TROUBLES SENSITIFS
Paralysie du nerf ophtalmique. — La constatation des troubles sensitifs donne la signature du syndrome. Leur présence associée aux paralysies motrices suffit à assurer le diagnostic. Ils indiquent, en effet, la paralysie du nerf ophtalmique qui, dans la fente sphénoïdale, partage le trajet des nerfs moteurs du globe oculaire.
Les troubles sensilifs sont des plus variables : depuis la simple hypoesthésie — difficile à mettre en évidence en raison des réponses souvent contradictoires du malade — jusqu'à l’anesthésie complète, tous les degrés sont possibles.
Il y à anesthésie ou hypoesthésie de la région frontale, de la région intersourcilière, de la peau de la racine du nez, de la paupière supérieure et du lobule du
rage
nez. La cornée, les conjonctives bulbaire et palpébrale sont également insensibles.
En revanche, la sensibilité du sous-orbitaire est conservée, Si, entre les trois branches de l’ophtalmique les limites de chaque territoire propre sont souvent imprécises, il n’en est pas de même du sous-orbitaire. Gette distinction est du plus haut intérêt pour le diagnostic. Le sous-orbitaire ne partage pas le trajet des nerfs issus de l’ophtalmique. En effet, tandis que ceux-ci pénètrent dans l'orbite par la fente sphénoïdale, il pénètre dans la gouttière sous-orbitaire par la fente sphénomaxillaire pour venir innerver la paupière inférieure.
A propos de la paralysie de l’ophtalmique, on peut s'étonner de ne voir signaler dans les diverses observations aucun trouble trophique de la cornée. I] est possible que la paralysie du moteur oculaire commun soit pour quelque chose dans cette absence de lésions cornéennes, car la blépharorraphie recommandée dans les cas de kératite neuro-paralytique se trouve réalisée naturellement et la paupière protège la cornée de la dessication et de l'infection microbienne. En tout cas, ce ptosis ne peut être qu'un des facteurs dirimants car, dans des cas où il n'existe pas de paralysie de la paupière supérieure, comme dans les anesthésies tabétiques par exemple, l'intégrité de la membrane transparente de l’œil est constante.
Panas avait pû écrire jadis : « On est autorisé à conclure que la kératite neuro-paralytique reconnaît pour point de départ une altération du ganglion ou des noyaux protubérantiels de la cinquième paire. Par contre, toutes les fois que les complications oculaires font