CHAPITRE
{Législation en matière de suicide chez les différents peuples).
Nous avons démontré dans les deux chapitres qui précèdent que le suicide n'est pas par luimême une maladie; nous avons prouvé qu'il n'est au contraire qu'un simple fait, un accident résultant de causes très diverses, parmi lesquelles se trouvent un certain nombre de maladies physiques ou morales, mais très différentes les unes des autres. La maladie décrite par quelques médecins sous le nom de mélancolie-suicide, de monomanie suicide, etc., n'existe donc que dans l'imagination de ses inventeurs. L'erreur dans laquelle ils sont tombés vient évidemment du point de vue beaucoup trop restreint auquel ils se sont placés. Médecins d'aliénés pour la plupart, ils ont été frappés du nombre considérable de suicides qu'ils observaient parmi les malheureux confiés à leurs soins, ils ont porté dès-lors ioute leur attention sur les faits particuliers qu'ils avaient sous les yeux, et ils ne se sont pas aperçus que le fait social, ou, en d'autres termes,
le suicide envisagé dans ses rapporlsavec l'organisation de la société, leur échappait complètement.
Quant à nous, nous nous sommes placé, dès le principe, à un tout autre point de vue, et les résultats auxquels nous sommes arrivé s'accordent bien rarement avec les opinions généralement reçues. Tout notre travail devait d'ailleurs se ressentir de celte manière nouvelle d'envisager la question. L'étude des causes générales et individuelles de la mort volontaire nous ayant conduit à la négation de la monomanie-suicide, ceci nous a dispensé d'une description quelconque des symptômes de cette maladie et des altérations pathologiques qu'elle laisserait après elle. Ceci doit nous dispenser également de l'histoire des divers modes de traitement qui ont été proposés pour la combattre. Il est évident que ce traitement doit varier autant que les causes productrices elles-mêmes, en tant du moins que celles-ci sont de véritables maladies. Les éléments en sont dès-lors disséminés dans les livres qui traitent de chacune de ces maladies. Ils sont là à leur place beaucoup plutôt que dans Thisloire générale du suicide que nous avons entre-
prise. Nous ne pouvons donc qu'y renvoyer nos lecteurs.
Maisy est-ce à dire pour cela que ce troisième chapitre soit complètement inutile? Non sans doute. Si la monomanie-suicide n'existe pas, le suicide lui-même n'en est pas moins un fait malheureusement trop fréquent (1). Les chiffres si nombreuxetsi éloqueuts qui servent de base à nos recherches sont les signes irrécusables de la présence au sein des sociétés modernes d'un mal profond et caché qui les ronge jusque dans leurs éléments les plus sains. Or notre tâche resterait tout à fait incomplète si, après avoir sondé toute la profondeur de cette plaie douloureuse, nous n'essayions pas au moins d'en rechercher les remèdes. Ceux-ci existent sans aucun doute; mais ils dépendent beaucoup plus, on doit le comprendre facilement, de la législation et des pouvoirs publics que de la médecine.
N'avons-nous pas vu, en effet, que ce mal qui fait tant de victimes se propage et s'accroît paral-
(1) On s'accorde généralement à porter à plus de trois cent mille le nombre des suicides accomplis ou tentés en France depuis le commencement du xix* siècle.
lèlement à la civilisation elle-même et à ses deux expressions les plus intimes : l'instruction et le bien-êlre. C'est là une conclusion triste et désolante, qui ne découle pas seulement de nos chiffres, mais à laquelle sont arrivés aussi bien que nous tous ceux qui de près ou de loin se sont occupés de cette question, « Dans ie suicide ordi- » naire, dit M. Ferrus dans l'ouvrage que nous » avons eu plusieurs fois occasion de rappeler, » prédominent assez communément les idées » généreuses. On a fait justement observer que » c'est précisément dans les époques où la civili- » sation est le plus avancée, où les mœurs sont le » plus douces, et les vertus publiques le plus » répandues, qu'ils apparaissent le plus fréquem- » ment. On remarque enfin, lorsqu'on interroge » à cet égard l'histoire générale des peuples, que » dans les contrées où le brigandage, le vol, le « meurtreet la corruption étaient en quelque sorte » habituels, le suicide était presque absolument w ignoré (1). »
M. Saint-Marc Girardin ayant à étudier, dans son cours de littérature dramatique, l'expression du suicide ou de la haine de la vie, fait précéder
(1) Ferrus, lor. cit., p. l^iO.
cette étude des réflexions suivantes : « Je dirais » volontiers qu'il faut, pour arriver à l'idée du » suicide, un certain exercice de l'intelligence et » une certaine fernmentation des passions. Les » hommes qui n'ont point étudié, les femmes qui » n'ont pas lu de romans, n'ont pas, dans leurs » peines, recours au suicide ; aussi y a-t-ilplus » de suicides chez les peuples civilisés que chez » les peuples barbares, et Ion a remarqué qu'en » Orient il n'y avait de suicides que depuis l'in- » fluence qu y ont prise les idées européennes. » L'homme le plus malheureux du monde, le plus » dénué, le plus réduit au fumier de Job, cet » homme, s'il n'a pas un peu goûté de l'arbre de » la science, s'il n'ajoute pas à ses souffrances le » tourment de la pensée, cet homme ne songera » pas à se tuer. Le suicide n'est pas la maladie » des simples de cœur et d'esprit; c'est la maladie » des raffinés et des philosophes; et si de nos jours » les artisans sont , hélas ! atteints eux-mêmes de » la maladie du suicide, cela lient k ce que leur » intelligence est sans cesse agacée et aigrie par la » science et par la civilisation modernes (1). »
(1) Saint-Marc Girardin, Cours de littérature dramatique,
chap. Y.
La même conviction a pénétré jusque dans les régions officielles. M. le Minisire de la justice, résumant, en 185Q, l'analyse des comptes généraux de la justice criminelle, pendant les vingtcinq années précédentes, s'exprime ainsi: « Ici se termine, monseigneur, l'analyse de nos statistiques criminelles. On ne saurait nier que durant le quart de siècle qu'embrasse ce rapport, l'instruction primaire n'ait fait en France des progrès réels; nous avons vu que le nombre proportionnel des accusés complètement illettrés, de même que celui des conscrits ne sachant ni lire ni écrire, a diminué de plus de 10 pour 100. L'industrie, le commerce et l'agriculture ont reçu de nouveaux développements; le salaire du travail et l'usage de ses produits ont incontestablement étendu le bien-être général ; mais, au point de vue moral, la société s'est-elle améliorée comme au point de vue intellectuel et ipatériel? L'étude attentive des comptes généraux de la justice criminelle ne permet pas de l'admettre : soit que, la culture du cœur n'ait pas été l'objet de la même sollicitude que celle de l'esprit^ ou que l'éducation ait marché en sens inverse de l'instruction; soit que la diffusion des richesses ail,
ET CURàTIFS DU SUICIDE. 291
au détriment de la moralité publique, développé le besoin des jouissances matérielles dans une mesure bien plus large que les moyens légitimes d'y satisfaire, il est bien évident que le respect de la loi et des grands principes sur lesquels la Société repose a été «'affaiblissant , et que le nombre moyen des infractions à la loi s'est accru d'année en année. An lieu de 12ii,822 crimes ou délits qui étaient jugés annuellement par les cours d'assises et les tribunaux correctionnels de 1826 à 1830, il en a été jugé 17/|.,185 de 18/|6 à 1850. C'est ^0 pour 100 d'augmentation, tandis que la population ne s'est guère accrue que de 12 pour 100.
» Si l'on déduisait du nombre total de ces infractions les contraventions aux lois spéciales, qui n'impliquent pas une grande perversité chez leurs auteurs, telles que les délits forestiers, ceux de chasse, de pêche, de douane, etc., pour ne s'occuper que des crimes et des délits les plus graves, qui ont leur source dans des instincts pervertis, et qui portent une atteinte sérieuse, soit aux personnes, soit aux propriétés, soit à l'ordre public, on trouverait un accroissement bien plus considérable encore.
» Les crimes et les délits contre les personnes, inspirés par la haine et le désir de la vengeance; se sont accrus, de la première à la seconde période, de 42 pour 100; les crimes et les délits contre les mœurs, de 138 pour 100.
w Les crimes et les délits contre les propriétés dus à la cupidité ont augmenté de 80 pour 100, et ceux qui sont dictés par la malice seule, sans procurer aucun profit à leurs auteurs, de 108 pour 100.
» Enfin, l'accroissement est de 236 pour 100 pour les crimes et délits contre l'ordre public, ceux de rébellion, d'outrages et violences envers les fonctionnaires et agents de la force publique, de rupture de ban, de vagabondage, de mendicité. Ces derniers surtout se sont multipliés dans une affligeante proportion.
» Ondoitreconnaîtred'ailleursque les diverses espèces d'infractions, à mesure qu'elles sont devenues plus fréquentes, semblent se produire avec des caractères moins graves. Le nombre moyen annuel des délits a, en effet, seul augmenté, celui des crimes est resté slationnaire; on ne compte plus guère d'assassinats, de meurtres et d'empoisonnements, de 1846 à 1850, quede 1826 à 1830.
Parmi les altenlals contre les propriétés, les vols qualifiés, c'est-à-dire ceux qui se commettent à l'aide de moyens violents, l'escalade, l'effraction, etc., ont diminué de près d'un tiers, tandis que les faux, les escroqueries, les vols simples, ont plus que doublé-, la cupidité pour se satis faire a changé ses voies , la ruse a remplacé la violence.
« L'augmentation du nombre des délits s'est manifestée dans tous les départements sans exception, quoique à des degrés inégaux, et elle paraît avoir suivi, en général, les développements de l'industrie. »
On nous pardonnera cette longue citation en faveur de son importance. Les faits qu'elle révèle viennent encore corroborer ceux que l'étude du suicide nous a permis de mettre en lumière. Ainsi qu'il s'agisse des crimes, du suicide ou de la folie, ces trois expressions générales, ou mieux ces produits de l'excitation et du dérèglement des idées et des passions, partout et toujours nous trouvons une augmentation proportionnelle au développement et aux progrès de la civilisation. Celle-ci a donc ses maux et ses dangers presque inévitables et nécessaires, et ne semble-
rait-il pas que la recherche des moyens propres à les prévenir devrait être complètement stérile? Cela n'est vrai cependant que dans une certaine limite. Dans la société aussi bien que dans la nature, Dieu a mis partout le bien à côté du mal ; il a laissé à l'homme le soin de chercher l'un et de s'en servir pour remédier à l'autre. Ainsi, il existe une bien regrettable lacune dans cet immense développement des ^sociétés modernes auquel nous assistons. Les sciences, les arts, l'industrie, le commerce ont fait, depuis quelques années, de véritables pas de géants. La richesse publique et privée, le luxe, le bien-être matériel de tous, se sont accrus avec une rapidité qui ouvre sur l'avenir les perspectives les plus splendides et les plus inattendues.
Mais l'élément moral de la vie des peuples a-t-il fait les mêmes progrès? Malheureusement non. Ainsi que l'a si bien ditM. le Ministre de la justice, il est évident que^ depuis le commencement du siècle le respect de la loi et des grands principes sur lesquels la société repose a été en s' affaiblissant. J'ajouterai , sans crainte d'être démenti, que, d'un autre côté, les sentiments religieux, le respect des dogmes les plus saints,
la croyËnCe à une vie future tendent à s'effacer >< de plus en plus. Le doute et l'indifférence qui les ont remplacés sont mortels à l'homme; ils éteignent en lui peu à peu les sentiments nobles et élevés, les idées de dévouement et de sacrifice, et le livrent tout entier, et sans résistance possible, aux passions sensuelles et égoïstes ; ils le jettent dans l'abus des jouissances matérielles qui laissent dans son âme ce vide immense, cet ennui du présent, ces aspirations ardentes vers un avenir inconnu, dont on retrouve l'expression, sous toutes les formes, dans les productions de la littérature et des arts contemporains.
C'est là évidemment qu'il faut chercher, comme nous l'avons dit déjà, la cause de cet oubli facile de tous les devoirs sociaux, de ce relâchement des liens de la famille, de cette démoralisation précoce et trop souvent incurable, dont nous voyons si fréquemment les tristes conséquences ; c'est encore là que nous devons trouver le point de départ de ce dégoût de la vie, de ce découragement inexplicable qui laissent tant d'hommes sans forces contre les malheurs dont notre existence est fatalement semée, et les portent si souvent au suicide. C'est donclà qu'est le mal, c'est là
aussi qu'il faut porter les remèdes. Il faut attaquer celui-ci dans son principe, et préserver la génération qui s'élève; et l'on n'y parviendra sûrement qu'à l'aide d'une^ large réforme de l'instruction et surtout de l'éducation publique et privée. 11 est indispensable que la culture de l'intelligence soit complétée par une forte éducation morale qui, malheureusement est, à peu près partout abandonnée aux seuls efforts de la nature.
Il ne nous appartient pas de rechercher ici quels doivent être le mode ou l'étendue de cette réforme, dont nous avons déjà démontré la nécessité dans notre premier chapitre. La solution de ce grave problème n'est nullement de notre compétence et incombe tout entière à l'autorité sociale. Celle-ci paraît d'ailleurs en avoir compris, dans ces dernières années, toute l'importance. Nous avons vu un peu plus haut à quelles conclusions désolantes le résumé des comptes de la justice criminelle avait conduit M. le garde des sceaux actuel : « Au point de vue moral, la » société s'est-elle améliorée comme au point de » vue intellectuel et matériel? L'étude attentive » des comptes généraux de la justice criminelle » ne permet pas de l'admettre j soit que la culture
» du cœur n'ait pas été l'objet de la même solli' )i citude que celle de l'esprit, et que l'éducation ait » marché en sens inverse de l'instruction , etc. »
Un gouvernement qui connaît toute l'étendue de ses devoirs ne prononce pas des paroles aussi graves sans avoir la résolution et les moyens de mettre un terme au mal qu'il signale à Tatlention publique. Aussi la question a-t-elle été mise à l'étude depuis quelques années, et déjà en 1852 M. le Ministre de l'instruction publique amis la main à l'œuvre avec résolution; les mesures, encore bien incomplètes, prises à cette époque, ont été acceptées avec enthousiasme par les uns, et vivement critiquées par les autres. L'expérience seule, et une longue expérience, prononcera entre le ministre et ses détracteurs. Quoi qu'il en soit, la réforme commencée, et qui sera complétée tôt ou tard, n'aura d'efficacité réelle que sur les générations qui s'élèvent. Les effets n*en seront donc appréciables que dans quelques années, alors que sera modifiée la direction générale du courant qui portait depuis si longtemps toute la bourgeoisie vers les professions libérales, au grand détriment de l'agriculture et des professions industrielles. Mais cette réforme
n'aura d'utilité réelle et durable qu'autant qu'elle amènera peu à peu un changement sérieux dans nos moeurs, et frayera la voie, à l'aide d'une forte éducation morale, au retour des croyances religieuses si universellement abandonnées.
C'est en effet le sentiment religieux, ainsi que nous le disions plus haut, qui sera toujours le préservatif le plus efficace contre le suicide. Un grand criminaliste l'a dit avant nous, les passions et les affections morales qui poussent au suicide sont souvent plus fortes que l'autorité des lois. La religion seule a le pouvoir d'enchaîner la volonté, parce qu'elle commande aux passions ; sa voix parle assez haut, même au milieu des tempêtes de l'âme, pour en apaiser les soulèvements (1). Les faits d'ailleurs sont ici pleinement d'accord avec les données du raisonnement. Il résulte évidemment de l'étude attentive des chiffres qui servent de base à nos recherches, que le suicide est encore relativement très rare dans les pays qui ont conservé intacte leur foi religieuse, ou chez lesquels les tendances
(1) Théorie du Codepénal^ par MM. Chauveau (Adolphe) et Faustin Hélie, t. III, p. hlk.
modernes à l'indifférence et à l'émancipation complète de la pensée n'ont fait que peu de progrès. Nous avons vu dans notre premier chapitre (1), que ce triste penchant fait beaucoup moins de victimes en Russie que dans le reste de l'Europe, et qu'il sévit au contraire avec plus d'énergie aux États-Unis et en Prusse qu'en Autriche et même qu'en France. Or, qui ne connaît le fanatisme religieux des Russes, et l'indifférence à peu près absolue des Américains des villes? Qui ignore que les doctrines panthéistes de la philosophie hégélienne ont fait de très nombreux prosélytes en Prusse et dans quelques pays limitrophes, tandis que l'Autriche y est restée presque complètement étrangère. En France même, c'est en Corse et dans quelquesuns des départements du centre, du midi et de l'ouest, qui sont restés fidèles à leurs traditions religieuses, que le chiffre des morts volontaires a toujours été le moins élevé (2).
Nous trouvons encore des renseignements précieux sous ce rapport, dans un livre plein d'in-
(1) Voyez à page 36.
(2) Voyez le chapiu-el, et plus spécialement les pages 29
térêt que vient de publier M. le docteur Brierre de Boismont sur le suicide et la folie suicide (1 ) . En Belgique, on a compté de 1835 à 1838 620 suicides, ou en moyenne 125 par année, ce qui donne sur une population de /i, 260, 631 habitants, 1 suicide sur 27,/|88 habitants. Dans les États sardes, de 1824 à 1838, la proportion des morts volontaires à la population a été, en moyenne, de 1 sur 59,979 habitants. Dans le reste de l'Italie cette proportion a dû être encore beaucoup moins élevée ; les auteurs qui ont écrit sur cette contrée ne nous donnent pas, il est vrai, des chiffres positifs, mais tous s'accordent à proclamer que le suicide y est extrêmement rare. Il l'est encore plus, s'il est possible, en Espagne, où le sentiment religieux a conservé une si grande vivacité dans toutes les classes de la population. Plusieurs Espagnols éclairés et occupant de grandes positions dans leur pays, que nous avons successivement consultés, nous ont affirmé que ce malheureux penchant y est presque inconnu.
(1) Brierre de Boismont, Du suicide et de la folie suicide. Paris, 1856.
Enfin,il n'est pasjusqu'à l'Angleterre, quia été regardée si longtemps comme la terre classique du suicide, qui ne présente cependantdes différences notables, et toutes à son avantage, avec quelques États du continent. Un éminent statisticien de ce pays, M. Farr, cité par M. Brierre de Boismont, établit qu'en 1838 et 1839, le nombre des suicides aété,en Angleterre et dans le paysdeGalles réunis, de 2,001, ce qui donne un suicide sur 15,900 habitants. Nous avons vu qu'en France, la proportion avait été d'un suicide sur 12,489 habitants, aux années correspondantes de 1838 et 1839. La différence est encore plus marquée entre Paris et Londres. Il y a eu un suicide sur 2,221 habitants dans la première de ces deux villes, et seulement un sur 8,250 habitants dans la seconde; et, chose remarquable, le nombre des suicides que nous avons vu augmenter avec tant de rapidité à Paris, à Berlin, et dans tant d'autres pays, paraît à peu près stationnaire à Londres, depuis de longues années. Ceci résulte, jusqu'à la dernière évidence, du tableau suivant, que nous devons à l'obligeance d'un jurisconsulte anglais des plus éclairés, M. Flather, avocat près la cour de la chancellerie {chancery
barrister), à Londres. Les chiffres sont tirés du rapport des enquêtes du coroner de la paroisse de Westminster. Us sont donc tout à fait officiels. Le tableau lui-même a été imprimé dans le premier volume du journal de la Société de statistique de Londres.
Tableau indiquant le rapport de la population de la ville et franchise de Westminster, avec le nombi^e des suicides. Par périodes quinquennales, de 1812 à 1826.