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LA VINGTIÈME REUNION

pas un bienfait : il faut que la science s’infiltre dans les dernières ramifications du corps social, alors seulement elle peut le nouri'ir et le fortifier. Si le crime est un poison, l’instruction est son antidote : la société échapperait en vain aux'épidémies et à la famine, si le démon de l’ignorance, avec ses affreux acolytes, le vice et la débauche, s’insinuait dans toutes les classes du peuple, ébranlant les institutions et détruisant les bases de la famille et de la société. L’État a donc un grand devoir à remplir : s’il s’arroge le droit de punir le crimé, il contracte l’obligation de le prévenir de toutes ses forces ; s’il exige la soumission aux lois, il doit apprendre au peuple à les lire et à les comprendre; il doit lui enseigner les immortelles vérités qui formeront des citoyens amis de l’ordre, libres et heureux. C’est une grande question de savoir ce que deviendra notre état social, avec l’accroissement indéfini du pouvoir de l’homme sur le monde physique et du bien-être matériel, si ce double progrès n’est point accompagné d’une amélioration correspondante de sa nature morale et intellectuelle. Que les législateurs, que les chefs de nations songent donc sérieusement à l’établissement d’un système d’instruction nationale, qui éclaire les peuples sur leurs véritables intérêts, et détruise les illusions ou dissipe les préjugés qui les conduiraient à une perte certaine.»

Ce discours fut couvert d’applaudissements, et l’assemblée se s«‘para. Les jours suivants, elle se divisa en sections qui siégeaient chaque jour, de onze heures à trois heures, pour écouter la lecture de mémoires, discuter des questions intéressantes ou assister à des expériences. Je vais essayer de donner une idée des principaux travaux qui fixèr^t l’attention publique.

Scoresby, le grand navigateur, qui a visité vingt et une fois les parages du Spitzberg, et publié un ouvrage des plus remarquables sur les mers polaires (1), fait connaître des observations sur la grandeur et la vitesse des vagues de l’Atlantique, entre

(I) Voyez page 63.

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DE (/ASSOCIATION HRITASNIQUE. 213

rAiiiériqup du Nord et l’Europe. Apres un vent assez violent, (]ui avait soufflé pendant trente-six heures, il trouva qu’une vapue mettait six secondes à parcourir la longueur du navire, qui était de 66 mètres; sa vitesse était donc de 60 kilomètres par heure, l.aplus haute avaittS mètres d’élévation, elladislance des deux crêtes donnant la longueur de l’ondulation était de 180 mètres. Je ne parlerai pas des communications sur l’astronomie de M. .Airy, sur l’optique de Brewster, ou sur le magnétisme de M.M. Philips et Allan Hrown; elles exigent, pour être comprises, des connaissances préliminaires qui, malheureusement, sont encore trop rares. Mais tout le monde eût été charmé de voir les admirables dessins de la surface de la lune que M. Nasmyth a pu exécuter h l’aide de son grand télescope. Les cratères de ce qu'on est convenu d’appeler les volains de la lune sont aussi évidents, vus dans ce télescope, que ceux d’une montagne terrestre î» la distance de trois ou quatre lieues. Un reconnaît trèsbien l’escarpement circulaire et le cène central ; mais on n'aperyoit aucune trace de ces éruptions ou de ces courants de lave, dont l’existence pourrait seule justifier l'assimilation de ces cratères aux volcans de la terre. La météorologie a occupé une large place dans les séances de la section. On a communiqué des résumés sur les climats les plus divers et les plus éloignés : Christiania et les Açores, les plaines du Yorkshire et les plaUmux du Tibet, à 3000 mètres au-dessus de la mer.

Une commission, composée de MM. Airy, Forbes, Kupffer, Philips, Brewster, .A Thomson et Ch. Martins, avait été chargée d’examiner un arbre brisé par la foudre près d’Ëdimbourg : elle constata une explosion de l’arbre, dont l’écorce et les fragments avaient été projetés îi une grande distance. Un des commissaires fit remarijuer que cet arbre foudroyé était complètement identique avec les arbres clivés par la vaporisation de la sève dans les trombes de Chatenay, de Monville, etc., dont la nature électrique ne saurait être mise en doute plus longtemps.

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