‹ Du suicideChapitre 33 sur 52 · CHEZ LES PEUPLES ANCIENS · texte numérisé non relu

CHEZ LES PEUPLES ANCIENS

» rement approuvé aux six cents, qui estoit leur )) sénat, les raisons de leur entreprinse : et n'estoit )i loisible, aultrement que par congé du magis- » trat et par occasions légitimes de mettre la » main sur soy (1). »

« Pline récite de certaine nation hyperbo- » rée, qu'en icelle, pour la doulce température » de l'air, les vies ne se finissent communément w que par la propre volonté des habitants ; mais » qu'estants las et saouls de vivre, ils ont en » coustume au bout d'un long aage, après avoir » faict bonne chère, se précipiter en la mer, du » hault d'un certain rochicr destiné à ce ser- » vice (2). »

Tous les historiens anciens s'accordent à reconnaître que le suicide était extrêmement commun parmi ces tribus énergiques : les Ibères, les Galis, les Kimris, les Germains, etc., qui peuplèrent le nord et l'occident de l'Europe, et en envahirent k diverses reprises presque toutes les contrées. Aucun peuple ne brava la mort

(1) Moniaigne, Essais. Liv. II, chap. III. — Valère- Maxime. Liv. II, chap. VI.

(2) Montaigne, Essais. Liv. Il, chap. III. — Phne, Histoire naturelle. Liv. IV, chap. XII.

Mil HISTOIRE DU SUICIDE

avec autant d'audace, et ne fit, de tout temps, aussi bon marché de la vie. Tite-Live, César, Tacite^ Valère-Maxime, etc., rappellent avec un étonnement mêlé d'admiration l'énergie sauvage avec laquelle ces hommes encore barbares se donnaient la mort pour se soustraire à l'esclavage ou à la honte d'une défaite.

Quelques mots d'un chapitre de Tite-î.ive nous révèlent encore une grande habitude du suicide chez les peuples du nord de l'Afrique. Après la défaite de Syphax, roi de Numidie, Sophonisbe, sa femme, était tombée au pouvoir de Massinissa, allié des Romains, l'avait séduit, s'était fait épouser pour avoir en lui un défenseur, et tâchait de le détacher de l'alliance romaine. Scipion, instruit de ses intrigues, la réclama comme sa captive ; et Massinissa voyant la résistance périlleuse, sinon impossible, « ïngenti ad postremum edito gemitu, fidum è servis vocal sub cujus custodiâ, more regio , ad incerta fortunse venenum erat, et mixtum in poculo ferre ad Sophonisbam jubet, ac simul

nunciare sibi ipsa consuleret. «Elle reçoit la

coupe « nuptiale munus » sans laisser paraître la moindre émotion , prononce quelques paroles

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