‹ Du Suicide: Unité de son étiologie. Son traitementChapitre 7 sur 30 · II AIT · texte numérisé non relu

II AIT

Le

volonté qu’on a pu les prendre pour les véritables causes du suicide, On conçoit qu’alors, certains s’affolent qui n’ont jamais eu qu’à « se laisser vivre » soit qu'ils fussent à l’abri de tout besoin, soit qu'ils occupassent une situation qui « réglait l'emploi de leur temps ». Véritables automales, — opposant ce terme à celui de gens qui doivent prévoir, celui de position fermée à celui de position libérale, — on peut les considérer comme des individus « mal armés » pour la lutte vitale.

Ainsi l’étiologie de la mort volontaire est peu compliquée puisqu'elle se réduit à cette simple formule: se tue celui-ci seul qui, ayant perdu son équilibre mental, estime la vie désormais impossible pour lui, — c’est le geste du vaincu à terre tendant la gorge au fer de son vamnqueur. . A ce moment se livre en l'individu la lutte des principes de vie et de mort, se pose.la question de savoir s’il vaut mieux vivre ou mourir. On peut dire qu'à cette interrogation la réponse sera toujours la mort, car, ne se sentant plus soutenu par les grands principes qui règlent la Société, il n’aspirera plus qu’au repos età la tranquillité qu'il espère trouver dans le « non être. »

S'il s’adresse cette question c’est pour lui que la vie est devenue une impasse dont il ne se connaît pasles moyens de sortir, et il préfère, ou mieux, il va tout naturellement à la mort, comme à la seule solution possible. On peut dire que lorsqu'un individu se tue, il met fin non à son être moral qui a sombré mais il ne fait qu'achever son corps qui continue à subsister, pour ainsi parler, sans qu'il s'en doute, presque malgré lui.

Le problème est donc plus haut placé que dans une

eos question de circonstances fortuites, Ce n’est pas le hasard avec son aveuglement brutal qui peut nous livrer la clef de cette énigme : ascension ou même la constance dans le taux des Suicides, taux plus constant encore que celui de la mortalité en général. Il faut quelque chose de plus grand, de plus digne en face de cet acte que la stupidité des coups imbéciles de la Fortune, et cette chose ne peut exister que dans l’homme, dans ce qu'il a de supérieur en lui: son cerveau, sa conscience. Qu'importe le reste ? A cette minute suprême l’individu demeure seul face à face avec lui-même et met en balance ce que vaut la Vie, ce que vaut la Mort.

Lui seul est son juge, et ce principe, nous le trouvons exprimé dans les lettres que laissent quelques suicidés en guise de testament moral. Cest ce qui explique aussi qu'un certain nombre de ces désespérés tuent en même temps qu'eux leurs enfants à cause du droit qu'ils se reconnaissent, du devoir même qu'ils se croient de ne pas laisser les leurs au milieu d'obstacles insurmontables.

Et c’est à des nine qui raisonnent à ce point leur acte que l’on veut donner le nom d’aliénés ! On conçoit maintenant combien ces deux termes sont incompatibles entre eux.

Qu'est ce qu’un aliéné en effet ?

Littérairement parlant on dit que le fou est l’homme qui ne sait plus faire la départition entre le rêve et la réalité, qui les confond. Pour lui la limite qui les sépare disparaît, il les vit l’une comme l’autre, se créant ainsi une existence spéciale, rièn qu’à lui, et qui ne ressemble

en rien à celle des autres hommes. Il fait, pour tout dire,

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