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CHAPITRE I

Du Symptôme Hémoglohinurie

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L'hémoglobinurie est un symptôme que l’on rencontre dans un certain nombre de manifestations pathologiques et qui ést caractérisé par l'apparition dans les urines, de l’hémoglobine du sang. Le malade pisse son hémoglobine. Il diffère du symptôme hématurique qui est un pissement de sang en nature et qu'il est facile de déceler en constatant la présence dans les urines des éléments figurés du liquide sanguin (globules rouges, globules blancs, hématoblastes, etc...)

Pour démontrer la présence de l’hémoglobine dans les urines, on procède à leur centrifugation. L’urine hématurique redevient de couleur normale, par suite de la déposition des hématies dans le culot ; l’urine hémoglobinurique demeure rouge et l’analyse y montre les deux bandes d'absorption ca-

A0 ractéristiques de l’oxyhémoglobine ou quelquefois la raie indicatrice de la méthémoglobine.

On peut ramener à trois catégories principales, les affections dans lesquelles se produit l’hémoglobinurie :

1° L'hémoglobinurie essentielle, paroxystique qui semble constituer une entité morbide bien définie. Le facteur principal qui la provoque est le froid ; d’où le nom d’afrigore, sous lequel on la désigne ‘aussi. Le pissement d'hémoglobine est le symptôme cardinal de l'affection ; il survient par accès d’une durée généralement assez courte, 5 à 6 heures, et s’accompagne d’élévation thermique — 38° à 39° — avec léger subictère, douleurs lombaires, hépatiques et spléniques. Il est presque toujours sans grande gravité et le malade répare facilement son anémie passagère, provoquée par une rapide déglobulisation.

Errich à pu réaliser expérimentalement cette : forme d’hémoglobinurie. Il place une ligature à la . base d’un doigt et le plonge dans un mélange réfrigérant. On constate que le sang recueilli par piqüre donne, au bout de quelques instants, un sérum coloré en rouge cerise et d'aspect laqué. Une simple agitation suffit pour dissoudre le caïllot au bout de 4 heures (Haye). |

Chez un malade de M. Mesnet on pouvait reproduire à volonté, l'accès hémoglobinurique en le fai-

sant descendre dans un jardin par une température voisine de 0°.

Ces faits démontrent d'une façon précise, l’action exercée par le froid sur l'accès paroxystique.

2° L’hémoglobinurie toxique, provoquée par l'ingestion de certains médicaments tels que l'hydro-. gène arsénié, l'acide phénique, la quinine, l'acide pyrogaHique, etc...

3° L'hémoglobinurie symptômatique d'une maladie infectieuse telle que la fièvre typhoïde, la scarlatine, etc., et que l’on constate surtout expérimentalement au cours d'infections provoquées.

Dans cette catégorie doit trouver sa place une hémoglobinurie d'origine infectieuse probable, mais que l’on ne rencontre que dans la zone tropicale, où elle peut affecter des formes extrêmement graves. Elle débute par un coup de barre rénal, des douleurs épigastriques intenses. L'organisme est envahi par l’ictère ; la rate et le foie sont généralement douloureux et augmentés de volume ; le malade est secoué par des vomissements bilieux qui à la période terminale peuvent devenir franchement hématiques. Les urines se colorent en rouge noir, diminuent de quantité et s’épaississent, arrivant même à se supprimer complètement et le malade s'éteint dans les symptômes d'intoxication urémique ou le callapsus.

Tel est le tableau schématique de la maladie. Elle n’affecte point toujours des allures aussi graves,

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