III* LETTRE
▲ MESSIEURS LES CULTITATEUES,
«ABUCAVS^ ViOOCIAn^ BAHODIIDI IV à^WÊBS
ESSIKUmS,
J*ai rhouMur de tous coToyer un trôiftîème firag? àt h praottèra dîicattiftn «fue j*ai soulenue fmm ilifcmli ii mom ^fpimùm sur les mêstues à pœmÊU^fomr M m imr lamMfbiiiom.
V4}bse99tamur. Vous èsmmoL Fa wUge an mto* rid tur to ipiikud ; TOUS soWwUiinfiT lathéomà h pralMpie ; ipout iiboa en praouière lifiM liM»IU* orateurs, les fiihricansy Ict ncgocjan^, aînsî qne lee banquien ; et il resiille de cette ditpotilion oi^a^ BMiue ({ue les physiciens^ que les cliimîstes« qae les physiologisles, ainsi que les mathénatîcîeas, ne se tiouTeraienl qu^au second rang, ce qui est mons* tnieiix : car ce sont ces savans qui perfiBCtionnant tous les procédésgénànaux employésdanslacnknra^ dans lesfi^bnqnesdc tous^^enres, dans lecommeice^ ainsi que dans la banque; et il est bien pins diflbâla de perfectionner les procédés généraux que les tails de 1 exécution.
Rép0HS0^ Kanâieur , vou* ne toiu pUoei pas au même point de vue que moi ; c'est ce qui fiiit que Ipus ne nous enieiidons pas : je oonsidère les choses d'une manière générale , tandis que vous ne les en* visages qile sous un rapport secondaire.
L'i>b|ét de mon entreprise est de débarrasser les hommes qui sont occupés des travaux de l'utilité la plus positive et la plus directe, de la domination exercée sur eux jusqu'à be jour par le defgé , par la noblessse, par Tordre judiciaire, ainsi que par lés propriétaires qui ne sont pas industriels, le considère, pour le ttioment, les wvans adonnéffà rëtude des sciences positives eomme ne formant qu'une seule classé avec les cultivateurs , les fiibricans^ les négooialis et les banquiers; mais il ne Hisohe^pottit de ce que je considère en massé oeux qm^é O i Wiftu e ut à la )ptt>diictto»,' que la division oïlré les travaux thifomqnes et les tra'm^ doite di^iiiflre : Ë eii résulte encore tnoins que , tf aprts uiidn ispinioif , les lltébrieiens doivent jouir dViile èdQ^MK<tt|ion inffrieûns à celle qui serar ao^ cordée iiéjL j^rtitksienft. ta vérité est que cette divi' sion ne dtnt pas iBr'occuperidaiis ce moment; il serait «nisMe^ èr mm e rtti e priae ^e je m'en occupasse ^ fmnce que ctdà' eompMquerait mutilemeni mon opératioft*
Cette division s^étaUlra d^iHe^mâme entre les hommes positifi , quand ils se seront débarrusés
de la domination des snbreurs et des fniseur& de phrases; et on ne snurait douter que les décou- -vertes faites dans les sciences physiques et mati)% maliques ne procurent, sou& le régime industrie), le premier degré de considération, puisqu'elles •ont celles de Tutilité la plus géDëraie pour la prospérité de la culture, ainsi que de la fabrication et du commerce.
DeuiL raisons m'ont engagé à m'adresser plutôt, aux cultivateurs, aux fabricans et aux négocians qu'a u X' sa va us , pour les engager à s'occuper d'une manière active de radministralion des intérêts généraux de la nation.
Ma première raison a été que les praticiens ont des moyens d'existence qui les rendent indépendans; tandis que les théoriciens vivent presque tous du produit de places dont le Gouvernement dispose, c'est-à-dire qui dépendent dans ce moment du clergé , de la noblesse, de l'ordre judiciaire et ûbs propriétaires oû^. Be manière que l«aipr«tti)iers, ne courent d'autres risquesY'Qn maat^||fNlt>>Hie opinion géaëreiue, que de siB,priyerde^i9Fp^^-> tive d'un sobriquet de baron, de ronfe ^ marquis ou de duc ; tandis que les théefùieâs eiposentwait leurs moyens d'esistenoe en indiquant à la nalioD les moyens de se débarrasser de l'éteignoir théoUr gique et féodal dotitelle^t encore aflublée. . ■•
Ma seconde raison a été que le,pùuvoir.,ii4w-
nistratif àèvÉM^>mK^'i9mikMtmeni fixé dans les mains des praticiens y et lés -récompenses nationales devant ébre^ accordées pftp eux , les théoriciens res*^ feront à tout jamais , sons le rapport temporel , dans la dépendance des cultirateurs, des febricans, des négocians et des bancjuiers , quoiqu'ils doivent ob^ tenir un plus haut degré de considération que celui dont jouiront ceux qui le leur accorderont. Ce sont les acteurs et les speetatenï^ qui ont fait la réputation des Goitieille et des Molière; et il est de fait ^e ni les .uns ni les' autres n'ont entrepris de rivaliser de gloire avec ^ccs fondateurs de notre littérature dramatique , qui est pour nous une branche d'indtistrîe imputante , quoique secondaire.
Si , mMlheureuâeméht pour nous; il s'établissait nir ordre de choses dans lequel radmîniitration des afiaires temporelles se trouvât placée dans les mains des savans, on verrait bientôt le corps scientifique se corrompre et s'approprier les vices du clergé; il deviendrait métaphysicien , astucieux et despote.
Au surplus , on peut être certain que les physiciens, que les chimistes, que les physiologistes, ainsi que les mathématiciens , seconderont autant qw'il leur éera* possible (sans toutefois s'exposer ^ la misère) les efforts qui seront faits par les cultivateurs;, pnfr les fabricans, par les négocians et par les banquiers , pour commencer l'établissement du régime înduçtriel. .
Tjà yetic I II ■■lHm^iil<* fiûts par des saTans po«iti&, pMr orgw ii ei' If iJ n i oiik» Mitosde 9 d* viie mnîèMMrib ^^ d0 IxiiiilM les dMit «ppfc^cpaiit^ ÉiÉi li imiiwnfc iMipt pombie , ce qui feur ait l»ylm wlili ih 'KH
%mr pour etUL-niaMa et pour 4a iMlé^k -"'*'> -^' '
J'ai égalamoat eonnaiiBaiioti pano ii i la ^ a t w ii vaux sciantifiqiKai » qui ont iMMif 'Skjai f MMaîaat^ mant daaproduka difla naliaii, et partieuUèaaaaant^' eekii daa predvita âgnaalai. Les aaieUoratioBa i août ea damier rapport^ an -mojren de perceneaia de rpute^ 4'<Mr«i<fftuiaa 40 casAïuftf de deMéohe^f^ ■MM et de .-défiMbeniana» poucraiant fjuga a ea ter » peodaiH pbia dp vingt annéaa^.k capital lerrilMW de la Franee^ de plus d'un aiilliafd pe»e»» ' .
J*ai ausai connaissance de prajala ejruBt pear km d'assurer du travail aimnon-piopfaétanMayei^Bbï méliorer sous tous les rapports le sort de eeHa classe <fui compose encore aujourd'hui la flMJorité de la nation ^ tout en accroissant chez ewt lesea»timent du respect dû à la propriété, et d'une autre part , en multipliant les jouissances des richesÉ
J'ui encore connaissance de combinaisoins fiûtea pour remédier aux inconvéniens qui résuUatOBi de la rapidité avec laquelle la population aViecioIr Ira , quand le régime industriel aura fiiit prandpe à la culture, à la fabrication et au commerce^ tout Fesser dont ils sont suscepti)|le^ Ce ^trfvaîL inii
tenue m MyWtiag de colonisatûm large et pea dî»» pendîemb ; -
Enfin j* pitk certifier que tous les travaux sden* tifiquet^ mécesiairc^ à rétablissement du régime industriel.^ existent 9 et je puis certifier également ( l'intention de leurs auteurs ro'étant connue) qu'ils ser(lnt^^plÉilîés dès que l'administration p.ublique sera eoKîo des nains du' clergé, de la noblesse et de IWdre }«idici|inne ,• pour entrer dans celles des cukivateiirs , des fiibricaas et des négodans.
: L*Ok$er9atmir. Je ne pousserai pas la discussion plua loin sur ce point* Je vais passer à une autre consîêération ; je vais tous parler des beaux-arts. J'adnols done que, pour le progrès delà physique, de la CMM et de la pbjBÎologie , ainsi que des matkénatiqiie^ , de même que pour TiHilité de ceux qui cultivent ces scieîices, il serait désirable que l^dministration dea intérêts publics Sortît des mak» des iiobles , des tonsurés et des avocats , pour entrerdans c^ies des cultivateurs , deslabri* cans, des négocîans et des banquiers ; mais votis conviendrez qu'il n'en est pas de même des beauxarts. Le jour oè TadministrAtion générale passera dans les mainside vos lionHnes positifs, sera celui de la mort des beaux^rts, ainsi que celui dé la ruine et de la déconsidération des artistes.
'Réponse. Les Athéniens ont été incontestablement^ de tons les Crreés^ eeux qui se sont le plus
^èst cependant Atjhènes qui^écé^-cbM^J
'"'feiens omi$té lé pltt»'bOttsîééfÉl^
-' A h ilfthàislnmdB AesbiMi
^BSseîitilEfiTCfrtiettl iiiifitifstridiè ^ ^^te'^étttit
; par les Wtikiii qvA étài&nîrût^ tkéjgedmbrii^i^ÊfwÊlt
*FI6Pttioë* '€|uî**t[ iè^"^ClÉ'^fefflèa<lBlH6M vwMifliKw^
l^uit-UrtB ihodernar; ^ . .'^.imiiiiiilM a-»
' Anven ^taititt i4H« ite^tcml» i^hiF^p^ portion gardée de M pofMiMiMr^^iiMlil lea tîitafrprises indâstrielles les 'plus iiBpGrtiRMH;'^irtett'^«ependant k An^enyttiifépo^wiéÊ^'Miê^uÊtiffÊmàs succès dans le commeroe, qu*a été* fcmèié Ifr fAos ancienne et la plus importante école de pemtare qui ait existé , jusqu'à une époque très«iéctiite y ^ dans le nord de notre coiftinent • /• %^ ^ . i
Le plus grand luxe des HôHandam oUBitato dans des collections de tableaux. • .»
C'est une supposition entièrement gratmle^/iue celle de l'indifférence des industriels pev 4es beaux-arts. La vérité est que les nobles, q[«e les tonsurés, que les légistes, dUSi que Jea.^ propriétaires oisifs emploienf^n ^Aiéral lesaeereiaMnens
ifUlk ép)N>UVént dans leurs fortunes, à augitteAte)^ le nombre de leurs valets et celui de leurs chevaux, qu'ils meublent leurs maisons avec plus de recher** che, qu'ils rendent leurs tables plus somptueuses; tandis que les industriels préfèrent employer leur superflu à former des collections de che&-d'œuvre des beaux-arts , ai qu'ils traitent toujours les ar^ listes qui se distinguent avec la plus grande consi-^ dération.iIjes seigneurs classent les artistes parmi leurs firotégés ; les industriels les envisagent comme ^ hommes dont les travaux font prospérer les fabriques, en même temps qu'ils donnent du lustro à la nation.
Ce que je viens de vous dire en dernier lieu est si vrai; cela est si bien senti par les artistes, que vous ne les verrez point rester indifférens au mou^ vendent poUtique. qui constituera le régime indu'^ striel , et ce ne^ sera pas le parti des privilégiés contre les industriels qu'ils prendront; ce sera au contraire le parti des industriels qu'ils soutiendront.
Les poètes , les peintres et les musiciens ont donné aux Grecs l'énergie dont ils avaient besoin pour résister aux innombrables armées des Perses ; ce sont eux qui ont le plus contribué chez \es modernes à inspirer à tous les chrétiens la haine des tyrans; ce sont eux qui ont stimulé les peuples européens à constituer un régime libéral. Soyez «ertain , Monsieur^ qu'ils sauront ennoblir les tra-
( ''io )
vaux (le la culture , de la fabricatioii et du com-' merce; soyez sûr qu'ils tiouverunl le moyen déyfiillerdani l'àine des iiidut^trieU les idées de gloire, ainsi (jue les scBtiiïiens généreux.
£n un mol, Monsieur, tous les travaux qui peuvent contribuer à Tulililé ou à l'agrémeiit de la société, seront plus considéiés, iiûeuKencouragés, et plus généreusement récompensés qu'ils M l'ont été sous aU4,'un autre régime. Le syslèiue ^dustriel est celui vers lequel l'espèce huinniue a tou^ura tendu; ce système sera le système final; tous lea autres systèmes politiques qui out existé, ne doi- Ycnt être considérés que comme des systèmes pvé~, [^aratoires.
L' Obsen'ateur. Quand vous auriez raison , relativement aux sciences exactes et aux beaus-arts, il reste un point plug important que loua ceux que nous avons ifaitéii jusqu'à présent, «t à J'vgknj du't quel je suis certain de vous battpe. Ski» comme cette dernière observation entraînera de longs dé-, bats, et que notre conversation d'aujourd'hui s'est déjà sufBsamracnt étendue , je vous propose de nous ajourner à demain.
Réponse. Je ne m'effraie point de yos menaces; je ne crains aucune de vos attaques; je suit (Mrt> tain de repousser avec avantage celle que vaus méditez, de même que celles que vous avezeSéotuées aujourd'hui, et dans lesqudie» vous imes.
tntil de confiance lors de notre dernière conver* sation.
J'ai reçu la mission de faire sortir les pouvoirs politiques des mains du clergé, de la noblesse et de Tordre judiciaire, pour les faire entrer dans celles des industriels : je remplirai cetfê mission quels que soient les' obstacles que je puisse rencontrer , et quand bien même le pouvoir royal , aveuglé sur ses véritables intérêts , tenterait de s*y oppose^.
C'e&t la philosophie qui a constitué les plus important^ institutions pc^tiques ; elle seule pos* sède des pouvoirs sufBsans pour faire cesser Taction de celles qui ont vieilli , et pour en former de nouvelles qui soient fondées sur une doctrine perfectionnée.
Monsieur , toute institution politique puise ses forces dans les services qu'elle rend à la majorité de la société , et par conséquent à la classe la plus pauvre. #
Si les institutions du clergé , de la noblesse et de Tordre judiciaire , ont dufé grand nombre d'années , si elles ont eu beaucoup de force , c*est qu'elles ont rendu de longs et importans services à la majorité de la nation.
Avant que Tusage des armes à feu fftt perfec* tionné et généralement répandu, la force militaire toAsistait principalement dans les hommes d'armes;
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les hommes d'armes élaient, de toute la société, ceux qui faisaient le métier le plus dangereux, et le plus fatigant. Or, c'étaient les nobles qui, exclusivement à tous autres, professaient cet ctat. A cette époque où toutes les nations étaient essentiellement guerrières, malheur à celle chez laquelle la caste militaire n'était pasvigoureuse, bien exercée, et animée de l'amour de la gloire! Bayard a été, de son temps , 1 homme le plus utile à son pays. Ce héros était un véritable protecteur de l'industrie, à cette époque où les industriels n'étaient pas en état de se défendre eux-mêmes. Il a maintes fois préservé les paisibles Imbitans de nos campagnes des désastres dont ils étaient menacés; il a plus fait, il a introduit une sorte de civilisation et de modéraliou clans l'esprit militaire; il a été dans toutes les occasions un modèle de loyauté et de désintéressement, et il a légué à ses compatriotes le plus utile de tous les héritages dont un citoyen puisse enrichir sa patrie; c'est le souvenir de ses vertus, souvenir qui nous met en état d'apprécier aujourd'hui à leur juste valeur .les services^ui out été rendus à la France par Bonaparte et par ses avides lieutenans.
Je passe à l'examen de ce qui concerne le clergé. Ce sont les moines qui ont conservé les manuscrits desjGrecset des Romains; c'est le clergé catholique qui a civilisé l'Europe. Le cétëbreHume, qui éViit
protestant , et qui , par conséquent , ne saurait être regardé comme suspect à cet égard , en fait la déclaration formelle et positive dans son Iflistoire de TAngleterre; et cet auteur est incontestablement le meilleur âes historiens modernes.
Le clergé a rendu des services importans aux dernières classes de la société , tant qu'il a prêché aux riches et aux puissans les obligations qui leur sont imposa par Dieu et par la morale.
Qui oserait nier que Fénelon , Massillon , Fléchier et Bôurdaloue aient été de zélés et d'utiles défenseurs des droits du peuple? Bossuet est peutêtre Thomme qui a le plus efficacement préparé la révolution. Il a dit et répété avec une éloquence qui a fixé l'attention générale, que les hommes étaiéht égaux après leur mort. Cela a conduit à examiner quelle était la différence qui devait exister entre eux pendant leur vie terrestre, (i)
' Quant à Tordre judiciaire , c'est à ses travaux
(i) n est certain que, depuis le quinzième sièflb, l'institution du clergé catholique a été plus nuisible que profitable aux intérêts de la majorité de la nation; mais il ne faut pas conclure de là qu'il n'ait plus eu que des ineon- Téniens sans avantage. Depuis cette époque il a encore , sous quelques rapports , rendu des services pi en a rendu , comme ^e viens de dire, pendant le siècle de Louis XIV ; il en a même rendu jusqu'à la révolution. Partout où les curés se trouvaient en opposition avec les seigneurs , il
^ue nous avons dû la suppression des jostiœs «eigneariales qaâ étaient la source des vexatians les plus multipliées que les demikvs olassea du peupk avaient à supporter^
Après avoir soumis toute la Fmc» à la justioe royale, les légistes ont encore nqidtfdans plusieurs occasions d'importans services à la dasse eomve^ naUe : on a vu plus d'une fois les parlemens lutter contre nos rois pour défendre^^ droits de la na?^ tîoa; ils <Mit particulièrement montré une grande énergie dans la manière dont ils se sont opposés aux envahissoDoens de la puissance papale.
résnlnûl tonjoan de cette httte ifaetfoes arantaget poer le pe«ple.
Ainsi, j^ai pa dire que le deigé a vtnda de» serriois au peuple sons Louis XTV , sans qu'on ait le droit de condure que mon opinion soit que le clergé , à répeque de la querelle des mollnistes et des jansénistes , à Tépoque dé la révecation de Fédit de Ifantes , ait été un* institution essentiellement bienfaisante pour l'espèce humaine.
U m0lÊt$\% une autre oWerTàtiou bien plus importante à faûre au lecteur ; c'est qu'il est très esdcutiel de ue point confondre le clergé a'vec *la religiou.
C'est le clergé, et ce n'est point la veligiou qui est devenue nuisible à la société depuis le quinzième siècle , et si le clergé est devenu , depuis cette époque , plus nuisible qu'utile , c'est par la raison que sa conduite s'est trouvée en opposition avec les principes sublimes et d'étemelle qui lerveat de base à la religion.
Si aujourd'hui , Motisieur, le elet*gë, la tioblesse ■et Vof^t« judiciait* n'ont plus aucune farce, c'est ifue ces institutions ne sont plus d'aucune Utilité à la pation, c'est qu'elles ne rendent plus de services .aux demièti^s classés de la société.
£t en effet les nobles , qui disaient autrefois le métier lé plus fatigant, forment aujourd'hui la daââè la plus désœuvrée , et par conséquent celle du plus n)auvais exemple pour la société. . .
•Depuis la découverte de la poudre à canon, l'édu- 4cation militaire n'est plus un« éducation spéciale ; après quinze jours d'exercice , tout homme sait tirer un coup de fusil ; et après deux ou trois campagnes il se trouve capable de remplir les fonctions de«gét)éral, pourvu qu'il ait reçu de la nature une grande audace et un peu d'tnteltigencê ; tandis qu'autrefois il fiillajt vingt années de travail à un chevalier pour se fotmer à bien rompre une krnce.
D'ailleurs Tesprit national a entièrement changé Ae direction. Avant la révolution il était essentiellement militaire; il Va encore été accidentellement, et,'en quelque façon , forcément pendant une partie de la révôlutioti; mai» aujourd'hui il est devenu fUfinitivement industriel. De manière que nous ne p6uvôns plus avoir que des guerres défensives ; bientôt même celles de cette espèce ne pourront plus avoir lieu , car la révolution qui s'est opérée dans l'esprit national français s'effectue tous les
( .36 ) joars chez les nations voisines , qui tendent à devenir pacifiques, étant bien persuadées que c'est le seul moyen pour elles de se débarras&er des poiv voirs arbitraires dont elles portent encore le joug.
Quant au clergé, il est devenu pour le peuple «ne charge sans bénéfice : dans l'état actuel iles choses , il coûte encore beaucoup d'argent à la dernière classe de la société; et toutes ses prédications ont pour objet d'établir que les pauvres doivent .une obéissance passive aux riches et aux privilégiés , lesquels doivent eux-mêmes obéir aveuglément , d'abord au pape, et ensuite aux rois.
Depuis la rentrée de la maison de Bourbon ,' ob n'a entendu parler d'aucun prédicateur qui se soît occupé de rappeler à la famille royale ses devoirs k l'égard de la nation; or il est évident que le . peuple français ne peut accorder aucune coufiancc k une corporation ecclésiastique qui voit toute la morale dans l'obéissance de la nation à ses princes , et qui ne travaille point à établir, dans l'opinion , les obligations des princes à l'égard de la nation.
L'ordre judiciaire, bien plus encore que le clergé et la noblesse , a perdu l'estime des Français. Presque tous les juges se sont faits des instrumens ^ pouvoir ; et aujourd'hui , la plus grande partie des présidens et des procureurs du roi professent, en plein tribunal , des opinions absolument contraires Ui droits et aux intérêts de la nation.
ICnfin , ITonsieur , je vous dirai , pour èompléler cette récapitulation , que fti le clergé , la noblesse et Tordre judiciaire subsistent encore, quoique cet institutions ne soient plus utiles à la société , quoiqu'ciHes soient au contraire très à charge à la majorité de la nation, c'est qu'elles ont été mal attaquées, c'est que les conditions nécessaires pour faire cesser leur action n'ont point été remplies.
Ce troisième examen mérite, Monsieur, toute ^tre attention , et je prends la liberté de la réclamer tout entière;
D'abord , il est de fait, d'une part , que les institutions du dergé , de la noblesse et de Tordre ju- *diciaire, ont été suibessivement attaquées pirles philosophes du dix-huitième siècle ^ftpati^Tassemblée constituante et par la convention nationale; et d'une autre part, que ces institutions subsistent en- ^core; d'ofi il résulte évidemment qu'elles ont été mal attaquées. Il s'agît maintenant d'établir clairement et en peu de mots, quelles on^été lesi^utes comipises par les attaquans, et quelle est la manière dont les industriels doivent s'y prendre pour remporter sur elles une victoire complète , décisive et définitive.
- Les efforts philosophiques des littérateurs du dixhuitième siècle, pour débarrasser la société des institutions dn dergé , de la^ noblesse et de Tordre
judiciaire, ont obUMu des Micoèg prompts et lyrilla^; waàiê oea Mlccèt ont été très incomplets^ de mlrae qoe Fattâque Tavait été : eette affiiire n'airaît en lieu qu^enlre liavant^garde philosophicfue et k» privilégiés^ «^ •
Je dis 9 Monsieur, que lattaque des littérateurs du dix^huitième siècle a été brillante, et qu'ellu a obtenu un prompt succès, parce qu'elle a fixé l'attention de toute l'Europe , et qu'elle a été suivie presque immédiatement de l'insurrection de la nation (ontra les privilégiés.
Je dis que cette attaque n'a obtenu qu'un succès ineomplet, parce que les institutions du clergé, de la noblesse el de l'ordre judiciaire , après avoir été terrassées y se sont relevais, et qu'elles tendent aujourd'hui» à se reconstituer : je dis que lattaque a été incomplète , parce que le raisonnement mis en avant a été que le clergé , que la noblesse et que Tordre judiciaire étaient des institutions qui^ à toutes les époques , avaient agi d'une manière nuisible aux. intérêts de la nation , ce qui était faux ; et aussi parce que les attaquans s'étaient contentés de prouver que ces institutions n'étaient aucunement en rapport avec l'état des lumières et de la civilisation, sans s'être occupés de faire connaître quelles étaient les institutions qui devaient les remplacer. «
Enfin je dis que cette affaire n'avait été qu'unit
attaqua d'av^t<*>garde , parce que ce gonl les littérateurs qui ont joué la rôle principal dans cette action , et que les savans, je veux dire TAcadéniie desScienceSi ne s'est pas franchement engagée dan^ cette attaque.
; Voilà, Monsieur, l'analyse de la première attaque :. je passe à celle de la seconde..
L'assemblée constituante a voulu aussi débarrasser la société du clergé, de la noblesse et de Tordre judiciaire. Pour atteindre ce but^^e a usé de son pouvoir constituait, et elle a déclaré que la nc^lesse, que le clergé et que Tordre judiciaire étaient supprimés , en tant que corporations charges d'administrer les aflEaires générales ; mais IW semblée constituante n'ayant point remplacé Taclion politique , qui était exercée par les privilégiés, au. moyen d'une autre action, il s'est trouvé que les institutions qu'elle avait eu Tinèention de supprimer, n'ont été que suspendues.
La convention s'est aperçue de la faute commise par rassemblée cqpstituante ; elle a voulu la réparer, mais elle a employé un mauvais moyen. Elle a senti qu'il fallait remplacer les institutions du clergé, de la noblesse et de Vovâre judiciaire par d'autres tilstituti#ns; mais au lieu de leur iubstituer des institutions plus, en rapport avec l'état des Iqmières et de la civilisation , elle a tenté de faire iS^vivn^ les institutions des Romainfkqui étaient
encore infiniment -plus en arrière de la ciyilnatiait actuelle, que celles de ta féodalité.
Voilà y Monsieur y tes principales fautes qui ont été commises dans les trois plus importantes attaques qui aient été dirigées contre les institutions dhi clergé, de U noblesse et de Tordre judiciaire.
Le seul moyen d^anéantir ces institutions consiste à les remplacer par d'autres plus en rapport avec rétat des connaissances acquises, et des habitudes cehtractées.
C'est une nouvelle doctrine qu'il faut organiser: Fancienne avait fondCla morale sur des croyances ; la nouvelijB doit lui donner pour base la démonstration , que tout ce quji est utile à Tespècoest utile aux individus , et réciproquement que tout ce qui est utile à Tindividu , Test aussi à l'espèce ; et le nouveau code de morale doit se composer des applications de ce principe général à tous les cas particuliers.
L'ancienne doctrine avait constitué la société dans Tintérêt des gouvernans; la nouvelle doit combiner Tassociation dans l'intérêt de la majorité des associés. L'ancienne doctrine avait principale* ment chargé les gouvernans de commander; la nouvelle doit leur donner pour principale fonction de bien administrer , et elle doit par conséquent appeler la classe des citoyens la plus capable en administration^f" à diriger les afifaires publiques. *
: L'ancienne doctrine avifft primitiTement consti* tué Tordre judiciaire pour exploiter une branche des revenus seigneuriaux ; la nouvelle doit établir que la.principale fonebMi dfe§ juges consiste à concilier les parties. ■ ••**' ^ •
Enfin, ran^ÉMNwde civil a eu pour objet de
fixer, leplttiii|4HllliV ^ propriétés dans les mains des familIlNlflMMPpHliiaient , et le nouveau doit 8e.prop0ÉHPMitab9crftiment opposé, celui de faciliter à 4|BPceux dont les travaux sont utiles à la société , les moyens de devenir propriétaires.
Monsieur , en résultat final de la marche de la civilisation jusqu'à ce jour, les institutions du clergé, de la noblesse et de Tordre judiciaire se trouvent soumises à Vèxamen de la philoso|||iie positive : elles ne sortiront de ses mains que réduites en poussière. La philosophie positive imposera silence à 1 awcacerie en politique ; elle investira la puissance industrielle de tous les pouvoirs que les institutions théologiques et féodales ont exercés , et dont la conservalion pourra être utile au maintien de Tordre; elle reléguera ces vieilles institutions dans le passé politique terminé; elles y figureront de même que la division des Lacédémoniens en Spartiates et en Ilotes , de même que celle des Romains en patriciens et plébéiens., de même enfin *que celle de notre nation en Francs et en Gaulois*.
VOhen-afettr. Votre Innga^e , Monsieur , est riflrnile ou sublime : nous verrons plus tard \8qtH>4l(> de CCS deus épitiiètes hii convient le mietir.
Je persiste, malgré fout ce tjne vous venez dp BIP (lire, dans l'opinion que vous nfi serez pas en étni de réfuter mon obîcctiofi^Hile : i demain donc nos grands débats. **^^^*
réponse. Je suis révoIftf^AAR^WMl'que vous conservez dans un mon au vflfflHtriez être
transporté de joie. Quoi! In nation nM^^ie le Roi se trouvent complètement égarés dnns les vastes domaines de h politique ! tout le monde a perdu de vue lé but philosophique vers lequel l'esprit tiumaiti doit se diriger, ainsi Tjue la route de la rililisalioii; personne ne rèconnaft plus ni d'où la société vient , ni comment elle a pu arriver où elle se trouve , ni ce qu'elle deviendra ; le char de l'état est Imbourbé jusqu'aux essieux.*— Dans une circonstance aussi critique pour les gouvemans ainsi que pour les gouvernés , je trouve le fil d'Ariane; Je vous le présente, et vous vous mettez gravement i examiner si ce que je vous dis est ridicule ou Euhlime, Ce que je vous dis , Monsieur, est utile; voilà ce dont je suis certain, Qt je me soucie fort peu du reste.
Je suis décidé à fixer votre attention aujourd'hui même, et avant que nous nous séparions, sur la manière dont je coordonne les faits polili-
ques les plus ^msirquans qui sont arrivés depuis Tépoque oit les eneyck>pëdi8te8 ont publié leur opinion sur Torganisation sociale.
Les encyclopédistes ont eu pour princiflil chef Diderot , qui était essentiellement artiste etlittérateur. Les plus ardens d'entre eux , ceux qui pnt exercé la plus grande influence sur le travail, étaient aussi das littérateurs; de là il devait résulter et il est résulté en effet que TEncyclopédie n'a été qu'un travail très superficiel.
Si l'Encyclopédie avait été faite par des savans positifs, si d^Alembert en avait été le directeur en chef, s'il avait eu pour principaux •ollabt^rateurs ses collègues de T Académie des Sciences, il n'y a pas de doute que ces auteurs auraient appliqué à ce travail la méthode qu'ils employaient joumellement dans -les sciences positives qu'ils cultivaient; il n'y a pas de doute qu'en tête de toutes les parties de cet ouvrage ils auraient présenté des observations sur la marche de l'esprit humain (i), et ils auraient démontré, par -ce moyen, que les institutions alors existantes étaient en arrière dé letat des lumières ; il n'y a pas de doute qu'ils auraient en-
(i) C*est ainsi qu'a procédé d'Alembert , dans le discours préliminaire^ qui est incontestablement ce qu'il y a de meilleur dans l^ncyclopédie ^ et la seule partie dont le caractère soit traimcnt encyclopédique.
suite £)it connaître les institutions qui convenaiocl i J ctat de la civilisation , et qui ser.-iient les klus propres à accélérer ses progrès; il n'y a pas Ae doute enfin qu'ils auraient terminé ce tableau, ea (ra^nt la marclie a suivre et les moyens à em-' ployer pour opérer la transition du régime théologiqtie, féodal el judiciaire , au régime industriel : par ce moyen , la révolution se serait faite sans inconvénient majeur; elle aurait nécessairement toujours occasionné quelques contrariétés à ceux qui jouissaient des abus qu'on aurait réformés; mais il n'y aurait point eu de sang versé , et les réformes se seraictit opérées avec une sage lenteur.
Ceux qui ont dirigé les travaux encyclopédiques ont suivi une marche très différente; je pourrais presque dire absolument contraire. Ils ont agi en ■véritables étourdis; ils ont discrédité le clergé, la noblesse el l'ordre judiciaire , sans prendre la peine d'indiquer les institutions qui devaient remplacer celles contre lesquelles ils dirigeaient l'opinion publique ; ils ont exaspéré le peuple contre les prêtres , contre les nobles et contre les juges, en présentant ces fonctionnaires publics comme ayant à toutes les époques retardé les progrès de l'esprit bumain, ce qui esC absolument faux. Voilà, Monsieur, quelle a été la véritable origine des malheurs qui sont arrivés "pendant la révolution.
En un mot, c'est principalement à la direction
Ticieuse suivie par les encyclopédistes , dans leurs travaux, qn'on doit lattribuer Finsurrection qui a éclaté enx 1789^ ainsi que te caractère sanguinaire que la révolution a pri^ dès son origine.
L'assemblée constituante aurait pu réparer les fautes commises par les encyclopédistes ; mais elle a empiré l'état des choses ,'au lieu de remédier au mal qui avait été fait.
Cette assemblée aurait dû commencer par éta* blir en France la constitution anglaise , parce que cette constitution était intermédiaire entre le régime' féodal et -le régime industriel; parce que l'expérience aVait prouvé que cette organisation était beoucotl^ plus avantageuse à une nation que le système- féoîlal, puisque le peuple anglais avait infiniment plus prospéré que les autres peuples européens qui avaient conservé Jeàrs anciens usages. L'assemblée constituante aurait dû déclarer en même temps que le système politique anglais qu'elle donnait à la France n'était qu'un régime provisoire; qu'un moyen de transition pour passer sans se-' côusses du régime féodal au régime industriel*' Enfin elle aurait dû' prendre ies plus grandes pré« cautions ' pour donner une grande solidité à la royauté constitutionnelle., car cette institution est tout-à-fait moderne; eUe est le produit le plus récent des connaissances acquises en politique : elle doit donc servir de basé au nouveau systèmfe.
Cette asseB>i>lée a suivi une marche tout-4i-fattt diflerenle; I«s députée <^i la composaient n'ant Bontré aucune capackc comme législateurs; ib iont presque entièrement bornés à reproduire t ilans leurs discours les idées qui avaient été émises, \ Its critiques du dix-huitième siècle ; elle a com-^ In faute de discréditer sao» précaution et san» f mesure le clergé, la noblesse et Tordre judiciaire, el ; laËiute bien plus grandeeacore d'avilir la royauté Lctde la niettie dans Timpossibîhté d'exercer ses' I ttliles fonctions.
. Aussi l'attaque directe contrelelVoia suivi, pres-
[' que immédiatement , l'instant où celte assemblée a
\ 4éc1<iré que ses travaux étaient terminés , et le Roi
ne larda pas à périr victime d'erreurs réciproques,
Les législateurs qui remplacèrent l'assembli
' constituante commirent une faute bien plus gravei
encore , ils anéantirent la royauté.
Toutes les institutions politiques qui existaient) avant la révolution , se trouvèrent alors complètement aoéanties; le sol se trouvait entièrement ras; le nouvel édifice pouvait être construit d'après le plan que les législateurs voudraient choisir; et, ehose incroyable , la convention, au lieu de s'efforcer de se montrer supérieure aux législateurs qui l'avaient précédée en formant de nouvelles institi lions, a cherché, dans les ébauches sociales peuples de l'antiquité, une forme de gouvernemenl
pùxït la •nation française , cest-à-dîre'pour celle de toute» les nations modernes qui itvait fait les plus grands pYogfès en civiHsntÎÉfri !
• Les*gouvernemens qui oftt succédé à la convention- ont roulé dans le cercle vicieux oh elle' était entrée; et la nation française n'Ji Secoué la potfssière de ynnti^lé qa'à l'éploque de T&bôfitîo'n du tribtiMtt 'et dû cdttstolat.
Un ^héttA qtiîJo#gnftît fa Vusè h l'audace, s'eSt alors lEfttïpàlpé de la t^ôllilteA ; il n'y avait plus d'opinion puUiqtiîe^ il conçut le projet hardi d'en créer une, le préjrt "vicieuk d'ctt constituer une contraire atix intérêts de Ift ^tf<*eté. Son but était de rétablît l'arbithiirre; povii* détefilAfYl'er la haHoû à Lb supporter, il itri a propre hi jbuissdnce de l'exercer sur ses voisins; il a t^tJAiriA Aâtioh française conqQérante ; fl l'a déterttim^ë h s'ôccupet* d'établir SB domination ftèlt les àûtri^ peuples : par ce mo^n , elle tse i^Mt pas np&t^Mt qu'elle était conquise dans ta propbrtieh 'Aêà cbilquêtes qu'elle faisait ; elle a accepte le titre de grande nation , et eUe a consenti en fnêthe tenfps II supporter ceux de prince atehi-cfaiinceifer , de prince archi-trésorier , et ceux en grand nombre dé duc, de comte et dé baron.
Est arrivée à la Ûh la réaction générale de l'Europe contre la France ; cette réaction étîîit inévitable ; elle a forcé les fVatfi^àis à rentrer dans leurs
.dncioniëy Kmttes ; ^ ont été dépoAiHés de le*f titre ai fféièt natioti ;- im])u îktm de prinee, dn^éne, /^ecômtèet de baro#Aft«eiMiiiuéà rabsitter; Favkimûre <{tit'élie évek eiensé ft-idîtpaMr^vet elle- est ffMfMb Mdste joqg èm cteigéf defa m^ilesM et 'i^VoÊàfejudkiére.' *^ t^-h .•■.-- -i •
Le HotestientHiMiwr 4t ïli-om; y a donnéfà la France la consdtation aèglaise^^est'ieertaîneiDent on pas utile qui a ëté.'fiiil ; maiiiJea avantages qui devaient résulter de ceWfe Ae«m^ ont été,- jusqu'à présent, annuités par le mauvais usage que les ministres ont dît du^bniroirA^ '. .- ^
la réOTgaaisatim de-' ki^nafkm fras^aise a'o^^ rant cent dinqtsttil» tes- après celle de la nation anglaise, Faction du gouvernement français doit être, dans cette réorgHulèation , beaucoup plus limitée que ne Ta été celle do^gbuvemensetat angine , puisque l'arbitraire doit toujours diminuer en proportion du degré d'accroissement des lumières qui font de continuels pr<tgrès. Cela est évident; et cependant le ministère a infiniment plus travaillé à faire une application de la Charte, utile et agréable aux privilégiés qu'aux noii privilégiés qui forment le corps de la nation.
Enfin , Monsieur , en résultat d'une révolution qui dure déjà depuis plus de trente années, voici l'état des choses. •
D'une part, le gouvernement travaille à rétablir
le clergé, la noblesse et Tordre judiciaire; il perd de vue le principe, que les institutions poiîtiques ont une force qui est toujours proportionnée aux services qu'elles rendent à la majorité de la société , et que le clergé , la noblesse et Tordre judiciaire n'étant plus d'aucune utilité à la classe la plus nombreuse, ces institutions ne peuvent plus jouir d*aucun pouvoir durable;
D'un autre coté , les Français non privilégiés , et particulièrement ceux d'entre eux qui , étant les plus pauvres , supportent le plus les inconvéniens de l'arbitraire et du gaspillage des deniers publics , qui ont été pervertis par Bonaparte, ont perdu de Tue , qu'on a d'autant plus de force pour s'opposer à Tarbitraira, qu'on est plus complètement dépouillé du désir de dominer. Us regrettent leur titre de grande nation; ils regrettent surtout le monopole qu'ils ont exercé sur l'Europe ; ce qui fait qu'ils se trouventtrès peu de moyens pour s'opposer aux tentatives que les anciens privilégiés font pour se reconstituer.
En un mot. Monsieur, ni les gouvqrnans, ni les gouvernés né 4M>nt dans la disposition d'esprit convenable pour terminer la révolution. En commençant Torganisation d'un régime social solide , j'ai reçu la mission de fixer leur attention sur les principes qui doivent guider leur conduite politique : je la remplind.
à. mp> 4<W^j o li î i w i rwn i Itttf.cttf relative, à. la.
iu>W9 jOf iWftmt li W I Af 4fMM»i4ii*9aiQds début.
■ I- ■ «•■ Mjbâsieubs.
Cousue pouvez rî^p,,fi4^^d'4«ip(HEUBfc«Bbpoli* tiqu/ç. tim )e Mçpurs4e,la 4>)HjM0fihi^ ; et le» p]ii. k)9P|^!NM^ti^.»PfHIITWi)t>p<^ de
r«9pf^]^^i|Win®4 t'iibélaîrtDkpii^é» doivot» appui. Je vab fiiirç.ujiApprVgémralAli&iphilosttfdm; j^ \ai$ développer, avec euK, el jen^/intina fiiveiir , les plu3 grand» moyens philosophiques. jSouteaez-ooiis , et dans peu de temps les poiivoîcs «politiques .sorti-, ront défipitiveinent des mains dot •clergé , de la no.^ blesse et de Tordre judiciaire j pour .entrât; dans les vôtres ; dans pqù de temps ie^BAÎv voila confiera le soin de faire le budget. - • ■♦ * ' ^
'iim%mxsst^ rétablissement rdaiiégîme indasbriel exige, de votre cpfirt^quelqttes axwees pécuniai^s ; c'est de toutes les spéculations la pkia. avantageuse que vous puissiez faire. Messieurs^ il£nit.de Facgent pour établir. cette coroespondanoe philos<^hique avec tous , les cultivateurs ^ tods . les fajbric^uis et tous les négocians de France qoi.ont ^juelqiie im*
portance ; il en faut aussi pour déterminer des sav<ins choisis parmi ceux de la capacité la plus positive et la plus étendue, à s'occuper de ce travail; c'est bien certainement et bien évidemment lï# térêt du gouvernement de protéger cette entreprise ; mais nous ne devons pas espérer qu'il le fasse : le ministère n'est point composé d'hommes assez éclairés pour sentir l'utilité de ces vues philosophiques. Au surplus , le seul moyen de le déterminer à y porter quelque intérêt , est de lui prouver qu'elles ne vous sont pas indifférentes.
Messieurs, jusqu'à ce jour, vos intérêts n'ont été défendus que par des avocats ou par des métaphysidens; il en résulte qu'ils ont été mal défendus. D*abord , par la raison que ces intellectuels ne sont point personnellement intéressés à faire valoir iros droits poHtiqUes : toute la considération et l'importance qu'ils pourfaient vous faire acquérir diminuerait d'autant celle dont jouissent leurs professions ; iehsuite ils n'ont pas la capacité suffisante pour établir un nouVeàù système philosophique. Sûrement il vous faut des théoriciens ; mais vous devez employer ceux auxquels vous avez reconnu la capacité intetlectuelle la plus positive. Or , je vous demande èi, quand vous avez besoin de conseils, c'est à' des avocats du à des littérateurs que vous voui ' adressez : certainement non ; les géomètres , le^ physiciens, les chimistes, les physio-
logistes sont ceux auxquels vous demandez ce» moyens de perfectionuer vos procédés ; ils sont , Messieurs, de tous les hommes livrés à des travaux d'intelligence pure, les seuls qui connaissent bien vos droits ainsi que vos intérêts; cliargez-les de s'occuper de vos affaires générales; donnez-leur les moyens de les suivre, et vous aurez promptement atteint le but que vous vous proposez, celui de régler les dépenses publiques, puisque vous les payez.
Enfin, Messieurs, je fais une double proposî- , fion ; d'une part , j'invite les intellectuels positifs à s'unir et à combiner leurs forces pour faire une attaque générale et définitive aux préjugés , en commençant l'organisation du système industriel; d'une autre part, je demande aux industriels, qui sont les plus ricbes et les plus positifs, de se coaliser pour donner les moyens à leurs intellectuels de faire et de publier letravail>scicati£que.doDt iU ont besoin.
Messieurs, les pliu grandes difQcultés sont surmontées , grâce à mon zèle pour le service de l'iadustrie. D'une part-, le travail est coannmicé; de l'autre , la correspondance est établie.
Messieurs , songez que l'Europe vous regarde ; songez que les Anglais , que les Espagnols , que les Portugais et que lesiNapolitains, plus encore que les autres, ont les yeux fixés sur vous; songez que ces peuples , moins éclairés que vous ,,
attendent que les Français, qui sont intellectuels ou industriels positifs , leur montrent Tezempleetleur servent de guides, pour chez eux constituer le régime industriel.
J'ai Thorineur d'être, Messieurs,
Votre très humble et très obéissant servitear.