POLE
patient s'éteint avec toutes les manifestations de l’intoxication urémique.
Telle est, d’après nous, la pathogénie de l'accès biliceux hémoglobinurique, dérivant d'une hémaqglobinémie préalable, d'origine palustre. |
Mais cette conception est insuffisante à expliquer tous les faits. Nous savons, en effet, que l’hémoglor binémie ne se réalise qu'avec certaines difficultés puisque ce ne serait que lorsque la fonte globulaire atteint le 1/57 de la masse totale du sang que le sérum acquiert la propriété de dissoudre ses PEOPLE hématies.
Dans ces conditions, on était en droit de supposer qu'il existe dans l’organisme, d’autres territoires où s’élabore le phénomène hémolytique. MM. Rosani et CAPpoRaALI (1), en recherchant l’hémolyse splénique dans la malaria chronique et la cachexie gTave; ont démontré que, « dans la rate des sujets atteints de malaria chronique, on peut trouver des substances hémolytiques et même autolytiques, qui, à l'état physiologique, ne sont pas susceptibles d’être mises en évidence par les moyens de la technique actuelle. » M. le professeur GILBERT (2) a montré que « la rate, organe de l’hémolyse, est capable de dissoudre dans sa pulpe un certain nombre d'hématies : à un faible degré, qui constitue l'état normal, elle reste dans les limites de l’hémolyse physiologique ; à un degré plus accusé, elle ex-
(1) Semarrte Eee 20 oct. 19 5.
(2) Loc. cit
Se — tériorise, en quelque sorte, son pouvoir hémolysant avec la fragilité globulaire et l'hémolysinémie. » É SELS
On connaît également le rôle du foie sur la coagubilité du sang et son action sur les globules rouges, qui ont permis à M. CnaurrarpD (1) de décrire un véritable ictère hémolytique. L'hématozoaire peut provoquer des lésions hépatiques qui entraînent ladiffusion de la bile dans le courant sanguin où elle vient, par les cholates qu'elle renferme, dissoudre l’hémoglobine. |
Mais l'organe qui semble devoir être, dans l’espèce, incriminé d’une façon spéciale, c'est avant tout le rein. On sait combien fréquentes sont à l’autopsie les constatations des lésions rénales. Dans les observations que nous publions, nous avons souligné leur importance. PELLARIN et BÉRANGER-FE- RAUD les avaient constatées dès la première heure et reconnu leur nature hémorragique. Le D° Ber- THIER à retrouvé ces lésions et a pu suivre au microscope la destruction globulaire à l’intérieur du rein et à l’origine des premières voies d'excrétion de l'urine. L'observation XVII, nous montre comment on a eu l’occasion de surprendre l’hématozoaire en flagrant délit d’effraction rénale et de constater son passage à travers le rein, en le découvrant dans les globules rouges éliminés par les urines.
Ces lésions rénales nous expliquent pourquoi,
() Semaine Médicale, 28 janv 1909 Semaine Médicale, : 2 déc 1909.