INDUSTRIELS
ESSIEURS
J'ai l'honneur de vous envoyer la suite de. la discussion . dont ]e vou» ai donné, le commencement daos ma première Lettre; voici ma réponse à la d^roière objectiodl qui, m'avait été faite.
Répansû. U se me sera pas difficile de vous prouver que les industriels composant la commission chargée de Êiire le budget , ne seront point obligés de renoncer à leun^ entreprises industrielles ; ca^ ma réplique sera fondée sur trois faits que vous ne sauriez révoquer en doute, puisqu'ils sont connus de tout le mondé.
Permettes^moi de vous. demander si U. Ternaux a abandonné sea manti&ctures^si M.Beauséjour a renoncé à ses grandes entreprises agricoles , si M. Delessert a quitté son commerce, si M. LaGtte a cessé de faire la banque. Je pourrois vous faire. la même qu^tiom relativement à plui» de jtrente autres
indoslrielft qui tont membres de le CliamlM é»
Députés. Cependant la dernière session les a m*
cupés dix fois plus de tmips fn'il n'en fiiudrailà
nne commission d'industrieb ponr ftûre le imdgeC; -
le TOUS finreiobfferrer ensuile fn'îlenslaf «fepsMi
long-temps , des chambres do commense qnt eeirt
composées d'industriels ; qn*ilc9U8te anssî des oon»
seib de mànufiictiH'es également composés é*iméaF
strieis, et qu'on n'a point iru les membres denses «tp
semblées renoncer à Murs entreprises indusinelloft
M. Basterreche est membre de U chambre de conair
mooe depuis sa fiMrmalion; il est anjourd'hut dé^
pnté^etsamanbon 4iSieommeree wlm pa» cessé d'êtie nue des plua impoviasrtn de la FruMi V -
Enfin , je-^roos dirai $[at la benqtfe de Kraaes est nn étahl isiement qui ocenpe tonte i'année le conseil des régens ^ qni est enticMment eompoae d'industriels, et qu'on no s'est pas aperçu qne les régens de la banque négligeassent lenrs afibires particulières. ...:...
J'ajouterai ,. à l'appui de ois Aâts , deu& considé* rations importantes* - . .«
La première de ces considérations ^eat^qne k budget coûtera fort peu de peine et très peu de temps à faire ^ quand les industriels «iseroni cImn l^és. Ce qui rend aujourd'hui celte opération longÉn et difficile , c'est qu'à la manière dont le proUén* est posé , la question à résoudra oansiste à Àim
|N^er tom IM «db une somme de deux ou trois ceuto millions à k nation , qui n est point employée aux services publics f sans la mécontenter.
Laseoonde*<rf)servation que j'ai îi tous fiiire, est que, .dana loua les temps , ceux qui ont dirigé les aflBûres publiques , sont ceux. qui ont eu le moins d'occi^tîons. Qu'on parcoure toute l'Europe , ^t ^ /ferra que ce sont les rois , les princes , les minîstres, '^ 8'=^*>H'^ dignitaires ^ en un mot , les suprimes directeurs des af&ires publiques qui chaàsent le plus, cpn donnent le plus de ffites , de bala, de grands, repas^ qui frequeiatent le plus Les speo» taales , etc. \ el, en me «ésupnaiit , BIcmsieur, jeds que les industriidb qui composeront la commission ^fhargie'de £ùre Je' budg^^ ne iien>nt point obligés , poor iaire œ t^mui, de mnonoer A -leurs mutrw^ prisjss indnsUîelhil..
L'Oàsef^aêaur. ftedaat que nous considëraijvi les dioaes sons le nyport du budget, j'ai une ai^ ^Jteervation à vous faire.
Vous avec dit, dans TOtre brochure,, que iewisistre des finances devait être toujours pris dans la filasae des tndpatoMk 4^pr«kfessim). Or, je vous&is obsertvr fA*uep^ deaq^itéa indispensables aojour- ^faoî pirar eoenpeplaipliioe dpmiiiislre des finances , mt de parier iv«ec fiMâttéi U finit que. ce ministre aeît oMteur, pout^ ^ém en état*^ défendre ses phms contre lisa eealenfs du parti de 1 opposiiiom
Je TOUS passe encore que le btid^nbît'-Mt' par une commission coinposëe d*!né(ustHbh^y )pitéb qttfe ce trarail n exige , comme vbtti^'atët pftivi¥lt;'^ la capacité administrative^ Mffif iâ *^hitiéê^'4é bunistre des finances n^est pas dlinsli^iMAÊiilS^'lèBsV'tilfe ne peut , comtne je viens de Vous le dire j WitrbC' -cupëe que par ùh orateur. ^ * ' •=*'-'«*'H»''^' »>
Réponse. Il faut beaucoup d'éloqueiMë * fxflfr soutenir un budget conçu dans Tintërêt ^driPgou- Temaïfc; contre Tintërêt dès gouverné»; ct'-tîcttè
"éloquence ne peut jamais être suffisante pour fedi^ S^inôre la nation ; elle a besoin , pour atteindre le but que se "propose rôràtttir, dTétrc soiHenae'p»* une majorité corrompue ; par une majorité directe- ' ment oppôsSe nttx Vrais intérêts dti Roi Wà' Ceux de la nation. Monsieur , le râle des pairTe'ûrs apjirbche de sa fin , celui des faiseurs ne tardera îpa» ft'èom'-* *Sftc'ncer. Le Roi, ainsi que les industriels/sôiif mystifiés depuis long - temps ; par les militaires , par les tonsurés et par les avocats. Ils ne tarderont pas à ouvrir les yeux.
J'ai en effet dit dans ma brochure que la placé de ministre des finances devait toujours être occupée par une personne ayant été pendant plusieurs années industriel de profession. Ce n'est qu'i^prèsy avoir bien réfléchi que j'ai émis cette opinion /-et je suis en état de la soutenir sous tous ses rapports.
GM7) Dans r^tat actuel de^ lumières, ce n'est plus d'être gouvernée dont la nation a besoin , c'est d'être. adoûni&trée 9 et.d'étrç administrée au meil* leur marché .possible ; or , il n'y a que dans l'indu* strie qu'on, puisse apprendre à administrer à bon njarp^e*.
^ Ayez- vous , je vous prie, d'autres observations à me ùdre,?
. VObseivateiir. Oui , j'ai encore trois observa-, tions à. vous faire, qui se rattachent toutes les trois à l'objection que nous avons discutée jusqu'à pré* sent.
. Réponse. Permettez que nous en restions là pour aujourd'hui ,. nous, terminerons cette discussion., dans un autre moment; je désire envoyer le plus promptement possible à mes correspondans une ^onde LeUi;e sur les Bourbons ; il faut que je vous qnitte.pourj travailler.
Ce que j'ai à dire sur les Bourbons est. pour le moment. mon affaire la plus importante, c'est ce qui constitue ma besogne directe : mes discussions avec vous ne.sont dans la réalité qu'un accessoire de mon travail.
Je dpis con^mencer par établir la démonstration pour tous les chefs de travaux industriels, qu'il est de .leur intérêt qu^ la maisop de Bourbon ne conserve aucune inquiétude relativement aux corn-
(1,8) plots que des factieux potiiraient vouloir fermer pour renverser son trône.
I nd j'aurai pleinement convaincu de cette Métous les chefs àes entreprises industrielles, il 1 sera pas diitlcile de les déterminer h pré-
senter au Roi une adresse signée d'eux , ainsi que de tous leurs employés et ouvriers, par laquelle ils déclareront à Sa Maiesté que leur vœu h tous est les Bourbons ; qu'ils désapu' int t s ceux qui cherchent k
entra leur g ive :, et qu'ils les regardent
comme des ennen ( inels de l'induslrie.
Ma t! mra pour objet de dé-
terminer le Roi à une commission prise
parmi les industri< ie pi )fcssion, de lui présenter un projet de bud
Celte troisième i itîon , qui paraît aujourd'hui la plus difRcile à beaucoup de personnes (je dirais presque à tout le monde), sera, au contmire, la plus aisée de toutes, quand les industriels auront constaté leur force politique , en imposant silence aux factieux, et en les forçant de renoncer définitivement à leurs projet.
Le lloi et ta ktàWU royftie récooQaTtrai^'iion (en quelque so'rte fôrcêmetl^) qUe I W iiltfI tWil i fe soiit lés àppuîs 1^ pM ioltfyi qiTîiil plltsâ^ kè procurer , puisque ce s^^t 1^ %it iA iHMètii
("9) présenrëf de Rangers dont la noblesse, le cJergé on Tordre judiciaire n'auront pu les garantir.
.A. 1)1 cour, moins que partout ailleurs, on se laisse conduire par le cœur. Si les Bourbons se sont ligués jusi^^à.cejour a^ec le clergé, avec la no* blesse , avec Tordre judiciaire , et avec les proprîétairas oisifr, c'est ppr la raison qu'ils ont cru que h force politique se trouvait dans leurs mains; c'est, parla raison qu'ils ont pensé que ces classes* là leur étaient plus attachées que les industriels^ ft il ftut convenir que la ftinîUe rojale ne pouvait guère juger les choses autrement, car les industriels n'ont joué, ju^u'à ce jour qu'un rôle passif en politique; du* Hs n'ont point manifesté d'opinion qui leur &fi propre. Que les industriels se montrent ; qu'ils fissent connaître publiquement leurs inten* tions , et ils verront que la fiimille royale cherchera Irar ^alliance; ib verront que le |Loi s'empressera de les |>Iacer à la tête de l'administration , en les chargeant de fiiira Je budget ; ils verront que les Bourbona abandoDoeront toutes les institutions su* rainées , pour ae livrer avec zèle à Torganisation du régiflM industriel.
Enfin, Monsieur, mon projet est de cimenter nne alliaiwe solide entre les Bourbons et les industriels. Or, pour réusnr dans ce projet, il est clair que je dois oosmnescer par obtenir des industriels qu'ils arrivent promptenent el efficacement au se-
Ciio)
toan "AeÈ fiourbms ; car les dangers atiéqMli les Bourbons sont exposés sostéMÛMacoup plus gHads et beaucoup plus pres^ps (| ( i<ipiiw: cswms put les industriels^ qui^ en définkiine^ spnt oertaioft .de Pempbiter suip ^a^Woblessey air lexlei^^Ms«R^W avocats, èi stfr tous ceux qiiî piélttldroat detvfit eitercer une influence plus gnmdéR^'eiiiÈoa égale à la leur sur radmihfstratfoh publMfvé^^^lpndb que r^istence entière des Bourbons se ' trolimicom-promise di^ns ce moment. t >.• '
Adieu donc /MoBflîear^Ji demain pour la ddture de notre 'première fdiseiMâionv > > ! .^^ '*^
. * Messjeu.^s., . .
Une chose importante,- et qtic je Vous peia^e remarquer, c'est que les idées que je prodttis'SonI celles que vous avez trouvées, et qui m'enl'iétë communic[uées par vous; c'est que les faits sur*^^ quels je m'appuie sont ceux que vous avez constatés ; c'est que les principes que je prodaiM sotit ceux que vous avez constitués ; de manière que* ma besogne consiste uniquement à rendre- actif «e que vous vous êtes contentés jusqu'à ce jour- d'établir, d'une manière passive. :
Tout votre acquis , en politique , ne vow a-servî jusqu'à présent qu'à élever des digues pour contennr tant bien que mal les pouvoirs* féodaux et théolo-giques, les pouvoirs despotiques populaires, et
despotiques militaires. J'ai senti que vous pouviei maintenaat Êiire mieux que cela; j'ai senti que c'était vous aujoi|r|4'l}uiL qyi donniez le gros bataillon ; j'ai senti , en un mot, que vous étiez en mesure de constituer lerégiine industriel; car les rois y de même, que ies ^ux, sont pour ies grps baimllom: ainsi vous pouvez , jsans crainte d'éprouver un refus, proposer au Roi et à la famille royale d'abandonner le clergé et la noblesse pour se ^acer à votre tête.
. Messieurs , toutes les docUnnes politiqveâ qui ont été professées depuis le commencement de la révolution , eelle des jacobins , celle du Directoire , et celle de Bonaparte , ont été contraires à ^03 intérêts aipsi qu'à ceux du Roi; celles qu'on professe aujourd-bui nq sont pas m^leures pour les Booi^ hciïï» , ni p^UJ:* voua ; il n'y a que la doctrine industrielie dont l'adoption puisse terminer la révolu*» tion» Vous aye£ rassemblé tous, les matériaux, nécessaires pour.Qrgalûser eette doctrine ; mais ces.msr tériaux ont. besoin d'être coordonnés ; il faut, les disposer systématiquement : c'est ce travail que j'ai entrepris. Je m'y livre, avec le plus grand zèle, et je vous priei d'être.persuadésique je me .tiens pour fort boooré d'être entré au. service de la puissance industrielle.
. J'ai l'honneur d'être , Messieurs ,
Votre très bambl^ et très obéissant serviteur.