RU VE
acte de créateur, car il se forge à lui-même une nouvelle personnalité, avec des qualités toutes différentes de celles qu'il avait avant son accès, et il agit de même avec tout ce qui l'entoure ou l'approche. Le besoin de n’être pas isolé, sentiment tout à fait humain, le force à meubler son rêve de personnages avec lesquels, au début, ilcause, discute, mais qui, un jour, le dominent, font de lui une chose, leur chose à eux, ne lui permettant plus de se dérober à leurs ordres. En un mot, du rêve il fait de la réalité, des fantômes de son imagination des êtres vivants qu'il voit ou toutau moins qu’il entend, et créateur il finit par devenir l’esclave de sa créature.
Le fou ne se décide donc pas après discussion avec soi-même, car le fou ne monologue pas ainsi que le fait l'être sain.'Il n’a que des dialogues et de quelle sorte ! Il écoute fidèlement les paroles de ses interlocuteurs invisibles, il n’a d'oreilles que pour eux, et les ordres qu'ils lui donnent, de par son état mental, la disparition de sa volonté, « malgré lui », il les suit quels qu’ils soient, lui prescrirait-on de mourir.
Nous voilà loin de lPétymologie du mot « suicide », loin de ses caractères : « suicide — sut cœdes » = assassinat de soi-même, qui comporte donc la volonté de se supprimer soi-même.
Comment alors faire intervenir les aliénés dans notre. sujet ? En quoi peuvent-ils nous intéresser puisque, pri-. vés de leur libre arbitre, ils ne peuvent décider leur assassinat ? Faut-il admettre que certains d’entre eux font exception à la règle et se tuent, au sens vrai du mot ?
Certes non puisqu'ils ne font qu’obéir à leurs hallucina-