EXISTE-T-IL
de tne surveiller pendant la durée de ces accès, qui, après s'être prolongés pendant plusieurs jours, se terminaient chaque fois par un saignement de nez. Cependant aucun des signes ordinaires de pléthore et de congestion cérébrale ne s'était manifesté; mon teint était plutôt p&le et bilieux que coloré. La seule considération qui combattait énergiquement en moi ma propension funeste, était la pensée du désespoir dans lequel je plongerais mes parents (1). »
Enfin , nous citerons encore le fait suivant , rapporté par M. le docteur Brierre de Boismont:
XXII* Observation. — « Un négociant anglais fit quelques pertes d'argent. Son esprit s'en affecta; il éprouva un violent désir de se tuer. Mais comme il avait de la capacité et de l'instruction, il lutta avec énergie contre ce penchant. Une violente contrariété Tayant jeté tout un jour dans un violent état d'abattement, il dit à son premier commis qu'il se sentait la tête lourde et accablée, et qu'il avait le pressentiment que quelque chose arriverait avant Iç matin. Le
(i) Marc, loe, eit, t II, p. 162.
UNE MONOMANIB KinCIDE? 247
commis lui conseilla de consulter un médecin , ce qu'il ne jugea pas nécessaire. Au milieu de la nuit il s'éveilla dans une agitation extrême. Aucune parole ne pourrait rendre ce qu'il ressentit; le suicide lui parut le seul moyen de secours.
» Dans cet état, il se leva de son lit, appela son domestique, ordonna d'aller chercher en toute hâte un chirurgien. Dès que le malade le vit entrer, il s'écria: Saignez-moi, ou je vais me couper la gorge. L'opération fut pratiquée à l'instant. A peine le sang commença-l-il à couler, que le malade dit : Dieu merci^ je viens d'être sauvé du suicide. Depuis cette époque, il n'a plus éprouvé de symptômes de ce funeste^mal (1). »
M. Brierre ajoute: «J'ai recueilli un certain » nombre de faits semblables, de sorte qu'il m'est » démontré quun raptus subit de sang vers le » cerveau peut être une cause de mort vo- » lontaire. »
Il est donc constant qu'on observe quelquefois des exemples de propension au suicide purement instinctive , dans lesquels la mort volon-
(i)AnnaU$ mèdiea^sychologiques^VdiVh^ lS/i/i, t. IV, p. 496.