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longtemps à une maladie do cœur, parce qu'elles éUient accompagnée» de palpitations très fortes et de douleurs dans la région de cet organe ; il me sefnblait que j'avais la tête serrée comm« dans un étau ; j'avais dos vertiges, des tintements d'oreilles; lorsque je me trouvais dans un appartement bien chauffé^ je ressentais une chaleur très vive^ d'abord à i'oreille gauche, qui devenait fort rougOj puis à la droite, et en définitive j'étais pris d'étouffements et de suffocations qui m'obligeaient à sortir pour respirer le grand air. Cet état devenait insupportable. Je gardai le lit , et jo suivis un traitement. On mappliqua des ventouseSy un vésicatoire, des sangsues, qui ne produisirent pas une amélioration très sensible.
» Cependant , au bout de quelques mois^ l'ap-^ petit reparut, je devins plus calme, et je fis le vojage de Paris, dans l'intention d'y consulter; car j'éiais préoccupé de la crainte d'une lésioli
ay cœur. Je me trouvai assez bien de ce voyage^ et je n'éprouvai alors qu'une gônO; de fréquentes
constipations, que j'attribuai à des bémorrboi-
des, et rimpossibililé de rester dans un local
échauffe par la présence de plusieurs personnes,
au théâtre par exemple. Cependant je consultai
deux médecins qui , d'accord sur la non existence de la maladie que je craignais, ne le furent pas sur le traitement à suivre. Ainsi rassuré, d'ailleurs, sur ma position, je me contentai de faire un voyage dans le midi , d'où je revins fort amaigri, mais dans un état de santé fort satisfaisant.
» J'oubliais de constater un fait, c'est qu'ayant eu dans ce voyage l'occasion de fréquenter des femmes, je ressentais, au moment du coït, des chaleurs de tête extraordinaires, des espèces de vertiges, qui m'obligeaient à respirer l'air extérieur instantanément , et pouvaient me faire craindre un coup de sang. Une autre remarque, c'est que dès lors cet acte, au lieu d'exciter en moi une sensation de jouissance, me devenait pénible. Je crois, du reste, avoir déjà dit que le passage des urines me causait de la douleur.
«Depuis cette époque, les malaises nerveux , dont j'ai déjà parlé, se succédèrent, non sans interruption, mais reparaissant toujours après m'avoir laissé parfois un peu de répit. Depuis longtemps j'étais fort étonné de ne sentir jamais d'érection, quoique vivant dans la continence la plus parfaite.
» Quoi qu'il en soit ^ mon état ne s'améliorait
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pas; chaquejour j'éprouvais de grandes difficultés à faire des courses qui naguère étaient pour moi très peu fatigantes; les palpitations, les sueurs abondantes y l'affaiblissement du système musculaire étaient pour moi des causes incessantes de souffrances réelles. L'acliou de monter surtout m'occasionnait des palpitations et des sifflements très forts dans les oreilles. J'avais observé après une marche un peu rapide, et même dans le repos du lit, un battement bruyant dans Toreille gauche,'coïncidant avec les pulsations du cœur. En dernier lieu le séjour au lit m'était devenu insupportable, à cause de l'oppression qu'il me causait et que je n'avais pu prévenir par aucun moyen. »
M. P. entre ici dans de longs détails sur une maladie très grave qu'il a eue six mois environ auparavant, et qu'il appelle une fièvre pernicieuse. Puis il ajoute :
« Dans la convalescence de cette fièvre , je remarquai d'abord une sensation extraordinaire vers le périnée, sensation semblable à celle que produit le chatouillement d'une plume, sensibilité à peu près égale dans le bas- ventre.
» Tension dans cette région, provoquant fré-
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quemment des coliques, débilité de l'estomae et dos membres, digestion très lente, jamais désir de prendre des aliments , et cependant faculté d'en prendre sans inconvénient fâcheux. Fort souvent palpitations extrêmes pendant le repos; tantôt constipation, tantôt garde-robes extraordinai rement fréquentes; faiblesse extrême de la vue, sifflements et bruissements continuels dans lea oreilles. L'irritablité des parties génitales est devenue très grande. Ainsi le simple eontaet du pantalon produit par la marche suffit pour les développer ; la nuit il m'arrive fréquemment de me réveiller en sursaut, et toujours Je puis eoQstater le développement; souvent, en outre, il y a émission d'une petite quantité de liquide qui, sans avoir toujours la qualité du sperme, en a , pour moi du moinsy l'apparence ; et j'en ai pour preuves les douleurs nerveuses, les spasmes^ les tiraillements qui l'accompagnent, te besoin d'uriner qui se manifeste fmqiédiatement après. Pendant la nuit, est-ce involontaire ou provoqué? La grande différence qui existe entre cette émission et les pollutions, me conduit à penser que je ne consomme pas totalement du moins cet acte.
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» Mais, Je le répète. Je me suis réveillé mainte et mainte fois éprouvant des coliques très vives, et Je remarquais que le membre était développé et souvent bumide ; cbose que je ne dois pas passer sous silence , o*est qu'au réveil cette excitation cessait. Du reste^ comme je l'ai déjii dit| ces accidents m'arrivent aussi dans la journée* Quoi qu'il en soit , je puis affirmer que très souvent j'ai rendu du sperme abondamment en nUant à la garde-robe, que toujours il y a émission d'un liquide plus ou moins dense , émission qui amène des coliques, et toujours le besoin invincible d'uriner. Cela est poussé à un point tel f que je redoute le moment d'aller à la garde^roboi car je sais qu*il doit m'occasionner de très vives douleurs; et d'ailleurs, il y a un désordre très grand dans l'intestin, comme dans tout le corps. C'est une désorganisation générale de mon être; tous mes muscles sont tellement affaiblit, que je ne puis ni marcher ni tendre le bras même, sans éprouver certaines douleurs. »
Il y a évidemment beaucoup d'exagération dans tout ce récit ^ et surtout dans les dernières lignes. En étudiant avec soin Télat général du malade, il était facile de reconnaître que cet
affaiblissement général dont il se plaignait avec tant d'amertume, était plus apparent que réel, et que l'imagination jouait un grand rôl« dans toutes ses souffrances. Il se produisait même, parfois, à des intervalles très irréguliers , de véritables intermittences, pendant lesquelles M. P... semblait oublier sa maladie, et reprenait pour quelques heures une gaieté, une assurance, une confiance en lui-même, qui le transformaient presque complètement. La musique, pour laquelle il avait toujours eu beaucoup de goûl, exerçait plus particulièrement sur lui cette influence salutaire. Cependant il y avait, dans cette exagération même, dans cette prépondérance funeste de Timagination, une preuve évidente de la gravité des désordres qu avait subis le système nerveux.
Or ce désordre , quel en était le point de départ? Tenait-il à une maladie primitive de Tencéphale, comme on aurait été tenté de le croire, si on s'en était tenu à un examen superficiel des faits? Ainsi le malade avait éprouvé depuis un temps très long, et très fréquemment, des vertigesydes tintements d'oreilles,des éblouissements; il lui semblait, dit-il, que sa tête était
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serrée comme dans un étau ; la vue s'était affaiblie. Son caractère était complètement changé ; il était devenu tiniide, déliant, soupçonneux. Il se laissait aller parfois à un sombre désespoir, provoqué surtout par la persuasion oii il était que ses souffrances étaient tout à fait incurables. Cette triste affection s*était aggravée lentement, avait envahi peu à peu toutes les fonctions nerveuses , et en était arrivée à la longue à troubler profondément les facultés intellectuelles et morales. Enfin, lorsque, dominé par un penchant presque irrésistible au suicide, M. P... vint se réfugier dans notre établissement, tout en lui se réunissait pour faire croire à l'existence d une maladie du cerveau. Et cependant le traitement physique et moral le plus rationnel, surveillé et dirigé avec soin par nous et par M. Leuret, échouacomplétement , et après quatre mois de séjour dans la maison de santé, M. P... était à peu près dans le môme état qu'au moment de son entrée.
Mais, pendant ce temps, des symptômes qui avaient été négligés ou méconnus jusque-là, avaient fixé notre attention et ajouté un élément précieux au diagnostic. Depuis longtemps, soit
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instinct, soit raison ^ M. P... avait trouvé dans les excè& vénériens auxquels il s'était abandonné, la eause première de sa triste affection. Il avait eu plusieurs blennorrhagjes, et à la longue il s'était persuadé que ces blennorrhagies lui avaientlaissé une syphilis constitutionnelle. Noqs avons fait connaître plus haut Tincroyabk con« séquence qu'il avait tirée de cettQ conviction y jusqu'au moment où la consultation négative de M. Ricord était venue la détruire dans son esprit. Mais alors une foule d'observations auxquelles il n'avait attaché jusque-là qu'unf médiocre importance, lui étaient revenues en mémoire, et tout aussitôt il en avait conclu que la cause réelle de son mal n'était autre que des pertes séminales involorUaires . Nous avions recherché nous-'môme de quelle nature était cet écoulement dont le malade se plaignait très fréquemment, et nous avions reeennu à peu près constamment, à l'aide du microscope, la pré-* sence du sperme dans le liquide recueilli. Nous avions constaté en même temps qu'il existait une liaison intime, une relation évidente entre le retour de cet écoulement et les exacerbations si fréquentes des symptômes
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nerveux que nous observions chez notre mdiade.
Nous devions donc altacbcr une très grande importance à cet accident, et M. Lallcmand fut appelé en consultation auprès de M. P... Celui-ci pratiqua une cautérisation de toute la partie prostatique du canal de Turètbre, qui eut les résultats immédiats que cet habile praticien a si bien décrits dans son ouvrage. La maladie locale , et avec elle les symptômes nerveux , furent aggravés d'abord. Mais au bout de dix à douze jours il se manifesta une amélioration légère, qui se traduisit surtout par une plus grande aptitude à la lecture et à un travail de tète un peu suivi. Les choses en étaient là lorsque des affaires imprévues rappelèrent impérieusement M. P.. . dans sa famille. Nous avons su depuis, par son médecin, que Tamélioration obtenue avait fait des progrès rapides, et que quelques semaines avaient sufÛ pour amener un retour complet à la santé.
Les réflexions les plus sérieuses naissenten foule à la lecture de celte déplorable histoire. Nous en avons fait voir ailleurs toute rimportance(l), et
(1) Des pertes séminales intxylontaires et de leur influence sur la production de la folie. Paris, 1856, chez J.-B. Baillière.
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nous n'y reviendrons pas ici. Nous nous contenterons de faire observer que chez M. P ,
comme chez tous les individus dont nous avons parlé jusqu'ici y le penchant au suicide n'était qu'un symptôme tout à fait secondaire de la maladie principale, et était dû uniquement a l'action pernicieuse exercée sur le système nerveux par les pertes séminales involontaires.
La même observation s'applique avec une évidence irrésistible au malade qui fait le sujet de Tobservation suivante» que nous empruntons à l'ouvrage de M. Lallemand.
XXV* Observation. — Conslilution faible; excès précoces , blennorrhagie ; syphilis; pollutions diurnes, symptômes cérébraux ^ etc.-; insuccès des moyens ordinaires; cautérisation; bains hydro-sulfureux ; guérison ; rechutes ; symptômes vénériens consécutifs ; traitement antisyphilitique; guérison définitive.
L'observation suivante m'a été envoyée par un praticien distingué, que j'ai eu le bonheur de tirer d'une position déplorable : elle est peutêtre un peu longue, mais les détails précieux
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dont elle est remplie , m'ont empêché d*en rien retrancher.
« Je sais né très faible , avec une hernie inguinale: j*ai été sujet, dans mon enfance ^ à nne otorrhée purulente très abondante et très tenace, surtout à gauche. Je me suis cependant fortîlié par un exercice habituel au milieu des champs, un régime substantiel et Tusage fréquent des bains de rivière: à treize ans , j'étais aussi robuste que la plupart do mes camarades.
» A cette époque une jeune fille ardente, mais circonspecte, éveilla chez moi des érections prématurées, et en abusa pour assouvir ^es désirs, jusqu'au moment où des émissions séminales lui inspirèrent des craintes. J'appris à mon tour à sa soeur cadette tout ce que je savais. Ces jouissances précoces développèrent des besoins factices qui me conduisirent à la masturbation, lorsqu'il me fut impossible de les satisfaire autrement.
» A seize ans je contractai une blennorrhagie que je cachai avec soin , et qui se dissipa lentement sous rinl!uence de boissons rafraîchissantes, de bains lièdes et d'un régime sévère. L'écoulement reparut deux fois la môme année.
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après un usage immodéré de bière nouvelle; depuis lors^ il s'est renouvelé souvent, à la suite d'une marche forcée t d'un refroidissement , ou d'une course à cheval.
D A dix^-huit ans j'obtins un rendez-vous d'une femme que j'aimais beaucoup, mais j'éprouvai une telle agitation qu'il me fut impossible d'en profiter. J'attribuai cette catastrophe à l'excès de ma passion; mais j'en conçus un .profond chagrin et une grande déflance de moi -même.
»Je fus plus heureux l'année suivante avec une autre femme; mais je papi cher les excès auxquels je me livrai pendant cette nuit; le lendemain mon écoulement reparut avee force; il me survint ensuite une inflammatiQn des testi^ Gules; répididyme du côté droit resta engorgé pendant cinq ou six mois.
«Depuis lors ma santé s'altéra de plus en plus; j'eus la jaunisse^ des accès de ûèvre, des dou-* leurs vagues dans tout le corps et des maux d'estomac; je devins très impressionnable au froid, à la chaleur, à l'humidité, à tout changement atmosphérique un peu brusque. L'altération de ma santé me lit renoncer à la carrière militaire^ et me conduisit à Tétude de la médecine.
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» Arrivé à Paris, je remarquai que le froid humide des rues et des amphithéâtres de dissection provoquait facilement le retour de mon écoulement; que la station assise, trop longtemps prolongée, échauffait le périnée, y provoquait de la pesanteur, des élancements.
» Ces phénomènes augmentèrent au point que je crus avoir la pierre; j'éprouvais une douleur constante à la fosse naviculaire; j'urinais très souvent et avec douleur ; les dernières gouttes d'urine étaient filantes, glaireuses, et produisaient, au col de la vessie, la sensation d'un fer rouge. J'étais déterminé à me faire opérer, mais le professeur Boyer, avant de me sonder, me prescrivit des bains, qui calmèrent l'irritation. Les vacances arrivèrent , et l'exercice dissipa tous ces symptômes.
» L'année suivante, je travaillai nuit et jour pour me préparer à un concours. Mes digestions se dérangèrent; j'eus une diarrhée accompagnée de violentes épreintcs ; en allant à la selle , je rendis souvent du sperme en abondance. Trop préoccupé pour donner à cette circonstance toute i'ifiiportance qu'elle méritait, je voulus ^ntinuer; mais j'éprouvai des étourdissements,
des tintements d'oreilles, des défaillances; je ne compris plus rien. Je fus obligé de renoncer à toute occupation; il me semblait à chaque instant que j'allais avoir une attaque (Tapoplexie.
» La troisième année, je fus sujet à des palpitations qui nie firent croire à un anévrysme du cœur. Plus lard, j'éprouvai des douleurs dans la poitrine, une toux opiniâtre, et je me persuadai que j'étais phlhisique. Enfin , après ma réception, je partis pour mon pays, maigre, jaune et fort triste. Le mouvement de la voiture rappela encore mon écoulement.
» Peu de temps après mon arrivée, je contractai une maladie vénérienne, que je traitai par les pilules mercurielles. Ce traitement acheva de ruiner ma santé , et je le cessai dès que les symptômes extérieurs eurent disparu. J'éprouvai alors une gastrite chronique^ accompagnée d'une constipation opiniâtre et d'une profonde hypochondrie.
» Les flatuosités dont j'étais tourmenté me firent rechercher la solitude ; quand je les retenais, j'éprouvais bientôt un mouvement général dans l'abdomen; je les sentais s'accumuler dans l'estomac et le distendre outre mesure ; il me
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semblait qu'une main de fer produisait une eç^pèce d'étranglement intérieur, qui leur fermait tout passage ; rabaissement du diaphragme était empêché par la violence des douleurs et par la distension du ventre; je me sentais prêt à étouffer; la face devenait cramoisie; une sueur copieuse couvrait tout mon corps ; enfin cette espèce d'étranglement cessait et j'étais délivré; mais je conservais pendant plusieurs jours de la fatigue et une teinte ictérique.
» Pendant deux ans je combattis cette gastrite chronique par les sangsues, les bains, les lavementSy le régime végétal le plus sévère : je vécus même, pendant dix-huit mois, de lait; le tout sans succès. J'éprouvais un besoin continuel de manger, et dès que j'avais pris quelque aliment un peu substantiel, j'étais accablé par le travail de la digestion.
»Enfin, je remarquai que je rendais du sperme dans les violents efforts provoqués par la constipation, et bientôt je m'assurai que j'en perdais même en urinant.
» Alors seulement je compris la cause de tous mes maux ; je me hâtai de faire venir la traduction de Wickmann par le docteur Sainte-Marie ,