DANS LA PELLAGRE
1res prononcé, de l'inlelligence, et surtout de la force moraie ; inaptitude au travail ; irrésolution et inconsistance habituelie dans les idées et la conduite; tendance à l'isolement et à la solitude ; susceptibilité extrême, entretenue par la crainte du ridicule et l'interprétation erronée des actes, des gestes, des paroles des personnes avec lesquelles le malade est en rapport ; enfin, disposition invincible au soupçon, à la défiance, dans laquelle sont enveloppés, à la longue, les parents et les amis les plus chers (i). »
Avant de terminer ce chapitre, il nous resterait à dire quelques mots d'une maladie qui paraît être une cause fréquente de suicide. Nous voulons parler de la pellagre. Mais celte maladie, très commune en Italie, est excessivement rare en France (2), €t nous n'avons jamais eu l'occasionde l'observer; M. Brierre de Boismont en a publié en 1832 une description détaillée dans laquelle il constate que dans les différents hôpitaux d'aliénés
(1) Des pertes séminales involontaires et de leur influence sur la production de la folie.
(2) L. Marchant, Documents pour servir à l'étude de la pellagre des Landes. Bordeaux, 18Zi7.
d'Italie, le nonibre de fous pellagreux est en général très considérable. A l'hôpital de la Sénabre, où il y a environ cinq cents aliénés, ce nombre est presque constamment des deux tiers, â Brescia, à Venise,ilyen a environ un tiers. Presque tous ces malades sont mélancoliques, hypochondriaques, et portés au suicide. M. Bricrre de Boismont pense avec les médecins italiens, que ce penchant doit être attribué aux douleurs que le malade éprouve et à la persuasion où il est de l'incurabilitédesa maladie. Un fait digne de remarque a encore été constaté par M. Brierre, c'est que la submersion est presque toujours le moyen recherché par ces malades dans leurs tentatives de suicide, disposition qu'il faut sans doute attribuera la chaleui et aux douleursblrûlantes qu'ils ressentent à l'intérieur du crâne.