‹ Du symbolisme dans les églises du moyen ageChapitre 12 sur 30 · CHAPITRE Y II · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y II

Autres exemples de symbolisme dans son application aux fenêtres et aux

roses. — Aux portes. —

D’après ie plan que nous avons adopté, nous venons maintenant démontrer le symbolisme qui se révèle dans les traits les plus marquants d’une église, et qui ne rentre pas strictement dans les quatre divisions que nous avons établies. La grande pensée qui se reproduit dans tous les styles d’architecture ecclésiastique, se résume dans cette sentence de Notre- Seigneur à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde. » Cette idée, d’abord simplement exposée, s’est développée dans son expression avec le temps, en subissant des modifications différentes ; mais nous ne devons pas la perdre de vue comme point de départ , sans nous

exposer au danger de nous méprendre sur la véritable signification de l’ancienne architecture ecclésiastique.

Dans le style romano -byzantin et le style ogival primitif, les fenêtres simples du nord et du sud figurent les apôtres et les docteurs qui ont brillé dans leur temps comme les lumières de l’Eglise ; et l’émail riche et fleuri des verrières indique la variété des grâces qui ornaient chacun d’eux. Mais vouloir symboliser les serviteurs sans le maître, les membres sans leur chef, eût été contraire à ce que l’Eglise catholique a toujours pratiqué. En jetant donc les yeux du côté de l’est, nous voyons

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Triplet ogival.

dans ce trait si connu , le triplet , c’est-à-dire

trois fenêtres accolées , l’emblème de la trèssainte et indivisible Trinité Mais ce n’est pas

possède en elle-même lui vient d’en haut , l’entablement qui part du triplet oriental parcourt toute

tachant ensemble , pour ainsi dire, toutes les au-

1 Nous lisons dans la légende de sainte Barbe que cette sainte , étant renfermée par son père dans une chambre où il ne se trouvait que deux fenêtres , en fit ajouter une troisième pour représenter le mystère de la sainte Trinité.

tout : pour démontrer que tout ce

Entablement ou string-course avec écussons.

l’église (souvent à l’intérieur et à l’extérieur), rat-

très fenêtres à celles de l’est. La porte de l’ouest , comme nous le verrons encore, était un symbole du Christ , et les deux fenêtres qui signifiaient sa double nature étaient en conséquence ordinairement placées au-dessus.

Dans certains cas on trouve une série de fenêtres géminées de chaque côté de l’église , et nous sommes fondés à croire, d’après Guillaume Durand, que cet arrangement était le symbole de la mission des apôtres , lesquels furent envoyés deux à deux.

Il est très-rare de rencontrer une série de triplets comme ceux qui existent dans la cathédrale de Salisbury et dans la chapelle de la Sainte-Vierge à Bristol. On ne saurait rien objecter à cette disposition, sinon d’avoir trop prodigué une forme vraiment admirable et magnifique.

Jusqu’à présent tout est simple dans le symbolisme du style ; mais à mesure que nous approchons du style rayonnant ou style ogival du xive siècle, il devient excessivement compliqué. Les principales doctrines de l’Eglise catholique se trouvent représentées dans chaque verrière, et c’est souvent une tache difficile que celle d’entreprendre de les déchiffrer toutes. Nous en offrirons quelques exemples avec l’explication qui nous paraît la plus

probable, en priant toutefois nos lecteurs de se souvenir, dans le cas où nos conjectures leur paraîtraient hasardées , que l’improbabilité dans un exemple ne doit pas décréditer les autres , et encore moins infirmer fautorité du système. Le silence de Guillaume Durand sur la signification des sculptures est facile à expliquer ; car, en supposant que la publication de son ouvrage ne date pas de si loin qu’on le suppose , elle a toujours eu lieu pendant l’existence du style ogival primitif ; et son silence sur les triplets prouve seulement une chose, connue de tous les archéologues , savoir : qu’ils sont bien moins fréquents dans les monuments étrangers que dans ceux d’Angleterre. Dans les fenêtres du style romano-byzantin , la rose apparaît déjà. Qu’elle soit construite avec des rayons comme celles de l’église de Barfreston ou comme celles de l’église du Temple, elle représente (comme le symbolisme romano-byzantin le fait ordinairement, et comme nous le démontrerons bientôt) un fait historique, celui du martyre de sainte Catherine. La célébrité de cette vierge martyre lui a valu cet honneur insigne.

Église romare (normande) de Barfreston, Kent.

Nous ne saurions citer beaucoup d’exemples de triplets romans ; la tour de Winchester nous en fournit cependant un noble spécimen ; il s’en trouve encore un sur chacune de ses faces. Le transsept sud-est de l’église de Rochester, quoique d’une époque plus récente , mérite également notre attention : il contient deux triplets séparés l’un de l’autre et superposés. Le fronton de l’ouest de l’église de Saint-

Etienne à Caen en offre un exemple bien connu.

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