‹ Du suicideChapitre 7 sur 52 · RECHEIICHES - - * STATISTIQUES ET MÉDICALES · texte numérisé non relu

RECHEIICHES - - * STATISTIQUES ET MÉDICALES

On a beaucoup écrit sur le suicide. On a très longtemps et très longuement disserté sur la question de savoir s'il est permis à l'homme de mettre fin a sa vie , ou si cet acte doit être considéré comme un crime. Personne n'ignore que cette question a été très diversement résolue par les différents écrivains qui s'en sont occupés , mais jamais d'une manière complètement satisfaisante. J.-J. Pvousseau lui-même, qui a résumé avec tant d'éloquence les raisons alléguées à l'appui des deux opinions contraires, n'a pas été plus heureux que ses devanciers , et la lecture de ses deux admirables lettres ne sert évidemment qu'a démontrer l'impossibilité d'arriver jamais a une solution définitive de ce difficile

problème. Est-ce donc a dire que toutes les recherches sur le suicide soient aussi inutiles, et doivent être abandonnées connue tout à fait stériles? Non sans doule. On s'est peu inquiélé jusque dans ces derniers temps de la recherche du principe même de cet acte et des causes si nombreuses et si variées qui peuvent y conduire. On ne s'est pas inquiélé davanlage de connaîlre son deqré de fréquence, selon les lieux et selon les époques , les mœurs, les formes de gouvernement, etc. 11 y avait là cependant une mine féconde h exploiter, et bien autrement digne d'attirer l'attention et les méditations des philosophes. Montesquieu paraît être le seul écrivain, tant du siècle dernier que des époques antérieures, qui en ait entrevu l'importance. Ce grand homme ne craint pas, en effet , d'attribuer une grande influence sur la produclion du suicide aux circonstances extérieures climatériques et sociales. La fréquence de cet acte chez les Anglais s'explique, selon lui, par une maladie du climat, qui affecte tellement rame ^ quelle peut porter le dégoût, de toutes choses jusqu'à celui de la vie. Puis il ajoute : « Celte action tient h l'état » physique de la machine, et est indépendante de

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» tonte autre cause. ïl y a apparence que c'est » un défaut de fillralion du suc nerveux; la » machine dont les forces motrices se trouvent »h tout moment sans action, est lasse d'elle- » même; lame ne sent point de douleur, mais » une certaine difficulté de l'existence. La dou- » leur est un mal local qui nous porte à désirer » de voir cesser cette douleur : le poids de la vie y> est un mal qui n'a point de lieu particulier, » et qui nous porte au désir de voir finir cette » vie (1). »

il y a , dans cette explication de Montesquieu, quelque chose d'ingénieux et de séduisant qui a pu satisfaire ses contemporains. Mais il n'est plus permis de nos jours de rechercher la vérité dans des théories pures, dans de vaines ahstractions ou des hypothèses gratuites. L'observation rigoureuse des faits est devenue, a juste titre , le point de départ et la base de toutes nos connaissances. De ce positivisme éclairé, qui forme le principal caractère de notre époque , est née l'application de la statistique a la médecine et a l'étude des questions morales et politiques. Ces sciences si diverses en ont retiré déjà

(1) Esprit des lois, liv. XIV, cliap. xii.

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de très grands avantages. C'est ainsi, sans parler de ia médecine, qu'on a pu se rendre compte du mouvement de la population d'un pays et de l'importance de ses richesses industrielles , commerciales ou agricoles. On a même été plus loin; on a demandé à la stalisticjue la solution des plus hautes questions de législation criminelle, d'instruction et de moralité publiques. Celle du suicide devait nécessairement trouver place au milieu de ces recherches si nouvelles. Aussi des faits nombreux ont-ils été recueillis par des travailleurs isolés d'abord , et un peu plus tard, par les administrations publiques de quelques-uns des principaux pays de l'FAirope, 11 en est résulté la publication d'un grand nombre de tableaux statistiques plus ou moins exacts et complets dans leurs éléments constitutifs. Laissant désormais de côté la question de savoir s'il est ou non permis h l'homme de se donner la mort, on a cherché ;i déterminer, h l'aide de ces faits , quelle influence exercent sur le plus ou moins de fréquence des suicides , les climats, les saisons, le&~ sexes , les âges, les formes de gouvernement, les progrès de la civilisation , les boulevei'sements politiques , les

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opinions religieuses ou philosophiques , etc. On est allé plus loin ; on a voulu connaître les causes intimes, immédiates de cet acte. On a interrogé avec soin les dernières paroles et les dernières actions des malheureux que le désespoir ou le dégoût de la vie entraînaient à se donner la mort. On est descendu , pour ainsi dire , dans le secret de leur conscience, et l'on s'est demandé si ce désespoir et si ce dégoût , souvent inexplicable de la vie , n'étaient pas des signes d'une véritable maladie morale. Dès lors la question rentrait, en partie du moins, dans le domaine de la médecine. Mais après avoir constaté que , dans un grand nombre de cas , le suicide est un signe d'aliénation mentale , on a fait, comme il n'arrive que trop souvent, on s'est hâté de conclure du particulier au général, et l'on est arrivé à cette conséquence dont nous démontrerons plus loin l'erreur et le danger, que le suicide est toujours le résultat d'une affection mentale (lui ^ après avoir troublé profondément Tintelligence, destitue le malheureux qui en est atteint de toute liberté morale , et le porte fatalement , irrésistiblement , au meurtre de luimême. C'est ainsi que de conséquence en consé-

quence on en est arrivé a assimiler au suicide provoqué par des hallucinations ou par le délire de la manie, la mort volontaire de Caton , de Brulus j de Cassius, de Démoslhène , etc., et de tant d'autres grands hommes de l'antiquité. On a dû encore ranger sur la même ligne le malheureux qui se tue pour échapper a la terreur de la damnation éternelle ou aux persécutions incessantes d'ennemis invisibles , et l'homme, plus malheureux encore, qui n'a pas la force d'affronter, après avoir vécu dans le luxe et l'abondance, toutes les horreurs de la misère et de la faim. Et comme il est rare qu'on s'arrête lorsqu'une fois on est entré dans la voie de l'exagération et de l'erreur, il s'est trouvé des médecins qui ont disserté très longuement et très sérieusement dans le but de démontrer que le suicide est une maladie du cerveau , sut generis^ dont l'anatomie pathologique et l'étio logie physiologique, s'ilest permis de s'exprimer ainsi , révèlent incontestablement l'existence. Enfin, quelques-uns, plus habiles ou plus hardis, ont prétendu que toutes les fois qu'un homme se tue, il existe dans son cerveau une modification matérielle , palpable, toujours la môme , ou du

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moins de nature analogue, qui rend parfaitement compte de son action. Seulement ils se sont contentés de proclamer l'existence de cette altération pathologique, et ils ont remis a un autre temps d'en faire connaître les caractères essentiels. Mais jusqu'à ce que cette grande découverte ait été mise au jour, nous ne craindrons pas d'avouer notre complète ignorance, et aussi notre incrédulité, qui est partagée d'ailleurs par un certain nombre de médecins d'aliénés. Ceux-ci ont résisté avec courage à l'entraînement général, et ont protesté de toute leurs forces contre l'admission d'une doctrine aussi désastreuse. Pour eux , dans un grand nombre de cas , le suicide est une fuite ou une faiblesse, mais toujours un acte parfaitement raisonné , et acconq)li avec une pleine liberté de pensée et de volonté.

La question du suicide est donc encore loin d'être jugée. Bien des points restent a éclaircir, bien des problèmes à résoudre, même au point de vue purement médical. C'est probablement cette considération qui a décidé l'Académie royale de médecine a la mettre au concours pour le prix fondé par madame Bernard de Civrieux.

C'est aussi cette con-viction qui nous a engagé à entreprendre ces recherches. Nous n'ignorons pas quenousnouschargeonsd'une tâche ingrate, et que bien des écueils nous attendent. Peut-être même aurons-nous le malheur de froisser quelques amours-propres en combattant des opinions quinousparaissenlerronées.Maisnouscroirions manquer a tous nos devoirs si nous hésitions à faire taire nos convenances et nos prédilections personnelles en présence d'un intérêt aussi saq^'é que celui de la vérité. Et puis , d'ailleurs , que nous ayons a exposer nos propres idées ou à discuter celles des autres, nous aurons toujours soin de ne nous écarter en rien de la dignité et de l'impartialité qui doivent toujours présider aux discussions scientifiques.

Avant d'aller plus loin , il importe de bien s'entendre sur la signification du mot suicide. La plupart des auteurs qui ont étudié cette question au point de vue de la médecine ont indifféremment désigné sous ce nom l'acte par lequel un homme se tue, et la maladie qui, d'après eux , est la cause prochaine de cet acte. 11 en résulte une confusion dans les termes , qui n'est pas sans quelques inconvénients , surtout

pour les lecteurs étrangers à la médecine. Aussi aurons-nous soin, dans tout le cours de ce travail , de ne prendre le mot suicide que dans l'acception la plus généralement adoptée , c'est-à-dire pour désigner l'acte par lequel un homme se donne la mort , quelle que soit d'ailleurs la cause déterminante de cet acte, et le moyen employé pour Vaccomplir,

Ce que nous avons déjà dit du suicide suffit pour faire voir que celui-ci n'est pas seulement un malheur partiel ou une maladie individuelle, dont il importe de rechercher les causes et d'étudier la marche pour en empêcher le retour ; mais qu'on doit le regarder en même temps comme un fait général, d'une importance capitale, dont l'étude approfondie devrait appeler sérieusement l'attention des gouvernements et des assemblées délibérantes. Car , ainsi que nous le prouverons plus tard, les suicides augmentent depuis quelques années dans une proportion effrayante. 11 semblerait qu'à mesure que le bien-être général et la fortune publique font des progrès, il s'accomplit dans les entrailles de la société un travail de décomposition lente , mais tous les jours plus active , d'où naissent

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ce facile désespoir, ce dégoût profond de la vie, qui foi)t un si grand nombre de victimes. Seraitce donc qu'on aurait le droit d'accuser la civilisation de corrompre tout ce qu'elle touche , et de s'écrier , avec Piousseau , que l'homme n'est pas né pour la société , et que la vie sauvage est seule compatible avec sa nature ? Cette question , si importante et si délicate, dominera une grande partie de nos recherches ; et comme des déclamations vagues, de vaines théories , ne prouvent rien en définitive, nous aurons soin d'appuyer toutes nos déductions sur des chiffres positifs et officiels.

Nous avons déjà dit que, depuis quelques années, des documents statistiques plus ou moins détaillés, tant sur le nombre des suicides que sur les circonstances très variées qui ont présidé à leur accomolissement , ont été recueillis par les soins de plusieurs gouvernements de l'Europe. Malheureusement ii nous a été impossible de nous procurer aucune des recherches de cette nature qui ont été ffiites à l'étranger, et qui, nous avons quelques raisons de le croire , sont bien moins complètes que celles que nous devons à notre gouvernement.

Nous serons donc obligé de nous en tenir à celles qui ont été publiées , depuis 1827, dans les comptes rendus de la justice criminelle. Mais, quoique le chiffre en soit assez élevé pour être concluant, nous ne saurions trop regretter de ne pouvoir le comparer .aux premières, et contrôler ainsi les unes par les autres.

Les premiers documents publiés en France par le ministère de la justice remontent, avons-nous dit, k 1827. Pendant les premières années , on se contenta de faire connaître le nombre des suicides survenus dans l'année dans chaque département. Ces renseignements, quoique très incomplets , ne laissaient pas que d'avoir déjà une grandeimportance, etM. Guerry a su en tirer un grand parti ^^ comme nous le verrons plus tard, dans son bel ouvrage sur la statislique morale de la France. Une innovation radicale fut introduite dans le compte rendu de 1835 , parles soins de M. Barthe , alors ministre de la justice. «J'ai dû, dit il, m'occuper du » suicide, cette maladie qui travaille nos sociétés » modernes. Deuxnouveauxtableauxprésentent, w sur les individus qui se sont donné la mort , » non- seulement l'indication du lieu de leur

12 CONSIDÉRATIONS PRÉLIMIINAIKKS.

» décès, mais de leur sexe, de leur âge, de leur » profession, du mois où ils ont accompli leur » triste résolution , et de l'instrument ou des «moyens dont ils ont fait usage (1). »

Un peu plus bas, le ministre ajoute : « Des » recherches ont été faites sur les causes qui » ont déterminé les suicides. Mais les résultais » ne reposaient pas sur des bases assez sûres, » pour que j'aie cru devoir les publier. Piicn, » dans ce compte, ne doit être conjectural : tout » doit s'appuyer sur des données certaines. » J'espère pouvoir, l'année prochaine, publier ce » document important (2). »

L'année d'après, M. Barthe a, en effet, tenu parole : « Des soins particuliers, dit-il, ont été » pris pour que les motifs des suicides fussent rew cherchés et constatés avec le plus d'exactitude V possible. Votre Majesté comprend que la certi- » tude de ce document ne peut être complète. Tel » qu'il est, cependant, il renferme des éléments » assez sûrs pour être d'un grand intérêt (3). »

Nous n'avons cité aussi longuement les paroles

(1) Comptes de la justice criminelle , année 1835, p. 27.

(2) Idem, p. 28.

(3) Comptes de la justice criminelle, année 1836, p. 27.

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du ministre, que parce qu'elles nous ont paru la meilleure réponse a faire aux attaques dirigées contre l'utilité et l'exactitude de ces comptes rendus, par des médecins estimables, et entre autres par Esquirol. « Ces relevés, dit ce dernier, sont peu propres k éclairer l'histoire du suicide, parce qu'ils manquent ordinairement des documents nécessaires pour en constater la vraie cause et le motif qui a déterminé le suicide; parce qu'on est rarement informé de l'état physique et moral des individus qui se sont tués ; parce qu'on ignore si un homme qu'on trouve mort était aliéné, s'il s'est tué par une détermination soudaine de désespoir ou par une résolution réfléchie ; parce que, enfin, on ne sait pas s'il est victime d'un assassinat (1). » Il est parfaitement vrai de dire, en effet, que les motifs du suicide, l'état physique et moral des individus qui se sont tués, ne sont pas toujours indiqués d'une manière très exacte dans les procès-verbaux des juges-depaix ou des commissaires de police, sur lesquels ont été faits les relevés du ministère de la justice. Car, comme le dit si bien M. Barthe, on doit com-

(1) Esquirol, Maladies mentales , I. I , p. 576.

i/l CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES.

prendre que la certitude de ce document ne peut être complète. Qui pourra jamais se flatter de voir clairement dans les actions humaines, même les plus simples? Mais est-ce là une raison suflisante pour condamner tous les autres renseignements consignés dans les tableaux statistiques de ce ministère, et s'ensuit il qu'on ne doive ajouter aucune foi aux indications données par ces procès-verbaux sur l'âge, le sexe, la profession, etc., des suicidés?

Cependant quelque importance que nous reconnaissions aux tableaux publiés par l'administration, nous ne devons pas oublier de signaler une grande lacune qui, toute grave qu'elle est, ne change rien en réalité a la valeur des résultats. 11 est constant, en efifet, que bien des suicides doivent échapper à la surveillance de l'autorité. Les procureurs généraux ne peuvent faire entrer dans les relevés partiels qu'ils envoient chaque année au ministère de la justice, que ceux qui sont suivis de mort et ont donné lieu k un commencement d'instruction judiciaire. Mais ils doivent nécessairement omettre toutes les tentatives qui, n'étant pas suivies de mort, ne sont pas constatées offi'

ciellement, et sont, au contraire, cachées avec beaucoup de soin par les familles. H est donc certain que les chiftrcs consignés dans les comptes rendus de la juslice criminelle ne représentent pas le chillre exact des suicides qui se commettent annuellement dans les divers départements de la France. Cependant, tels qu'ils sont, ces chiflVes n'en sont pas moins probants; les suicides qui restent inconnus s'accomplissant, selon toutes les probabilités, dans des circonstances analogues, et sous l'inspiration des mêmes causes que ceux qui sont constatés. Ceux-ci, d'ailleurs, représentent une masse assez imposante de faits pour donner aux considérations qui vont suivre toute l'autorité d'une observation rigoureuse. C'est donc dans les comptes rendus de la justice criminelle que nous puiserons la majeure partie des éléments de nos recherches. Aussi tenions-nous beaucoup à les justifier des reproches qui leur ont été adressés. INos calculs embrasseront la période de dix-sept années , comprise entre 18S6 et 1852. Car, ainsi que nous l'avons dit déjà, c'est seulement à dater de 18â6 que les comptes rendus ont subi les

améliorations demandées par M. Barthe (1). Quant à l'ordre que nous suivrons dans l'exposition de nos idées, il nous est tout naturellement tracéparles considérations qui précèdent. 11 ne s'agit pas, en eftet, de faire l'histoire d'une maladie, et d'en étudier classiquement les causes, les symptômes, la marche, etc. Nous avons dit en commençant que, pour nous, le suicide ne constitue -pas par lui-même une maladie, mais qu'on doit le considérer plutôt comme un simple fait , dont les causes productrices sont extrêmement variables. Ce sont donc beaucoup plus ces causes et leur mode d'action que le suicide en lui-même que nous devons étudier. Or celles-ci peuvent se distinguer en deux classes bien définies : les unes, plus générales, indirectes et éloignées, n'agissent qu'avec une extrême lenteur, et tendent, comme à notre insu, k affaiblir en nous l'instinct si puissant qui nous rattache a la vie; les autres, plus individuelles et plus directes, exercent en même temps une influence plus intime et plus énergique, et peuvent être considérées comme le complément nécessaire des premières. Nous diviserons donc

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toutes nos recherches sur ce sujet en deux chapitres, dans lesquels nous traiterons successivement de chacun de ces deux ordres de causes et de leur mode d'action dans la production du suicide. Enfin, nous consacrerons un troisième et dernier chapitre k l'étude des moyens les plus propres a prévenir ce funeste penchant , ou a en atténuer les effets.

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