III. Les corbels, les gargouilles, elc
Les corbels ', qui se trouvent à l’intérieur des églises, représentent généralement la hiérarchie céleste. Les anges tiennent souvent entre leurs mains des instruments de musique et semblent vouloir prendre part aux pieux concerts des fidèles. Cette belle idée est pleinement développée dans les voûtes du style perpendiculaire récent , du haut desquelles les divers ordres de la hiérarchie céleste planent, les ailes étendues, sur tout l’édifice sacré. Cette pensée, il est évident, se rapporte aux chérubins dont les ailes recouvraient l’arche du Testament , ainsi qu’au verset de saint Paul : « Les
1 Les corbels signifient probablement ici les pendentifs, ou bien les clefs de voûte.
choses que les anges désirent de contempler. » Les
bienfaiteurs des églises sont aussi dépeints sur les voûtes. Les gargouilles, au contraire, sont l’emblème des esprits malins qui se retirent des murs sacrés ; et leurs figures hideuses , qui excitent tant le ridicule et la critique de nos connaisseurs mo-
dernes , ne possèdent pas moins leur signification propre.
Il nous reste à aborder la partie la moins agréable de nos études sur le symbolisme ; nous voulons parler des représentations satiriques qui rappellent les tristes dissensions qui existaient entre le clergé séculier et le clergé régulier. Dans les églises appartenant aux premiers , la sculpture des stalles offre les sujets les plus burlesques. Ainsi, un renard prêche des poules ; un moine à tête d’âne est en chaire.
Comme exemples de ces dessins , nous pouvons citer les stalles1 de l’église de East-Brent(Sommer-
1 Délinéations , par Rutter, p. 89.
set). On y voit un renard pendu par une oie, et deux petits renards qui glapissent au bas du gibet ; un singe qui prie, avec un hibou perché sur la tête ; un autre singe qui tient une hallebarde ; un renard coiffé en mitre et la crosse à la main ; un petit renard enchaîné , tenant dans sa patte droite un sac d’argent : de chaque côté sont des oies et des grues. A ces emblèmes si peu convenables , nous pouvons en adjoindre d’autres qui nous semblent profanes et indécents 1 , telles que le baptême d’un chien , qui se voit dans une des églises de Stamford , et d’autres à Saint-Pierre de Northampton, de l’époque normande. Une des plus grossières que nous ayons jamais remarquées se trouve sur le nord de l’arc de triomphe de l’église de Nailsea (Sommerset).
1 II est juste d’observer qu’en les désignant ainsi nous faisons preuve peut-être de l’ignorance dans laquelle nous sommes quant à leur véritable signification.