DES CAUSES DÉTERMINANTES
malheureuse affection que tout le monde ignorait, n'ait été la cause de son suicide.
Ce fait est entré sans doute dans les relevés publiés par l'administration, et certainement le véritable motif du suicide est resté inconnu aux personnes qui ont été chargées de le constater. Les exemples ne sont pas rares, de pauvres malades qui ont ainsi conservé pendant longtemps assez d'empire sur eux-mêmes pour cacher le véritable état de leur esprit. Tous les médecins qui ont écrit sur les maladies mentales ont en occasion d'en observer un certain nombre, et quelques-uns d'entre eux ont offert les contrastes les plus singuliers. Un des plus intéressants sous ce rapport , c'est sans contredit ce magistrat anglais dont Walter Scott a longuement raconté l'histoire, d'après les communications qui lui avaient été faites par un savant médecin, son ami. On nous saura gré, sans doute, d'en rapporter ici les principales circonstances, que nous trouvons consignées dans le dernier ouvrage de M. le docteur Brierre de Boismont, sur les hallucinations. Nous abrégeons beaucoup.
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y^ Observation* — Le malade qui fait le sujet de cette observation remplissait pendant sa vie une place importante dans un département particulier de la justice, et avait acquis depuis de longues années la réputation d'un homme doué d'une fermeté , d'un bon sens et d'une intégrité plus qu'ordinaires. A l'époque des visites que lui fit le médecin à qui nous devons son histoire, il était retenu dans sa chambre, gardait quelquefois le lit, et cependant continuait a s'occuper de temps en temps des devoirs de sa charge ; son esprit semblait déployer toute sa force et toute son énergie habituelle dans la direction des affaires dont il était chargé. Quoiqu'il fût habituellement triste, sous le coup d'une cause secrète qu'il était déterminé a cacher, rien ne pouvait faire supposer chez lui un affaiblissement même léger de l'intelligence. Aucune personne de sa famille ne pouvait expliquer la nature du mal, qui cependant paraissait s'aggraver de jour en jour.
Le médecin le trouva embarrassé, contraint, mais décidé à se taire. Cependant ilparvint peu à peu à gagner sa confiance, et en obtint cette singulière confidence. Trois ans environ aiipa-