‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 8 sur 210 · I.A tikOGKAI'HIE IIOTAXiyi'E · texte numérisé non relu

I.A tikOGKAI'HIE IIOTAXiyi'E

pour les Malouines. Un élément physique, l’humidité, n pour effet d’accroître le nombre relatif des monncotylédones et de diminuer celui des dicotylédones.

Si nous voulions épuiser ce sujet, nous devrions rechercher . iluns quelle proportion les différentes familles du régne végétal, telles que les Graminées, les Légumineuses, les Ombelliféres. entrent dans l'ensemble de la flore d’un pays, puis nous examinerions la répartition des genres, leur nombre relatif, l’aire qu’ils occupent sur le globe ; mais cette étude exigerait chez le lecteur des connaissances trop spéciales pour être très-répandues. Nous passons donc sans transition à l’analyse des agents physiques qui déterminent la distribution des végétaux à la surface du globe.

Rien de plus varié et de plus complexe que l’influence de ces agents physiques, qui s’entr’aident, se modifient ou se détruisent réciproquement. La chaleur'obscure n’agit pas comme la chaleur accompagnée de lumière ; une chaleur humide produit des effets opposés à ceux de la chaleur sèche. Étudions donc séparément ces divers éléments.

La végétation de chaque espèce correspond à une section déterminée de l’échelle thermométrique. Au-dessous d’un certain degré de froid, la plante périt ; elle meurt également si le thermomètre dépasse un certain degré de chaleur ; elle ne prospère qu’entre des limites de température fixes et invariables. Cette échelle thermométrique est loin d’étre la même pour toutes les plantes : le règne végétal présente à cet égard des diversités infinies. Le mélèze, le bouleau nain, supportent des froids de AO degrés au-dessous de zéro, qui congèlent le mercure, tandis qu’un grand nombre de palmiers, d’orchidées tropicales ou de fougères arborescentes succombent lorsque le thermomètre marque encore 10 degrés au-dessus de zéro. Il est des plantes qui vivent couchées sur le sable des déserts de l’Afrique, dont la chaleur atteint souvent de 60 ^ 80 degrés centigrades, tandis que les

INTRODUCTION

plantes alpines ou boréales sc flétrissent, si le tliormomètrc se soutient pendant quelques jours à 10 degrés au-dessus de zéro. Il est cependant encore un autre point thermoniétrique important à considérer, c’est celui où chaque espèce commence à entrer en végétation. Une plante, en effet, peut supporter un froid, de 15 degrés au-dessous de zéro et ne donner signe de vie que lorsque le thermomètre en marque 6 au-dessus. Il n’est point d’ami des montagnes qui n’ait vu avec ravissement les saxifrages et Icssoldancllcsen fleur baignées par l’eau ruisselant des champs de neiges éternelles qui blanchissent les Alpes : cette eau a une température supérieure à zéro de quelques dixièmes seulement, et celle de l’air ne dépasse pas 5 ou 6 degrés. J’ai même vu la soldanclle cachée sous des voûtes de neige fermées de toutes parts. Dans ces cavités, la température de l’air et celle de l’eau sont nécessairement à zéro; cette basse température est cependant suffisante pour faire germer et fleurir la soldanelle. D’un autre cAté, les cocotiers et les végétaux de la zone torride sont insensibles aux températures qui n’atteignent pas 15 ou 20 degrés. Tous les printemps, nous avons la preuve de ces vérités longtemps méconnues. Nous voyons les plantes de nos jardins entrer successivement en végétation à mesure que le thermomèlh- s’élève au degré où la chaleur agit efticacemetit sur leur vllalité. Chaque espèce a donc son thermomètre particulier, dont le zéro correspond ù la température la plus basse à laquelle sa végétation est encore possible. Ce zéro est toujours supérieur à celui de nos thermomètres, qui correspond à la température de la glace fondante.

I,a plante une fois en végétation, quelle est la chaleur nécessaire pour amener l’épanouissement des Heurs et la maturation des fruits 1 Longtemps ou a cru qu’en comparant entre elles les chaleurs moyennes du printemps, de l’été, de l’automne, ou colle de douze mois de l’année dans différents pays, on arriverait à la solution du problème. Si l’on n’admire pas, disait-on,

LA GÉOGRAPHIE BOTANIQÜE.

dans les jardins du nord de In France l’acacia de Constantinople, l’agave du Mexique, le Nelumbium ou le LdgerttræmiaAa l’Inde, c’est que les étés ne sont pas assez chauds pour amener l’épanouissement de leurs fleurs, qui ne manque jamais dans le midi de l’Europe. Si l’on ne cultive plus la vigne dans l’ouest de la France, au nord de la Vendée, c’est, peusait-on, parce que la température des étés et du mois de septembre est trop basse pour faire mûrir le raisin ; car sur les bords du Kbin et de la Moselle, où l’on récolte d’excellents vins, les hivers sont plus rigoureux qu’en Bretagne et en Normandie, mais les étés y sont beaucoup plus chauds. Si l’on se borne îi une approximation, la chaleur des saisons rend compte en efl'et de la ditférence de végétation entre des contrées à climats opposés ; mais ces éléments font défaut dès qu’on veut les appliquer rigoureusement à un végétal en particulier. Prenons pour exemple la plante céréale qui s’avance le plus vers le nord, l’orge cultivée. On croyait autrefois que la culture de l’orge cessait là où la chaleur de l’été était insufllsante pour faire mûrir le grain ; mais en raisonnant ainsi, on trouve que l’orge mûrit encore dans des pays où les étés ont une température très-différente, et ne mûrit plus dans d’autres où elle est plus élevée que dans les premiers. Ainsi, aux,. Iles Feroë (latitude 62°), dernière limite de la culture de l’orge sous le méridien des lies Hritauniques, la température moyenne de l’été est de 12°, 1. A Alten, en Laponie (latitude 70°), cette moyenne est de 10°,0, et à Iakoutsk, en Sibérie (latilndc 62°), elle s’élève à 16° ,0. M. Kupflér a fait ressortir l'influence des températures et des pluies du printemps et de l’automne, qui retardent ou hftteni la germination, favorisent ou empêchent la maturation du grain. Nous-mème avons montré que la présence perpétuelle du soleil au-dessus de l’horizon compensait sous le 70° degré de latitude la moindre chaleur de l’été. On a de plus tenu compte des jours couverts et des journées sereines ; mais, malgré toutes ces considérations, on n’ar*-

1 NTRODLCTION.

rive pas à des nombres parfaitement concordants. On se <lemande toujours pourquoi l’orge mûrit aux Feroë et en Laponie et ne mûrit pas en Sibérie, où les étés sont plus chauds. Si l’on veut arriver à une concordance satisfaisante, il faut recourir à la méthode indiquée par Héaumur, appliquée depuis par M.M. Boussingault, Quetelct, Gasparin et Alphonse de Candolle, celle des somme» de chaleur. Je m’explique. La végétation de l’orge commence lorsque le thermomètre dépasse .'5 degrés centigrades : nous ne tiendrons donc pas compte de toutes les températures inférieures à ce degré, mais nous additionnerons ensemble les températures moyennes de chaque jour où le thermomètre a dépassé 5 degrés ; de cette manière, nous aurons la somme de chaleur accumulée qui a été nécessaire pour faire parcourir ù l’orge toutes les phases de sa végétation depuis la germination jusqu’à la maturité du grain. 11 est raisonnable, au fond,d'assimiler l’effetde la chaleur sur une plante à celui qu’elle produit sur les corps inorganiques. Pour que l’eau contenue dans un vase arrive à l’ébullition, il faut aussi qu’il s'y accumule une quantité de chaleur qui porte cette eau à la température de 100 degrés. En procédant ainsi, M. Alphonse de Candolle prouve que dans les hautes latitudes l'orge mûrit lorsqu’elle reçoit une somme de chaleur de 1500 degrés, quelles que soient d’ailleurs les moyennes du printemps, de l’été et de l’automne.

Le blé entre en végétation lorsque la température atteint 6 degrés au-dessus de zéro. Année moyenne, c’est à Orange le 1*' mars, à Paris le 20 mars, à Upsal le 20 avril, que l’on observe cette moyenne. Pour que le grain soit mûr, il a besoin d’une accumulation de 2000 degrés environ : ce total est atteint, et l’on moissonne par conséquent, en général, le 23 juin à Orange, le 1*' août à Paris, et seulement le 20 août à Upsal. Le mais exige pour mûrir une somme de 2500 degrés à partir de 13 degrés; la vigne produisant un vin potable, 2900 degrés

à partir du jour où la moyenne est de 10 degrés à l’ombre. Nous manquons d’observation pour les végétaux des tropiques, mais il est probable qu’il faut au moins 6000 degrés pour que le dattier donne des fruits sucrés. Le cocotier, le muscadier, exigent des sommes encore plus fortes ; mais comme la nature a voulu que les régions les plus froides eussent leur parure, les plantes alpines ou polaires se contentent, pour développer leurs feuilles et leurs fleurs, de 50 à 300 degrés. On comprend maintenant pourquoi certains végétaux vivent dans un pays sans y donner de fleurs, d’autres sans y porter de fruits : c’est que la somme de cbaleur suffisante pour développer leurs feuilles ne l’est pas pour faire épanouir les fleurs, et à plus forte raison pour mûrir leurs fruits.

L’influence de la température sur la végétation est tellement grande, qu’on cite à peine quelques espèces cosmopolites : la plupart habitent une zone déterminée ; le froid les empêche de la franchir vers le nord, la chaleur de la dépasser vers le sud ; elles ont toutes une limite polaire et une limite tropicale. Prenons pour exemple les arbres forestiers. Aménagés pour le bois qu’ils fournissent à l’industrie, leur limite polaire est le point où ils ne peuvent plus supporter la rigueur des hivers ; leur limite tropicale, celle où la chaleur et la sécheresse deviennent trop fortes pour qu’ils puissent s’en accommoder. M. Schouw a tracé ces limites polaires sur une carte d’Europe. Hn marchant du sud au nord, on voit disparaître d’abord le chône-liége, puis le laurier, le myrte, le pin d’Italie et le cyprès, ensuite le chAtaignier, le hêtre et le chêne, le sapin, enfin le pin sylvestre, le mélèze et le bouleau, qui dans l’Europe occidentale s’avance jusqu’au cap Nord. Iæ sécheresse, encore plus que lu chaleur, arrête les arbres dans leur extension vers le sud; c’est elle qui bannit le hêtre des plaines de la France méridionale, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et des bords de lu mer Noire.

INTRODUCTION

Os faits nous amènent naturellement à considérer Tinfluence (je l'humidité sur la distribution géographique des végétaux. L'eau existe dans l'atmosphère sous plusieurs états : 1“ à l’état de vapeur invisible ; 2“ sous forme de brouillard, de rosée, de pluie et de neige. 1/air chaud et humide est généralement favorable à la vég(!tation, l’air froid et sec lui est nuisible. Les brouillards trop fréquents interceptent la chaleur et la lumière du soleil, provoquent le développement des végétaux parasites et sont hostiles à la plupart des plantes ; leur influence est limitée aux contrées froides. Mais la fréquence et la répartition des pluies dans les diverses saisons ont sur la distribution des végétaux dans toutes les zones une influence aussi marquée que celle de la température. Les étés sans pluie de la région méditerranéenne et de l’Europe orientale arrêtent les végétaux dans leur extension vers le sud ; nous avons cité le lu^re, le sapin de Normandie, le fusain ; un grand nombre d'espèces annuelles sont dans le même cas. On coiH'oit en effet que cos plantes ne se maintiennent pas dans une contrée, si leur germination n’est pas provoquée par des pluies au printemps, ou bien si elles sèchent sur pied avant d’avoir mûri leurs graines.

Les neiges abondantes ne sont jamais un obstacle à l’extension d’une plante. Véritable manteau, elles la protègent contre le froid de rtiiver, les gelées du printemps, et pénètrent le sol d’une humidité salutaire. Si la neige défend une foule de végétaux contre le froid du Nord, la rosée sauve la plupart de ceux du Midi pendant les longues sécheresses de l’été : chaque malin, la plante refroidie par la fraîcheur de la nuit se couvre de goutlelette.s d’eau comparables souvent à celles d’une pluie légère, et peut braver de nouveau les aixleurs du soleil. Le Sahara serait complètement dépourvu de végétation, si les rosées ne fournissaient pas a ses humbles plantes la faible quantité d’eau nécessaire à leur entretien. M. Alph. de Candolle u parfaitement démontré comment ces diverses causes, la tempé-

LA (ÎKOGRAPHIE BOTANIQUE.

rature et riiumidité sous toutes leurs formes, a;;issant ensemble ou séparément, limitent l’extension de certaines plantes vers le nord, le sud, l’est et l’ouest, et les circonscrivent dans une légion déterminée. 11 a fait choix d’un certain nombre d’espèces annuelles, vivaces ou ligneuses, et pour chacune d'elles il discute avec soin les circonstances météorologiques qui en ont arrêté la migration dans le sens de l’un des quatre points cardinaicx.

On peut, dans ces considérations de géographie botanique, se borner à l’étude d’un seul continent, et môme sur le plus petit de tous, celui que nous habitons, l’intlupiice de climats se fait sentir de la manière la plus évidente.

Voici dans quels termes Schouw fait ressortir les contrastes du nord et du midi de l’Europe :

« La partie méridionale de cette grande presqu’île, dit-il, est montagneuse et n’a point de plaines étendues ; le nord du continent présente deux grandes dépressions, celle de l’Allemagne *

et celle de la Russie. De là une grande uniformité dans le paysage et dans les habitudes, de là un commerce considérable par voie de terre. Les populations qui couvrent ces vastes plaines ne voient jamais la mer et restent étrangères à toute occupation maritime. Le plateau le plus étendu et le plus élevé de l’Europe se trouve dans le Midi, en Espagne ; dans le Nord, le plus remarquable est celui do la Bavière. Les Alpes sont la chaîne de montagnes la plus élevée. Dans le Sud, les montagnes sont plus hautes que dans le Nord; ainsi, la sierra Nevada, l’Etna, les Apennins et les sommets de la Corse dépassent les massifs de la Scandinavie et des Carpathes.

» En s’élevant sur ses montagnes, l’habitant du midi de l’Europe trouve les climats et les végétaux du Nord, tandis que la nature méridionale est inconnue aux habitants des parties septentrionales du continent. L’Italien et l’Espagnol rencontrent à mi-côte de leurs montagnes les bois de hêtres, de noise-

28 t INTRODUCTION,

tiers, les champs de seigle et les prairies du Nord ; plus haut, ils trouvent la flore de la Laponie et des neiges éternelles. Mais TAllemand, le Suédois et le Russe ne connaissent ni le laurier, ni le myrte, ni les bois toujours verts, ni les champs d’oliviers, ni les jardins d’orangers, ni les hivers mitigés et la transparence de l’air des régions méridionales.

■> Les plaines du nord de l’Europe étant fort éloignées de la mer, tandis que le Sud est profondément découpé par elle, le contraste entre les climats orientaux et occidentaux s’efface à mesure qu’on descend vers le midi. Dans le Nord, ce sont les côtes et les lies de l’Océan qui jouissent des climats les plus doux; dans le Sud, les côtes océaniennes, au contraire, sont moins chaudes que les rivages méditerranéens. La différenre de température entre le Nord et le Midi est plus marquée en hiver qu’en été : ainsi l’hiver de Vienne est, en moyenne, de 11 degrés centigrades plus froid que celui de Palerme; l’été de Vienne n’est que de 3 degrés moins chaud que celui de Palerme. L’alternative des hivers froids suivis d’étés chauds, qu’on observe dans le Nord, a une heureuse influence sur la végétation ; celle-ci s’arrête complètement pendant quelques mois, pour recommencer avec une nouvelle vigueur et une activité favorisées par la longueur des jours, qui augmente à mesure qu’on s’avance vers le pôle. Cette différence entre les saisons prête au printemps du Nord un charme qui disparaît dans le Midi. Dans le Nord, un air tiède succède brusquement aux vents âpres de l’hiver, les rivières et les lacs dégèlent ; le linceul de neige qui pes<iit sur la terre disparaît et découvre un tapis verdoyant ; les arbres et les arbrisseaux poussent de jeunes feuilles ; les oiseaux arrivent et les insectes bruissent. Rien de semblable dans le Midi : la transition est insensible ; les occupations du cultivateur ne sont pas interrompues, car en hiver il façonne sa vigne on ses oliviers comme dans les autres saisons de l’année.

l.A liEOdKAlMIlE BOTANigi E.

» Dans le Nord, la pluie est distribuée (Tuiie inauiëre à peu près égale enti-e les diverses saisons; dans le Midi, les étés sont secs, et il pleut surtout au printemps et en automne.

» Ces dill'érences se traduisent dans la végétation. Dans le .Midi, une plus grande variété d’espèces, surtout parmi les arbres et les arbrisseaux, des formes tropicales ; des plantes grimpantes, bulbeuses ou aromatiques ; des bois composés d’essences à feuilles persistantes. Le .Nord s’enorgueillit de ses prairies veloutées et de la fraicbe verdure de se.s foréis; elle se maintient même au fort de l’été, dans une saison où les chaleurs dessèchent les campagnes du Midi, que le soleil colore de ces tons jaunâtres dont l'éclat fatigue des yeux habitués à se reposer sur les verts tapis des pays septentrionaux.

» Le seigle est la céréale caractéristique du Nord, le froment celle du Midi ; il est, avec le mais et le riz, la base de la nourriture des populations. La pomme de terre, le blé-sarrasin, sont rarement cultivés dans le Midi. La bière est la boisson de l’homme du Nord, le vin celle de l’homme du Midi. La limite de la vigne remonte plus haut que le grand massif des .\lpes ; mais la ligne qui sépare les pays à beurre de ceux à huile coïncide avec celte barrière naturelle. Les légumes et les fruits abondent dans l’Europe méridionale ; il mesure qu’on s’avance vers le pèle, leur proportion diminue : de là des différences tranchées dans le mode d’alimentation. L’homme du Nord mange du pain noir, du beurre, beaucoup de viande et peu de légumes; l’habitant du Sud a du pain blanc, des galettes de maïs, de l'huile, l)caucoup de légumes et de fruits, et consomme moins de viande; il boit habituellement du vin, mais s'enivre rarement. »

Éloignons-nous de l’Europe et nous verrons, avec Schouw, que chaque peuple a pour ainsi dire une plante caractéristique sur laquelle reposent son existence et sa civilisation.

« Sous le beau ciel dont jouissent les Iles de l’océan Pacifique,

INTHODl'CTIOS.

entrfi les tropiques, l’arbre à pain Artocarpus incisa') constitue la nourriture principale des habitants de' l’Océanie. Cm bel arbre porte un grand nombre de fruits farineux, dont le godt, quand ils sont cuits, rappelle compléleinent celui du pain de froment, ’frois arbres nourrissent un bonime pendant huit mois de l’année, car ses fruits se renouvellent sans cesse. Dans les quatre mois où l’arbre est stérile, les Océaniens mangent ses fruits conservés en terre dans des trous, où ils subissent une espèce de fermentation. La vie, dit Cook, est facile dans ces lies fortunées : dix arbres sufiisentà l’entretien d’une famille, car leur bois sert à la construction des canots, et l’écorce est employée k tisser des vêtements. Le cocotier joue également un grand rêle sur les lies formées par des coraux. Le tronc fournit le bois ; le fruit, sa graine au goût d’amande, de l'iiuile et du lait; l’enveloppe ligneuse sert de vase ; les filaments qui l’entourent peuvent se tresser; les feuilles sont utilisées pour couvrir les cabanes; le bourgeon terminal se mange, et le tronc donne le vin de palme.

I) Le lin de la Nouvelle-Zélande [Phormium tenax) est la plante c.aractéristique de cet archipel ; ses longues feuilles fournissent une fibre résistante, utilisée par les habitants pour tous leurs besoins.

» Les lies de l’archipel Indien étaient appelées lies aux Ivpices : c’est là que croissent le girotlier, le muscadier, le poivre et le gingembre.

» Le maïs, originaire d’Amérique, était principalement cultivé au Pérou. Il mûrissait à de grandes élévations, même près du temple du .Soleil, bâti sur une île du lac de 'fiticaca, à 31)15 mètres au-dc.ssus de la mer. Ses grains se distribuaient aux populations, qui les considéraient comme un trésor des plus précieux. Nous devons encore à l’Amérique la pomme de terre, qui nourrissait aussi les peuplades aborigènes.

» Avant l’arrivée des Européens, on cultivait sur les plateaux

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