RASE
mais il est certain qu’elle ne peut être assimilée au point de vue de la bénignité à l’hémoglobinurie paroxystique des pays tempérés. Un même individu peut en subir plusieurs fois les atteintes.
Cette affection, dénommée aussi accès jaune, blackwater, a été sortie, il y a quelques soixante ans, du chaos des affections paludéennes exotiques qui sévissaient sur les côtes de Madagascar par les médecins de la marine : LEBEAU (1848), Le Roy DE Méricourr et Dozré. En 1858 DurrourEau en fit l'objet d’une communication à l’Académie de médecine en la décrivant sous le nom de Fièvre bilieuse grave. Les médecins de la marine qui l’observèrent dans la suite, essayèrent de rechercher les éléments qui donnaient aux urines leur coloration si spéciale. PELLARIN et BARTHELEMY-BENOIT l’attribuèrent à la présence du sang et en firent une fièvre hématurique. FerAUD la classa sous le nom de fièvre mélanurique caractérisée par la présence de pigments biliaires dans les urines. Enfin Corre et Rounaup précisèrent que la coloration noire des urines était due à la matière colorante du sang, l'hémoglobine. Les constatations ultérieures des laboratoires ont prouvé que cette conception était bien celle qui correspondait le plus souvent à la réalité des faits.