chaleur presque aussi forte que dans les déserts de l’Afrique.

Le 15 septembre, à six heures et demie du matin, nous quittâmes Kalanito, et suivîmes la rive droite de l’Alten-elv. Nous avions abandonné la veille la rive gauche, et traversé la rivière à gué devant Kalanito. Il était tombé de la neige pendant la nuit, et nous en avions plusieurs centimètres autour de nous ; mais, dans la soirée, elle se trouva presque entièrement fondue.

A une hauteur de 3til mètres au-dessus de la mer, nous vîmes reparaître les pins sylvestres: leur limite altitudinale est ici notablement plus élevée que dans le district d’Alten. Ils étaient rabougris, il est vrai ; mais, à cette môme hauteur, leur apparence était beaucoup plus belle sur les versants qui regardent l'occident. Vers neuf heures, nous déterminâmes une autre limite sur un petit plateau, à 375 mètres d’élévation ; nous remarquâmes que les pentes tournées vers l’est n’offraient aucun pied de ces arbres précieux, tandis que ceux du plateau avaient près de 5 métrés d'élévation. A midi et demi, nous franchîmes une petite rivière nommée le Suobadusjocki, et nous nous

VOVAUE EN LAPONIE.

lei

arrétÂnies quelque temps sur ses bords. C’est un des affluents de rÂlten-cIv, auquel nous avions fait nos adieux à Kalanito ; il ' coule du S.-E. vers le N. -O. Nous étions là à /j51 mètres audessus du niveau de la mer, et nous avions l’Alten-elv à notre droite ; les sources de cette dernière rivière sont vers l’ouest, à 6 myriamètres environ de notre station de Suvajervi. Depuis Kalanito, le pays est en général plat ou simplement ondulé; son niveau moyen ne s’élève pas au-dessus de ù70 mètres; les eaux coulent vers le nord. Les lacs sont nombreux, mais peu étendus* Le terrain qui les entoure est souvent plus bas que le niveau de leurs eaux ; mais de petits bourrelets tourbeux, bordés de saules, s’opposent à leur écoulement. En favorisant la croissance des mousses, la formation de la tourbe, le développement et l’entrecroisement des racines des saules, des joncs et des Carex, ces eaux stagnantes contribuent elles-mêmes à élever la digue qui maintient la constance de leur niveau. Peut-être les ingénieurs trouveraient-ils d’utiles indications dans l’étude de ces endigueinents naturels. Malgré cette disposition singulière, ces lacs ont un écoulement, mais il est très-lent. Les affluents offrent probablement des retenues semblables, échelonnées les unes au-dessus des autres, et formant autant de biefs et de sas dont la nature a fait tous les frais.

Nous traversâmes, dans la soirée, la ligne de séparation des eaux des deux mers, et nous franchîmes la dernière chaîne qui nous séparait de la grande vallée du Muonio-elv. Cette chaîne est basse (environ 550 mètres d’élévation), et n’offre aucun point bien saillant, comme l’avait déjà remarqué de Buch, dont la route sous cette latitude était d’ailleurs plus orientale que la nôtre. Le point culminant du passage que nous avons franchi est à 532 mètres au-dessus de la mer. Le pin avait complètement disparu ; en revanche, nous obtînmes quelques limites altitudinales de bouleaux. Ainsi, vers deux heures trois quarts, nous trouvâmes ces arbres à â33 mètres, sur ün plateau oü ils étaient

VOŸAOE +;N LAPONIE.

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complètement rabougris. Sur une colline voisine, à l’exposition du levant, ils atteignaient 520 mètres ; sur un petit plateau adossé au flanc septentrional d’une rolline, 598 mètres ; et à l’exposition du 8.-0., les bouleaux rabougris s’élevaient jusqu’à 530 mètres. Dans le même lieu et sur le môme versant, le sorbier atteint l’altitude de hlk mètres. On voit que la limite du Sorbu» aucuparia est de 50 à 50 mètres plus basse que celle du bouleau. Là le Cenomyctt rangiferina envahissait de nouveau "complètement le sol, ne laissant guère de place qu’à Vb’mpetrum nigrum et à quelques Arbutus. De Bucli avait déjà constaté avant nous que ce lichen est le plus abondant (1) entre les limites du pin et du bouleau (350 à 500 mètres).

A sept heures du soir, nous atteignîmes Suvajervi; nous venions d’entrer sur le territoire russe. Suvajervi n’est qu’une misérable cabane habitée par deux I..apons sédentaires, et située sur le bord du lac du môme nom, dont nos observations fixent la hauteur à à09 mètres. Ce lac est assez grand, et peut avoir .un demi-myriamètre de longueur; il est poissonneux, et son «nom lapon indique qu’il a une considérable profondeur. Scs bords sont d’ailleurs très-arides.

, \jp. 16 septembre, à midi et demi, nous quittâmes la case laponne de Suvajervi, et traversant un district de moins en moins montagneux, nous atteignîmes Karesuando vers sept heures du soir. Une pente assez uniforme mène de la première à la seconde de ces stations." A deux heures et demie , nous vîmes reparaître les pins sylvestres ; sur un versant tourné vers rO.-S.-0., ils montaient jusqu’à àlO mètres. Ces pins étaient déjà de haute taille, car ils atteignaient 10 mètres d’élévation. Un peu plus loin, nous les vîmes sur le môme versant, à une hauteur que nous estimâmes supérieure à la première de 60 mètres environ. Ces nombres s’accordent avec ceux de Léopold de Buch

(1) Reise durch Norwtgen und lappland, I. Il, p. 212.

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qui, à la iiièine latitude, mais quelques myriamètres plus a l’est, a trouvé cette limite à &05 mètres. A leur réapparition, les . pins s’associent immédiatement en grandes forêts qui règneut pres<|ue sans interruption jusqu’au golfe de Bothnie (1).

A Karesuando, nous nous installâmes chez le pasteur I.wstadius, qui avait bien voulu prendre part, à diverses reprises, aux travaux de la commission. Notre premier soin fut de comparer nos deux baromètres avec le baromètre n“ 8 d'Ernst, que le gouvernement fram-ais avait mis à sa disposition, pour faciliter ses recherches météorologiques. Nous déterminâmes ainsi la correction constante que devaient subir les lectures de ce baromètre pour donner la véritable pression de l’atmosphère. Cette correction fut trouvée additive et égale à -|- 0'^,6U, par une moyenne de six comparaisons faites avec chacun des baromètres n° 23 et n° d'Ernst, que nous portions avec nous. Le baromètre n° 8 est placé au rez-de-chaussée du prsestgaard, à 0*,8 au-dessus du plancher. Le calcul donne 32!i mètres pour la hauteur de sa cuvette au-dessus de la mer. On pourra déterminer plus exactement ce niveau lorsque l’on comparera l'ensemble des observations régulières faites à Kaafiord par MM. les ingénieurs des mines, et à Karesuando par M. Læstadius, depuis le 1" mai 1838. Mais le nombre obtenu approche certainement beaucoup de la vérité. En face de la maison du pasteur, le niveau du Muonio-elv est à 319 mètres au-dessus de l’Océan.

Karesuando est à la Laponie suédoise ce que Kautokeino est à la Laponie norvégienne; c’est le centre du district; il y a là un |)ræstgaard et un thing ou maison de ville. L’église était

(1) Outre les plantes déjà citées, nous avons recueitli sur le plateau lapon quelques autres espèces intéressantes. Ex. ; Barbarta rteta, Fr.; ÀngtUeu sylveuris, L. ; A’pilobium alpénum, L. ; NaisMurea alpina, DC. ; Fsronlea alpina, L. ; Salis phylicifotia, L.; Sriophomm aagas<ifoltum, Soi.; Arvaêo siricla, Tim., et A. lapponica, W'ahlenb.

VOYAGK KN I.APON'IE.

autrefois à Ënontekis ; mais depuis que ce village est devenu russe, elle a été transportée, non pierre à pierre, mais poutre à poutre et planche à planche sur le territoire suédois. Les maisons sont groupées autour de l’église. Au sud de Karesuando est un assez grand lac ; deux ou trois Ilots verdoyants s’élèvent de son sein. Le fleuve Muonio coule de l’O.-N.-O. à l’E.-S.-E.; sa largeur, de 200 mètres au moins, et son courant rapide, en font déjà un fleuve important. Les environs sont découverts et très-boisés ; le pin sylvestre y abonde.

Le pasteur Læstadius, qui consacre à la botanique tous les instants que lui laissent les devoirs de son ministère, a fait au Muséum d’histoire naturelle de Paris deux envois de plantes recueillies à Karesuando, Piteo, Tornéo, Tromsoe, Lyngen et Kaaflord. Les échantillons sont nombreux, recollés cl déterminés avec beaucoup de soin. La liste suivante renferme les espèces les plus remarquables des environs de Karesuando, envoyées par M. Læstadius ; j’ai laissé de côté les variétés et les hybrides, elles auraient été superflues dans un tableau de la végétation de ce district, destiné à servir de terme de comparaison aux contrées boréales ou aux zones alpines des pays tempérés.

PLANTES DES ENVIBONS DE KARESUANDO.

(Ul. 68» 36' N. Long. 20” 18' E.)

Raudmculaceæ. Aanuncului acris, L. ; H. auricomus, L.; R. hyperboreus, Rotlb. ; R. replans, L. ; R. lapponicus, L. ; R. agualitis, L. ; R. repeni, L. CRucirERÆ. Draba hirta, L. Barbarea valgaris, Br.

VioLARiEÆ. Viola palusiris, L. ; V. biflora, L.

Caryophylleæ. Lychnis alpina, L. Stellaria graminea, L. ; S. hmgifolia, Frics ; S. alpestris, Fr. ; S. crassifolia, Ehrh. Spergula saginoides, L. Cerastium triviale, Link. ; C. vulgalum, Wahlenb. -, C. ciscotum, L. ; C. alpinum, L. -, C. Irigynum, Vill.

riEBANiACE/E. Géranium sylvaticum, L.

LeguhinoS/E. Phaca frigida, L. dstragalus alpinus, L.

Rosaceæ. Bubus casloreus, Læst. ; fi. arclicus, L. PotenUUa alpestris, Fr. ' i'orbiM aucuparia, L,

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Haloraceæ. CaUüriche verna, L.

Oragrariea:. Epilobium alpinum, L.

üAiiFRAGEÆ. Soxifraga hirculut, L.

Rdbiaceæ. g alium palustre, L.

CoMPôsiTÆ. Pyrethrum inodoruin, Sm. Solidago virga-aurea, L. 5aussurBa alpina, DC. Tustilago frigida, L. Gnaphalium dioicum, L.; G. alpinum, L. ; G. tupinuin, HofTai. Hieracium vulgatum, Fr.; H. boreale, Fr.; H. sylvaticum, Valilcnb. ; //. alpinum, L. — Erigeron uniflorus, L. Sonchus sibiricvs, L.

Ericaceæ. Arbuiu» alpina, L. ilensitiia cœrulea, Wahlenb. C/iamæledon procumbens, Link.

Oertiaheæ. Genliana nivalis, L.

Polemoriaceæ. Polemonmni caruleum, L.

Reirahthaceæ. Pedicularit lapponica, L. ; P. palustris, L. Rhinanthus critlagaili, L. Bartsia alpina, L. Eaphrnsia o/flctnalis, l. Veronica serpylUfolia, L. ; y. longifolia, L. ,

I.AR1ATÆ. Galeopsis lelrahil, L. ; G. versicolor, Willd. l'TRicuLARlEÆ. Pinguicula villosa, L. ; P. alpina, L.

POLTGUME.C. Rumex domeslicut, Hartm. ; R, acelosa, L. ; Oxÿria reniformis, Hoück. Polygonum viviparum, L. .

Amentaceæ. Salix versifolia, Wahlenb. ; S. myrsinites, L. ; S. herbacea, L. ; S. myrtilloides, L. ; .S. lanala, L. ; S. Lapponum, L. ; S. arbuscula, L. ; S. nigricans, L. ; S, hastata, Hartm. ; 5. limosa, Wahlenb. ; S. capraa, L. ; 5. canescens, Fr. Betula nana, L. ; B. humilis, Hartm. ; B. pubescens, Ehrh. ; B. alba, L.

Orchideæ. Orchis lapponica, Læst.

CoLCBiCACEÆ. To/Mdia borealis, Wahlenb.

Jdrceæ. Juncus ^triglumis, L. ; J. nodulosus, Wahlenb.: J. Irifidus, L. ; J. stygius, L. ; }. Iriglumis, L. Luxula paroipora, Ehrh. ; L. tpicala, DC. ; L. ccunpestris, DC.

Cyperaceæ. Eriophorum capitatum, HolTm. ; E. voginatum, L. ; E. alpinum, L. ; E. polystachyum, L. ; E. russeolum, Fr. ; E, gracile, Koch ; E. angustifolium. Reich. Carem curvirostra, Hartm. ; C. panicea, L. ; C. livida, Wahlenb. ; C. microglochin, Wahlenb. ; C. paucipora, Ughir. ; C. taxa, Wahlenb. ; C. saxatilis, Wablenb. ; C. ampuUacea, L. ; C. limosa, L. ; C. rotundata, Wahlenb. ; C. aquatilis, Wahlenb. ; C. capitata, L. ; C. lenui- Para, Wahlenb. ; C. loUaeea, L.j C. chordorixa, Ehrh. ; C. capiltaris, L.; C. canescens, L. ; C. cetpitoea, L.; C. (eretiuscula, Good.; C. heleonastes, Ehrh.; C. Btubaumii, Wahlenb.; C. dioica, L. ; C. microstachya, Ehrh.; C. tenuipora, Wahlenb.

CRAURLe. Calamagroslit phragmitoides, Hartm.; C. epiggos, L. ; C. sirigusa, Wablenb.-, C. Halleriana, Hartm. A grostis stolonifera, L.; J. canina, L.;

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A. rubra, L.; Pltleum alpinum, L.; Alopecwrui geniculatut, L.; Atra olropurpurea, Walhenb.; A. flfruota, L. At«rui sublpi'cala, Wablenb.; A. alpesiris, Hartm.; Fcsluca rubra, L. ; F. ovina, L.', Arundo ilricia, Wahlenb.; A. lapponica, Wahleiib. Poa serolina, Hartio.; P. fltœuota, Wablenb.; P. annua, L.

A Karpsuando, nous quittâmes le reste de la commission. Nous gagnâmes à cette séparation une liberté d’allures, sans laquelle un voyage scientiflque ne saurait être utile. En effet, le but que se proposent le, physicien et le naturaliste est tellement différent de celui que poursuivent le littérateur et l’artiste, qu’ils se gênent mutuellement en s’imposant l’obligation de rester ensemble. Arrivés aux confins de la civilisation européenne, nous nous'séparàmes, non sans regret, mais dans l’intérêt de nos travaux réciproques.

Le 19 septembre, à huit heures du matin, nous fîmes nos adieux au pasteur Laestadius, pour descendre sur le Muonio et le Torneo-elv jusqu’à Kulkula, village situé à quelques myriamètres seulement du golfe de Bothnie. Le temps, d'abord incertain et variable, se fixa au "beau. Couchés sur les peaux de renne qui tapissaient notre barque, nous promenions nos regards d'une rive à l'autre. Tantôt nous longions lentement la ligne sinueuse des bords verdoyants du fleuve ; tantôt son courant rapide nous entraînait avec vitesse. Secouée par le clapotis des vagues, et glissant dans les remous qui se déversaient autour des rochers saillants hors de l’eau, notre barque passait alors comme une flèche en talonnant le fond rocailleux du fleuve, puis se reposait de nouveau dans une eau tranquille comme celle d’un lac.

Le premier jour, nous dépassâmes Kuttano nu Kullaneby, sur la rive droite, Palajocki et Songa-Molka, sur la rive gauche, et nous atteignîmes Katkesuandn, village situé sur la rive gauche, et par conséquent appartenant â la Russie. Palajocki est

Digilized liv Gnoglc

VOVAGK EN LAPONIE.

.«ans doute le l’alajcrnsu de de Dunh (1) ; c'est le point où ce voyageur vint rejoindre le Muonio-elv. On sait que les Lapons changent volonliers les désinences de leurs substantifs, et jocki, en lapon, signifie rivière. A cinq heures et demie, nous avons rencontré les premiers sapins {Abm excelta), au lieu même où ils sont placés sur la carte de de Buch, h 15 kilomètres environ en amont de Katkesuando, et à 25U mètres (360 mètres d’après de Buch) au-dessus de la mer. Leurs rameaux sont rigides, et non pendants comme ceux des zones plus méridionales. La largeur du fleuve est considérable, car elle dépasse le plus souvent celle de la Seine à Paris ; ses bords sont d’ailleurs plats et monotones.

Partis de Katkesuando le lendemain 20 septembre, à cinq heures et demie du matin, nous atteignîmes Muonioniska le Bas vers dix heures du matin. En mettant le pied sur ce rivage, nous pûmes un instant nous croire transportés en France. Des collines, agréablement ondulées, étaient couvertes de champs récemment moissonnés i au sommet de l’une d’elles une massive tour cylindrique nous rappelait les gros pigeonniers de la Beauce ; l’air était pur, le soleil presque chaud. Il y avait quinze à dix-huit jours que l’on avait rentré l’orge, la seule céréale qu’on puisse cultiver sous cette latitude. Depuis dix ans, jamais la récolte n’avait été aussi belle : l’orge était presque arrivée à une pleine maturité. Celle-ci dépend de la température et de la sérénité du ciel pendant les dernières semaines d'août et au commencement de septembre. De là ce préjugé fort répandu dans le Nord, que la lune contribue beaucoup à la maturation des céréales. Nos paysans attribuent à l’influence maligne de la lune rousse la congélation des bourgeons printaniers, qui n’est due qu’au rayonnement des plantes pendant une nuit sereine; et ceux des bords du Muonio-elv ne réfléchissent pas que les courtes nuits .

(I) Loc. cU., tome II, p. Ï18.

188 VOYAGE EN EAPOME.

OÙ la lune brille au firmament sont suivies de longs jours, où le ciel sans nuages permet au soleil de mûrir leurs moissons. Si le ciel était habituellement couvert de nuages, ils ne verraient pas la lune éclairer toutes leurs nuits. Néanmoins la maturité de l’orge n’est jamais complète. Avant de rentrer la moisson, on est obligé de la sécher. Four cela, on divise l’orge en petites gerbes qu’on suspend verticalement à des étendoirs composés (le perches horizontales placées les unes au-dessus des autres. Cette pratique se retrouve dans les hautes vallées du Valais en général, et dans celles d'Entremont, de Sans et de Zermatt Æn particulier. Tous les villages dont la hauteur dépasse 1300 mètres au-dessus du niveau de la mer sont entourés de ces grand.s étendoirs. En Laponie, quand la s;iison est trop froide, ou l’orge trop humide, on la dispose horizontalement sur le toit de petites maisons sans fenêtres, au fond desquelles se trouve un grand poêle dont la fumée sort par la porte. Nous passiimes le reste de la journée à Muonioniska, et dans la nuit nous vîmes une très-belle aurore boréale. Près du village, le niveau du lleuve est ii 225 mètres au-dessus de celui de la mer.

Le 21 septembre, nous quittâmes Muonioniska à cinq heures un quart du matin. Nous ne descendîmes pas en bateau le célèbre rapide d’Eyenpalka, mais nous primes un sentier qui nous conduisit à travers des bois marécageux. Au-dessous des rapides, nous joignîmes la tête de la colonne des Icmmings qui émigraient vers le sud. Leurs cadavres couvraient les bords du fleuve, et les oiseaux de proie en étaient tellement rassasiés,' qu’ils ne mangeaient plus que le cu:ur et le foie. Sur aucun autre point ces rongeurs ne nous avaient paru aussi nombreux, et ils couraient presque tous parallèlement à la direction du lleuve. L’aspect de ses rives avait changé. Il coulait au milieu de grandes forêts de pins et de sapins qui s’avançaient jusqu’à scs bords : quelques arbres étaient penchés sur le courant, qui les minait en dessous, et leurs branches, trempant dans les eaux

VOYAGÉ EN LAPONIE

ilu fleuve, semblaient près d’ôlre entraînées par les values, qui les agitaient sans relâche. Souvent la forêt était interrompue par un marais formant une grande clairière, où des pins rabougris végétaient misérablement au milieu de la tourbe. De temps en temps une ferme finlandaise nous était signalée de loin par l’arbre à bascule qui se dressait au-dessus de son puits. Lorsque le Muonio-elv, calme et majestueux, semblait s’étaler dans la plaine, nous nous figurions descendre un de ces grands fleuves d’Amérique, aux rivages inondés, qui coulent solitaires pendant des centaines de myriamètres, au milieu des savanes et des forêts vierges. Peu d'incidents venaient varier la monotonie de notre navigation. La rive était déserte, et nous ne rencontrions pas de bateau.x. Cependant, un jour, nous vîmes de loin une figure humaine nu milieu du fleuve, sans pouvoir reconnaître la barque qui la portait. A mesure que nous approchions, l'homme devenait plus distinct, mais le* bateau restait invisible. Enfin, tout s’expliqua. C’était un paysan finlandais qui, étant allé couper quelques arbres en amont du fleuve, retournait chez lui, assis sur leurs troncs, dont il s’était fait un radeau.

Nous dépassâmes ainsi successivement les villages de Pnïkajocki et de Kilangi, tous deux situés sur la rive gauche ; puis celui de lluki, qui est sur la rive suédoise ; p<‘u après Huki, nous vîmes l’embouchure du Niesajocki, et atteignîmes Kolare, où nous séjournâmes pour passer la nuit. Kolare est dans une lie, et appartient à la Russie : le bras du Muonio-elv, par lequel on arrive au village, est le Kolare-elv. I.-a hauteur dç notre station fut trouvée de l.'îS mètres, celle du fleuve de lü9 mètres.

Le lendemain matin 22 septembre, nous traversâmes l’ile â pied, et passâmes sur son bord occidental; une charrette transportait notre bagage. Arrivés sur l’autre rive, nous y changeâmes de bateau, ainsi que d’équipage, et descendîmes ainsi jusqu’à Jpkkialka, village russe, situé à 5 kilomètres en dessous de Kolare. Là nous changeâmes une seconde fois de bateau.

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A onze heures et demie, noua pass&mes devant Kiexisvara, point de relâche de MM. Lottin et Lilliehdok en mai 1K39. Le village étant dans les bois, du milieu du fleuve il est impossible de l’apercevoir. Très-peu après nous nagions dans le confluent du Muonio avec le Torneo, qui conserve son nom après avoir reçu son tributaire. Cependant le Torneo-elv tombe à angle droit sur son rival, qui ne se détourne pas de sa route rectiligne. Par sa largeur, le Muonio-elv est supérieur au Torneo-eTv, mais son courant est moins rapide, et son débit n’est peut-être pas aussi considérable. Kengis est situé sur les bords du Torneo. Les forges, éloignées de 2 kilomètres du village, ont une certaine célébrité. M.. Anglès, qui passa à Kengis deux jours après nous, y revit les premiers moineaux. Ils sont inconnus dans la province du Finmark.

Les rapides sont fréquents dans cette partie du cours du fleuve. Us existent sur tous les points où le lit est rocailleux et la pente un peu forte. Alors le courant de la rivière occasionne des vagues qui déferlent constamment en amont, et imitent une mer clapoteuse à lames courtes. L’homme qui tient le gouvernail doit toujours, autant que possible, aborder ces lames à angle droit; car une vague qui déferlerait latéralement sur toute la longueur du bateau, pourrait le faire chavirer. Les bateaux sont construits dans ce but ; ils sont relevés vers l’avant, et la forme de la carène è cette partie est celle d’un plan incliné qui facilite le redressement de la partie antérieure. En outre, on leur adapte deux planches qui élèvent les bordages latéraux. Partout où la lame déferle très-fortement, on peut être assuré qu’une roche est a fleur d'eau, et l’on s’y prend un peu d'avance pour l’esquiver; ou bien on se dirige directement sur elle, afin d’entrer dans son remous. D’ailleurs, il est rare que la barre rocheuse ôccupe toute, la largeur du fleuve. Quelquefois on est obligé de tourner certains rochers en décrivant un demicercle, comme, par exemple, au rapide de Matkojocki, près de

voyage en LAPONIE.

Korpikula. Comme il est important que le bateau continue à gouverner, les bateliers forcent de rames, et le baieau acquiert une vitesse vraiment effrayante. On ne se hasarderait pas dans ces derniers passages sans avirons de rechange; car une rame cassée subitement entraînerait la perte de la barque et dea hommes qui la montent.

Vers six heures et demiedu soir, nous arrivâmes à l’auberge de Pello. Ce village est l’extrémité septentrionale de l’arc mesuré par iMaupertuis, le premier Français qui ait visité la Laponie dans un but scientifique. Mais nous ne pûmes retrouver aucune trace positive du séjour de ce grand géomètre (1).

Le lendemain, nous quittâmes Pello à sept heures et demie. A un myriamètre au-dessous de ce point, nous vîmes, pour la première fois, le Tanacetum vulgare et le Trifolium repens. A onze heures, nous rencontrâmes le village russe de Tortula. Vis-à-vis de ce point le baromètre assignait aux eaux du fleuve SO mètres de hauteur au-dessus de la mer, nombre qui nous paraît trop faible. C’est ici la limite extrême de la culture du houblon, et M. Anglës y a mesuré un bouleau de 2'*,ââ de contour.

(f ) Deux ans plus tard, je visitais avec recueillement le tombeau de Maupertuls, dans l'église du petit village d'Ober-Dornach, canlun de Suloure, en Suisse. Retiré à Bâle chez son ami Jean Bcniouilli, Maupertuis expira dans ses bras, et voulut être enterré dans l'humble église de ce hameau. Voici son épitsphe, telle qu'elle est gravée sur une simple plaque de gréa ;

« Virtui perennal, cetera tabuntur, Vir iUuilris genere, ingenio sumnius, dignitate ampiissimus, Pelrus Ludovicus Moreal' de Mauperti’is ex collegto XI. acadeinicorum Ling. Franc., iques auratus ordinis fteg. Boruss, prmttantibua meritii diealt, Acadeinlarum celebrium Kuropat omnium lo* due ac Regke Berolinensis prestes, iioJiu m cotlro üancli Afaccorii, die xxvni sept, mdcxcviii, œtate integra tenta morte consumptus, Aie ossa sua condi ruluit.

» Catharina Eleonora de Bork, Maria soror et Joannes BernouilH in eujui eedibus Bagilœ, die xxvt Julii hdccux, decessit, comniunùt denderii lenimeii hocce moHumentum beatis manibus posuerunt. >

VOYAGE EK LAPONIE

Ayant apnrçu, sur la rive gauche, une jolie maison de campagne, entourée de beaux bfttiments d’exploitation, nous ne pûmes résister au désir de la visiter. Le maître du logis nous reçut avec beàucoup de grâce, et nous fit entrer dans un salon assez élégant, où une de ses filles touchait du piano. Ces sons produisirent sur nous un effet magique : c’était un écho lointain de la civilisation qui venait nous trouver au milieu des solitudes de la Laponie. Chacun de nous y rattachait quelque souvenir de la patrie absente, et nous eûmes quelque peine à nous arracher à ce salon, le plus septentrional sous ce méridien, pour regagner notre barque.

Ce fut dans cette partie de notre voyage que nous vîmes apparaître peu à peu les recherches de la civilisation : nous pûmes déterminer à la fois la limite latitudinalc des plantes, et celle de chacun des meubles que nous jugeons indispensables à la vie dans le centre de l’Europe civilisée. Sur le plateau lapon, nous dormions enveloppés de peaux de renne, et abrités par une simple tente ; le long du Muonio-elv, sur le foin, dans les granges des fermes finlandaises ; plus au sud, on étendait des draps sur l’herbe sèche qui devait nous servir de couche. A Pello, nous avions chacun un bois de lit et un drap ; à Mattaringi, notre fit était muni de deux draps ; mais ce ne fut qu’à Kulkula que notre couche nous parut satisfaire à toutes les exigences du voyageur européen. La cuisine suivait la même progression: malheureusement c’était toujours celle du siècle de Louis XIV, que Boileau a si bien décrite dans sa troisième satire (1).

En dessous de Tortula est le village suédois de Jockscngi, et la petite ville de Mattaringi, autrefois Torneo le Haut (Ofver- Tornoe). La grande route de Stockholm vers le nord ne dépasse pas cette dernière ville.

Le lendemain, septembre, nous séjournâmes à Mattaringi,

(1) Aimez-vous la muscade, on en a mis partout.

VOVAOK KN I.APONIK.

et fimes une excursion au sommet de l’Avasaxa, monlafjnc flevenue célèbre par la mesure d’un degré du méridien, faite successivement en 1738 par Maupertuis et Celsius, et en 1801 par Ofverbfim et Svanberg. Nous trouvâmes, par le baromètre, que le sommet de cette montagne est à 196 mètres au-ilessus des eaux du Torneo-clv. Cette hauteur ne doit pas différer beaucoup de la véritable. Nous lisons, dans la relation de M. Svanberg, que du sommet de l’Avasaxa, les observateurs suédois ont trouvé, pour la dépression du terme boréal de leur base, 51722 secondes centésimales, soit 4” 39' 18", la distance horizontale étant de 2132 mètres entre les deux stations. Il en résulte 187“,3 pour la différence de niveau, et il ne reste plus qu'à ajouter la hauteur du signal, extrémité septentrionale de la base, au-dessus des eaux du Tornco-elv, et à tenir compte de la hauteur de l’œil de l’observateur au-dessus du sommet de fAvasaxa. Nous n’avons pas entre les mains les éléments de ces corrections; mais on peut, d’après la relation de Svanberg, supposer qu’elles changeraient la hauteur observée en une hauteur de 190 où 195 mètres. Quant à celle des eaux du tleuve devant Mattaringi, nos observations leur assignent 21 mètres ; mais il est bien préférable d’adopter la hauteur de U8 mètres que donne M. Svanberg. La distance qui nous séparait de Karesuando était déjà trop grande pour que nous puissions compter sur la précision des résultats barométriques; et la mesure de M. Svanberg résulte probablement d’un nivellement géodésique.

La végétation de l’Avasaxa est fort belle ; les Vaccintvm et les Arbutus y abondent. Leurs baies étaient mûres. Privés de fruits pendant les deux étés que nous avions passés dans la mer Glaciale, nous leur trouvions un goût délicieux. Sur le sommet, nous admirâmes des bouleaux de 10 mètres de hauteur, dont les rameaux souples et pendants rappelaient la physionomie de cet arbre dans les paysages français.

Nous apprîmes à Mattaringi (Ofver-Torneo)queM. Portin, bien

CH. HARTIXS. 13

IM

VOYAGE EN LAPONIE

coonu des météoraloglstes par ses longues séries d'observations, était mort l’hiver précédent; Malhciireusenicnl, nous ne pûmes comparer nos baromètres avec le sien, le mercure en ayant été enlevé dans l’intervalle de U'iqps écoulé entre sa mort et notre arrivée. Cet instrument portait une échelle de papier, graduée en pouces et dijiièinos de pouce. .\ous nous assurâmes que 3 pouces de la division eorrespondairni à 89 millimètres, soit 1 pouce — 29““, 7. Le tube était beaucoup trop capillaire, et la cuvette dépourvue d’un niveau constant. On voit que ces séries d’observations ne méritent qu’un assez faible degré de conliance.

Le 25 septembre au soir, nous allâmes coucher à Kulkula ; là les eaux du fleuve ne sont plus qu’a une dizaine de mètres de hauteur au-dessus de la mer.

Le lendemain matin, nous quitlAmes notre bateau pour prmidre la route de terre. Le pays était couvert de champs labourés, séparés par des haies et entremêlés de prairies et de bois taillis. Le seigle s’associait à l’orge, qui est la seule céréale cultivée à Matlaringi. De nombreux moulins ù vent surmontaient le sommet des collines. Cet aspect nous rappelait les a|iprochcs de Paris, et cependant nous étions sous le cercle polaire, près de Tornéo, terme extrême du voyage di s touristes qui veulent ’ vo'n' le soleil à minuit. Partis le 2G, à neüf heures du matin de Kulkula, nous arrivâmes à Haparanda vers midi. Depuis que Tornéo est devenu russe, le commerce a créé celte nouvelle ville, qui s’élève cl s’accroil comme par enchantement sur la rive suédoise du fleuve. Nous y séjournâmes' jusqu’au 3 octobre, époque à laquelle nous primes la grande route de Stockholm.

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