ET GUR4TIFS DU SUICIDÇ
Parmi les attentais contre les propriétés, les vols qualifiés, c'est-à-dire ceux qui se commettent à l'aide de moyens violents, l'escalade, Feffraction,etc#,ont diminué de près d'un tiers, tandis que les faux, les escroqueries, les vols simples, ont plus que doublé; la cupidité pour se satis faire a changé ses voies , la ruse a remplacé la violence.
« L'augmentation du nombre des délits s'est manifestée dans tous lesdépartements sans exception, quoique k des degrés inégaux, et elle parait avoir suivi, en général, ks développements de l'industrie. »
On nous pardonnera cette longue citation en faveur de son importance. Les faits qu'elle révèle viennent encore corroborer ceux que Tétude du suicide nous a permis de mettre en lumière. Ainsi qu'il s'agisse des crimes, du suicide ou de la folie, ces trois expressions générales, ou mieux ces produits de l'excitation et du dérèglement des idées et des passions, partout et toujours nous trouvons une augmentation proportionnelle au développement et aux progrès de la civilisation. Celle-ci a donc ses maux et ses dangers presque inévitables et nécessaires, et ne semble-
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rait-il pas que la recherche des moyens propres à les prévenir devrait être complètement stérile? Gela n^est vrai cependant qUe dans une certaine limite. Datas la société aussi bien qtie dans là ûatttre, Dieil a mis partout le bien & 66té da ddâl ; il a laissé à rhomtùe le soin de chercher Tub «t dé s^éti âet'vii' pour remédier à l'autre. Âltii^i, il existe une bien regrettable lacune dàtiS cet immense développéittent des [sociétés modefiies aiiqtiel nous assistons. Les sciences, lés arts, l'industrie, le commerce ont fait, depuis quelques années, de Véritables pas de géants. Là richesse publique et privée, le luxe, le bien-être lU&léHèl de tous, se sont àccfus avec une rapidité qui ouvre sur TAvenir lél^ perspectives left plQs «pl6ti* dides et les plus inattendues.
Mais l'élément moral de la vie dès peuplés à-t*îl fait les mêmes progrès ? Malheuréusethéiit iion. Ainsi que Ta fti bien ditM. le Ministre de la justice, il est évident que, depuis le eûitifueûeeffiênt du siècle te fespect de la Im et dêi p^àfids principeé sur lesquels la société repose a été éh s'tffaiblissaM. J'ajouterai , sans crtintê d*êlre démenti, que, d'un autre côté, les sentiments religieux, le respect des dogmes les plus sainte.
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la croyance à une vie ftiture tendent à s'effàcdr de plus en plus. Le doute et Tindifférence qui les ontremi^cés sont mortels à l'homitie; ils éteignent en Itii peu à peu les sentiments nobles et éleVéâ,les idées de dévouement et de sacriMcé, et le livrent tout entier^ et sans résistance possible, aux passions sensuelles et égoïstes ; ils le
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jettent dans Tabus des jouissances matérielles qui laissent dans son &me ce vide immense, cet ennui du {irésent^ ces aspirations ardentes vers tm avenir inconnu, dont on retrouve retprëiâion, sous toutes les formes, dans les productions de h littérature et des arts contemporains.
Cest là évidemment qu'il faut chercher, comme lious Tiiifons dit déjà, la cause de cet oubli facile de tous les devoirs sociaux, de ce relâchement des liens dé la famille, de cette démoralisation ]préco<ie et trop souvent incurable, dont nous voyons si fréquemment les tristes conséquences ; c'est encore là que nous devons trouver le point de départ de ce dégoût de la vie, dé ce découragement inexplicable qui laissent tant d'hommes Sans forcés contre les malheurs dont notre existence est fatalement semée, et les portent si sou- Vent au suicide* Cest donc là qu'est le mal, c*esl là
aussi qu'il faut porler les remèdes. Il faul attaquer celui-ci dans son principe, et préserver la génération qui s'élève; et Ton n'y parviendra suretient qu'à Faide d'une]^ large réforme de Tinstruclion et surtout de l'éducation publique et privée. 11 est indispensable que la culture de l'intelligence soit complétée par une forte éducation morale qui, malheureusement est,à peu près partout abandonnée aux seuls efforts de la nature.
Il ne nous appartient pas de re^çrcber ici quels doivent être le mode ou l'étendue de cette réforme, dont nous avons déjà démontré la nécessité dans notre premier chapitre. La solution de ce grave problème n'est nullement de notre compétence et incombe tout entière à Tiiitorité sociale. Celle-ci paraît d'ailleurs en avoir compris, dans ces dernières années, toute l'importance. Nous avons vu un peu plus haut à quelles conclusions désolantes le résumé des comptes de la justice criminelle avait conduit M. le garde des sceaux actuel : « Au point de vue moral, la » société s'est-elle améliorée comme au point de » vue intellectuel et matériel? L'étude attentive » des comptes généraux de la justice criminelle » ne permet pas deladmettre ; soit que la culture