‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 91 sur 210 · LE CAMPAGNOL UES NEIGES · texte numérisé non relu

LE CAMPAGNOL UES NEIGES

Pui.s quelques guides en parlent à un physicien, Marc-Auguste Pictet, qui consigne ce fait dans un itinéraire. Un géologue, M. Hugi, rencontre un petit rongeur, dans ses excursions d’été, sur les sommets des hautes Alpes, et le retrouve en plein hiver dans une hutte enterrée sous la neige. Enfin, deux ;nétéorologistes, séjournant au sommet du Faulhorn pour s’occuper spécialement des phénomènes atmosphériques et de leur influence sur la végétation, le remarquent et s’en emparent. Peu s’en faut qu'ils ne le négligent, pensant que la montagne était accouchée d’une souris, suivant un mol plaisant d’Arago. Un examen plus attentif les fait revenir d’une opinion trop légèrement conçue, et cet animal, vu et dédaigné par tant d’observateurs, se trouve être une espèce nouvelle, qui rentre dans un petit groupe de campagnols murins, c’est-à-dire à apparence de souris, dont la France, l’Angleterre, la Belgique et la Suède possèdent un seul représentant, le campagnol des rives (.4n»iWa riparia, Yarrell) (t), qui a été signalé en Angleterre par M. Yarrell, près «l’Abbeville par M. Bâillon, dans le département de Maineet-Loire par M. Millet, aux environs de Metz par M. Hollan'dre, autour de Liège par M. de Sélys, et en Suède parM. Sundevall. Réunies à deux autres, découvertes par Pallas en Sibérie, ces deux espèces établissent, par leurs formes extérieures, la transition des campagnols aux souris, tandis que leur organisation anatomique et leur genre de vie ne diffèrent pas de ceux des autres espèces du genre campagnol.

(1) Arv'tcola /'uletw, Mill.; A. priUtnsis, Baill.; A. glareolus, Bl.; A. rufescem, .Sélya. .

Page 1