FAO
En résumé, deux situations dominent la famille : mariage et célibat, que ce dernier soit l’état ordinaire de l’individu (célibat), soit qu'il ait été réclamé (divorce, séparation) ou imposé (veuvage). On comprend que ces modifications de situations doivent avoir un retentissement considérable sur l'individu.
Voyons quels ensont les résultats brutanx, donc ce que dit la statistique, nous les interpréterons ensuite, afin de saisir comment l'individu a pu par eux être mené au suicide.
À première vue, la statistique semble donner le démenti le plus formel à notre thèse que l’homme est essentiellement sociable et par conséquent se tuera d’autant moins qu’il sera plus fortement encastré dans la société. Qu’indique-t-elle en effet? C’est que, de 1873-1878 sur 27.973 suicides, 16.264 ont été commis par des gens mariés, et seulement 11.709 par les célibataires, c’est-à-dire un bénéfice pour ces derniers de 4.555 morts violentes en mo ns.
Comment expliquer ce résultat tout à fait contraire à ce qui semble devoir être et que nus avions indiqué de façon formelle en disant que les célibataires se tuent plus que les gens mariés ?
Pour cela, il faut nous reporter au tableau suivant qui va nous indiquer laptitude fonctionnelle des individus suivant leur âge:
A. — De 16 à 21 ans. 45,9 suicides par million d'individus. HA 30 07 1070 nt
Une explication nécessaire, correctif qui fut fait pour
la première fois par Bertillon père, est à donner au sujet
de ces premiers chiffres. Dans le total des célibataires et au même ütre pour l’anpéteuce au suicide, on à mis, sans distinction aucune, tous les individus non mariés, de telle sorte que l’on a compris dans ce nombre tous les êtres depuis o jours jusqu’à æ. Or, il est de toute évidence que l’on n’a ainsi obtenu qu’un résultat faux de toutes pièces.
Peut-on en effet appeler célibataires tous ces individus qui, jusqu à 16 ans, ne pensent pas, bien plus, n’ont pas droit au mariage ei ne peuvent donc profiter de ses avantages ? Certes non, et si l’on veut faire une comparaison exacte il faudra tenir compte de cette cause énorme d'erreur. Considérable, certes, car si l’on fait cette correction on trouve, les individus de moins de 16 ans retranchés, que, pour une période de 5 ans la proportion est des: =
B. — 173 suicides pour 1 million de célibataires. 154,5 — — d'époux.
Que nous révèlent le tableau A et le tableau B quand on les compare ?
L'âge moyen des célibataires est de 16 à 30 ans, et le tableau À nous indique qu’à cet âge la moyenne des suicides est de 45,9 à 97,9 par millions d'individus ; de même l’âge moyen des époux est de 41 à 50 ans où le taux des suicides est de 164,4. Or notre tableau B nous montre que chez les célibataires le taux vrai est plus élevé puisqu'il est de 173, tandis que chez les époux il est plus bas, n’étant que de 154,5. Il en découle naturellement que si le célibat augmente la propension au suicide pro-
pre à l’âge, le mariage la diminue,
PER; à ie
Et ces observations, qui portent sur la France, sont identiques dans les autres pays: Italie, Wurtemberg, etc.
Allons plus loin, comparons période de célibat à période semblable de mariage et les résultats sont plus probants encore en faveur de notre avis. Que donnent-ils en effet ?
Voici, d’après ses recherches personnelles, les conclusions de M. Durkeim pour les années 1889, 1890, 1891, et portant sur environ 25.000 suicides.
Le premier tablean a trait au duché d’Oldenbourg, 1l est établi sur les années 1871-1885.
Laissant de côté les autres chiffres nous ne publions
que ceux ayant trait aux coefficients de préservation.
Le coe:ficient de préservation des époux par rapport aux céli-
bataires est
Der0R20NANS ESS TRUE 0.09 SOA RME Eee 1.40 JOALAU nina. 117 RONA SO M Eure sa de 1.97 SONO MEET re 1.90 COTON ete 1.63 AUTO ee sondes des 2 OÙ
Celui des épouses par rapport aux filles est
D'ERDAMADEADSE Le deco 0.04 AE re D re 2.24 SOL OR a ati 1.92 PE RAS SRE Ares 2.85 SONORE 2.14 CORDES en ee pre 1.68 AUS EE ere >
-Si au lieu de prendre les résultats calculés sur le total des suicides commis pendant ces 15 années (1871-1885)
nous prenons ceux calculés sur l’année moyenne, nous
Mo Es
avons ‘pour la France, comm: coeff-ients de préservation : | |
Coefficients de préservation des époux par rapportaux. célibataires, pour 1 million d’habitants de chaque groupe
d'âge, année moyern: (1889-1891). ‘
Hommes Fenimes HONG 2NNans Cr 0,22 2,39 2020 2.40 2.00 RONANOU EI = NE, MO 20 2.22 30 à 40 — ...... 217 1255 AO OUM ec 2.86 1.61 50 ta 60 2 MO 1.35 60: 470 15... 2.78 1549 70 à 80 — ...... 2.81 0.98 AUDE A RNTS 2.04 1.60
Si l’on fait un graphique au moyen des chiffres de ce tableau, on obtient les courbes'suivantes.
Passons maintenant aux rapports entre mariés et veufs,
D Le
ils nous donnent les deux tableaux suivants qui vont nous prouver aussi la plus grande immunité des mariés vis-àvis du suicide.
Grand duché d'Oltenbourg. — Coefficients de préservation des époux par rapports aux veufs, calculés pour 10.000 habitants de chaque groupe d’âge pendant l’ersemble de la période 1871-1885.
Hommes Femmes De- 0\à-20 ans: js. » »
ROAROE SE ere 58 »
30 à 40 — ...... 1.04 1.07 4Q à 50 — ....., 3.01 0.77 TOME: MC ER RAS 1.90 1.33 O0ALTOM RSS 2.05 1.12
PA) m5 (EL: EPPARA EPS 2.26 w 4
Si nous passons au tableau des coefficients de préservation desépoux par rapport aux veufs,coefficients calculés pour 1.000.000 d’habitants de chaque groupe d’âge,
année moyenne, en France de 1889 à 1891, nous avons :
Hommes Femmes Det5#a 20%ans > 10.
20 à 95 Re ne RU 1.05 25 à"30 1 eee 3.37 2.61 30 à 40 — ....… 2.47 2.50 - LOLA SO... 2.12 1.58 50 à 60 — ...... 1.88 “si GOEAN TOME NE 1.83 1.62 OPA 80 = 1.82 1.18
Au-delà,.....,..,. 1,49 12.18: