‹ Du suicideChapitre 10 sur 52 · Lozère · texte numérisé non relu

Lozère

Vendée. . . .

Canial. ....

Landes. . . .

Puy-de-Dôme.

Illo-et-Vilaine.

3Zil 27,/|60

Haute-Loire. .

Lot

Gers

Manche. . . .

3ZiO 29,866

Htes-Pyrénées

Loire

Corse. ....

Ardèche. . . .

Aveyron. . . .

Tarn

Ariége . . . .

11 suffit de jeter les yeux sur ce tableau pour se convaincre que les départements qui fournissent le plus de suicides, eu égard à leur population, sont loin d'être ceux qui renferment les villes les jjIus importantes. Ainsi nous voyons partout se placer immédiatement après le département de la Seine, ceux qui en sont le plus rapprochés par leur position géographique, quelles que soient d'ailleurs l'étendue et la population de leurs principales villes. Ce sont d'abord les départements de Seine et Oise, de l'Oise et de Seine-et-Marne, qui ont compté le premier, 1,936 suicides, ou en moyenne 1 sur

4,045 habitants; le second, 1,480(1 sur 4,489j; et le troisième, 1 ,257(1 sur 4,538), dans J'espace de dix-sept ans. Viennent ensuite ceux de la Marne (1,30;t suicides, ou 1 sur 4,690 habitants), de la Seine - Inférieure (1,890 suicides, ou 1 sur 6,640 habitants), de l'Aisne (î,386 suicides, ou i sur 6,694 habitants), de l'Aube (656 suicides , ou 1 sur 6,792 habitants), du Loiret (772 suicides , ou 1 sur 7,076 habitants), etc. Les villes les plus imporlantes de quelquesuns de ces départements offrent une population qvii s'élève à peine de 6,000 k l'2,000 habitants. Ce sont : Melun (Seine-et Marne), qui ne compte que 6,622 habitants; Laon (Aisne), 8,400 habitants ; Beauvais (Oise), 12,840 habitants. Si nous nous éloignons davantage de Paris, nous trouvons encore les suicides au moins aussi fréquents dans les départements dont les villes principales sont : Evreux (9,963 habitants), Chartres (14,430 habitants) , Blois (13,138 habitants), àuxerre (11,430 habitants), Barle-Duc (12,496 habitants), Chaumont (6,318 habitants), Épinal (9,078 habitants), que dans les départements où se trouvent les villes de : Montauban ( 25,400 habitants ) , Ciermont

(28,600 habitants), Rennes (29,680 habitants), Saint-Étienne (o3,05Z|- habitants), Caen (39,140 habitants), MontpeUier (35,825 habitants), Nîmes (/il, 266 habitants), Toulouse (59,630 habitants), Nantes (87,191 habitants), et Bordeaux (109,/i67 habitants) . (Voy. le V« tableau). Une autre observation très intéressante, déjà faite par M. Guerry, milite en faveur de cette opinion. En étudiantla distribution du suicide constatée de 1827 a 1830, cet observateur distingué avait trouvé que de quelque poi?it de la France que l'on parte, le nombre des morts volontaires s'accroît régulièrement àmesure qu'on avance vers la capitale. Cette loi nous paraît désormais hors de toute contestation sérieuse. Les faits que nous apportons a l'appui sont assez nombreux et embrassent une période d'années assez considérable pour ne plus laisser le moindre doute k cet égard. Ainsi notre \'^ tableau démontre de la manière la plus évidente que le nombre des suicides augmente a mesure qu'on avance vers Paris, qu'on parte de Lyon ou de Strasbourg, de Toulouse ou de Pvodez, de Bordeaux ou de Nantes, etc. On ne trouve que très peu d'exceptions à cette règle, et encore sont-elles tout a fait

insignifiantes. Ainsi, en partant de Lyon, on traverse successivement les départements deSaôneet-Loire(l suicide sur 16,221 habitants), ou de l'Allier (1 suicide sur 23,950 habitants); de la Côte-d'Or (1 suicide sur 11,918 habitants), ou de la Nièvre (1 suicide sur 20,350 habitants); de l'Yonne (1 suicide sur 9,07i habitants), de Seine-et-Marne (1 suicide sur Zt,538 habitants) et de Seine-et-Oise (1 suicide sur /|.,0/ï5 habitants). 11 en est de même des départements suivants que parcourt successivement la route de Strasbourg à Paris : Meurthe (1 suicide sur 10,329 habitants), Meuse (1 suicide sur 9,325 habitants), Marne (1 suicide sur /i,690 habitants), Seine-et-Marne (1 suicide sur /i,538 habitants), Seine-et-Oise (1 suicide sur /t,0/i5 habitants). Ainsi encore de Toulouse, Lot (1 suicide sur 28,773 habitants), Corrèze (1 suicide sur 21,881 habitants), Haute-Vienne (1 suicide sur l/t,6/|.2 habitants), Indre (1 suicide sur 14,827 habitants), Loir-et-Cher (1 suicide sur 9,595 habitants), Loiret (1 suicide sur 7,076 habitants); et enfin Seine-et-Oise (1 suicide sur /t,0/i5 habitants).

C'est donc un fait constant, les suicides sont

d'autant plus nombreux dans chaque département, que celui-ci est plus rapproché de Paris, quel que soit d'ailleurs l'état plus ou moins prospère de son commerce et de son industrie, ou l'agglomération de sa population. Il existe cependant a cette règle une exception remarquable déjà signalée par M. Guerry : C'est pour les sept ou huit départements les plus rapprochés de Marseille, sur lesquels cette \ille, qu'on peut à bon droit regarder comme la métropole du midi de la France, exerce la même influence que Paris sur le reste du pays, (Voy. le V*" tableau.)

S II. De l'influence dn climat sur la production du suicide.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer sur la distribution géographique du suicide s'accordent peu avec l'opinion de Montesquieu sur l'influence qu'exerceraient les climats sur la reproduction plus ou moins fréquente de cet acte. Comme nous le disions en commençant, ce grand écrivain trouvait dans le climat sombre, froid et humide de l'Angleterre, dans son atmosphère toujours chargée de brouillards,

Texplication de la facilité avec laquelle les Anglais se tuaient déjà de son temps. Mais, comme l'a fait si bien observer Esquirol, le suicide était à peu près inconnu dans la Grande-Bretagne au moment où les Piomains en firent la conquête, tandis qu'il était au contraire très commun en Italie à la même époque. Cependant le climat n'a pas changé, que nous sachions, en même temps que les morts volontaires devenaient très fréquentes en Angleterre et relativement très rares en Italie. Les faits historiques s'accordent ici complètement avec les données de l'observation contemporaine. 11 est incontestable, d'un avitre côté, que le suicide est beaucoup plus rare en Russie qu'en Angleterre et en France, quoique le climat y soit plus froid et plus rude. Le tableau suivant, extrait d'un travail de M. Balbi (1), milite encore contre cette opinion. D'après ce savant géographe, le nombre des suicides était à celui de la population dans le rapport suivant, en 1827, dans les pays indiqués ci-contre :

(1) La monarchie française comparée aux principaux États du globe.

France Isuicide par 20, 7Z|0 habitants.

Monarchie prussienne ... — l^,liOk

Empire d'Autriche — 20,900

Empire russe — Û9,182

Étals-Unis: New-York. ... — 7,797

— Boston — 12,500

— Baltimore ... — 13,650

— Philadelphie. . — 11,875

Ces nombres ont sans doute beaucoup changé depuis 1827. Mais, d'après ce que nous avons vu pour la France , tout lend à nous faire croire que les proportions sont restées les mêmes. Ajoutons-y quelques autres chiffres plus significatifs encore, recueillis par M. Schœn(l), sur la statistique comparée des suicides dans les divers gouvernements de la Russie. Dans ceux de ces gouvernements qui sont situés entre le 42^ et le bli^ degré de latitude, on a compté, en 1819 et 1820, 1 suicide sur 38,882 habitants. Dans ceux, au contraire, qui sont compris entre le 54^ et le 64^ degré , il n'y en a eu que 1 sur 56,577 habitants , et cependant ces derniers sont plus peuplés et soumis à un climat plus rigoureux. Ils renferment de plus les deux capitales de la Russie, Saint-Pétersbourg et Moscow^. Tout se réunit donc pour démontrer que Vin-

(1) Statistique générale et raisonnée de la civilisation euroi péenne. Trad. par Dumont , Paris, 183/i, in-12.

fluence des climats sur le développement du penchant au suicide est au moins extrêmement faible. On devra même la regarder comme a peu près nulle, si l'on se reporte a ce que nous avons dit précédemment de l'accroissement progressif du nombre des suicides , tant en France que dans les autres pays.

§ III. De l'influence des saisons sur la production du suicide.

11 faut donc chercher ailleurs que dans l'influence des climats la cause des différences qu'on observe quelquefois d'un pays a un autre dans le nombre des suicides. Cette cause, la trouverons-nous dans les conditions atmosphériques dépendantes des différentes saisons de l'année? Cela n'est guère probable, ainsi que nous le verrons bientôt. Cependant , il est reconnu depuis longtemps que les changements des saisons exercent une action très puissante sur notre organisation tout entière. 11 semblerait donc , au premier abord , qu'on aurait quelque raison de supposer que celte action n'est pas entièrement indifférente dans la question qui nous occupe. La plupart des médecins qui ont

fait des recherches sur ce sujet s'accordent, en eflfet , h reconnaître que certaines saisons ont une influence réelle sur la fréquence plus ou moins grande du suicide. Mais cette influence n'a jamais été déterminée d'une manière exacte, ni démontrée par des observations assez nombreuses pour être concluantes. Il est donc très important de rechercher dans quelles proportions la masse considérable de faits qui ont déjà servi a nos calculs se sont distribués dans les différentes saisons de l'année. (Voy. le VI^ tableau, page 39.)

Il résulte évidemment de l'examen de ce tableau, que toutes les saisons ne sont pas également favorables au développement du penchant au suicide. Quelques écrivains , trop confiants dans l'opinion de Montesquieu , et dans leurs inductions théoriques 'sur l'influence d'un climat sombre , humide et froid dans la production des passions tristes et mélancoliques, ont prétendu que l'automne est la saison pendant la(|uelle on observe le plus grand nombre de suicides. C'était l'opinion de Cheyne, en Angleterre, et d'Ossiander, en Allemagne. Mais cette opinion n'était appuyée par eux sur aucun

<» Si '^Q!0 L-r^— t-. •*- .^l'î^l'^l^^l^. 1*0 ^ ^- oa ;;? ^;.> C5 -«t at -^ <» i". <x>

t^t^C0Q030Ot0r^OG0O'rMî*0îr^O"-J.':j'M0^XCD''"Cii^ o-^ (N Gl (Tl c-l C"l n 1-5 * (N M .»■ -!- ^ ■—

œ œ co i^ te o » 1^ ^ >o <N

--ïnc«;û'Mi^co<i«CTj(»oc»0:y-*^i^03COo;ci'^!Cîn

t>- 1^ '''i Ki o :o o i': ^ îcï —

t^ «O OO U5 '^' t- — l> ÎO !> <î> ■

' (M 5rî — 3î 10 Cl -^ a:i 35 H5 î*^ -^ an k-î ' te r^ >o^t>.cci^-sTaga5;oc5;oc^^=iïo i'î<9 Cl C-l (N ->- ^ ->- — t-cc (N

(M ic îo 05 oï -^ -«t so — Ci »^ :^ — i'; t^ r^ o os Oî c: O ÏO "M 00 t^ -^i*

1-» m o lo o œ ■»- 1^ u: m iO t^ »o œ --r œ — ^. <» io -..T m 1^ ■<r I tj; t-î

r ce r-l — l-i ?N O -c o O o l-^ O m — o :o :n > 1^ o o =5 oB 'M ao i-î 06 ^ t^ — œ c; ao t^ œ

] l-liH^M k^ /M r<3 /M

Page 1