AU ROL
Se ne doute pas <{ue plusieurs personnes qui sont sincèrement atttachées à votre dynastie, et qui croient servir ses intérêts avec beaucoup d^efficacité, ne blâment très vivement les réflexions contenues dans la Lettre précédente, comme irrévérencieuses pour la royauté. 11 me serait facile de leur répondre; mais cet écrit montrera suffisamment, j'espère, lequel de leur système de défense ou du mien peut être le plus r^liement utile aux
Bourbons. Je me permettrai seulement de leur présenter sur ce reproche une observation très simple. Les plus grands ennemie des Bourbons peuvent parler et parlent tous les jours de la légitimité avec le ton dé la plus profonde vénération , sans que cela tire à conséquence : mais je défie le plus rusé d'entre c^ix d'adhérer ouvertement à aucune des assertions concernant les Bourbons qui se trouvent déjà ou qui se trouveront plus bas dans cet écrit, sans se compromettre à l'égard de son parti. On peut aisément déguiser sa pensée , tant qu'il
n'est question que de formes ; cela est impossible ^ aussitôt qu'il s'agit d'une discussion positive et raisonnée.
' Sire , de tout temps la vérité fut utile aux rok ; mais aujourd'hui elle leur est indispensable. Quelle qu'en soit la cause , il est de fait que les prestiges sont dissipés sans retour, on ne peut plus régner par eux. Il n'y a plus aujourd'hui dé droits réels que ceux qui résultent d'iine utilité générale , constatée et sentie. Sans doute, les industriels timnent à la royauté , mais ils n'en sont point amoureux ; ils y tiennent , non pour elle , mais pour eux. On en peut dire autant des dynasties.
Le seul moyen de porter les industriels à soutenir activement votre dynastie, à former avec elle une ligue franche, intime, indissoluble, consiste à leur démontrer quç tel est leur intérêt C'est ce que j'entreprends dans cet écrit.
Gomme une démonstration n'a jamais plus de force que lorsqu'elle est présentée sous la fortne de réfutation de l'opinion opposée, c'est en corn** battant dans tous les motifs l'opinion anti-bour^ bonienne , formée par la noblesse de Bonaparte et inculquée par elle aux industriels , ^u'il convient de défendre auprès d'eux la cause de votre auguste dynastie ; et cet examen doit être fait avec la plus entière liberté. Telle est, suivant ma fermé conviction, la seule manière efficace de servir les Bour-
bans. Au lieu décela qu'on interdise, ainsi que le ministère de Votre Majesté a cru devoir le taire jusqu'à ce jour , toute discussion réelle sur ce sujet, qu'on s'offense de tout ce qui s'écarterait d'une aveugle adulation, qu'arrivera*t-il ? Les factieux feront les plus basses protestations à Votre Majesté, et conspireront contre elle : les industriels, qui seuls pourraient prévenir ces tentatives, conserveront les préventions qui leur ont été in* spirées , et laisseront agir les ambitieux. Telle est la conséquence fâcheuse , mais inévitable, du système adopté par les défenseurs plus zélés qu habiles de votre dynastie.
Qu'on ne craigne donc plus de livrer à la discussion les droits des Bourbons ; qu'on provoque même^ ou du moins qu'on favorise cet examen : ils en .sortiront victorieux. Cela m'est tellement démontré , que si l'on pouvait espérer du parti antîbpurbonien assez de franchise pour expos^u^leh nement tous les motifs de son opinion , j'oserais ipviter le ministère à l'y engager avec confiance , et à lui promettre sécurité entière.
Je suis persuadé que cette mesure , si elle était
^ possible, serait éminemment utile aux Bourbons;
car les argument des bonapartistes tirent en partie
leur force dp leur clandestinité ; ils ne sont pas
susceptible de soutenir une discussion suivie.
Pénétré de la vérité, des considérations précé-
dentei, jW entreprendre , Sire, dans cet éak^ et adresser aux industrieb ôh premier examea dm Topinion anti-bourii>omeiuie«
Yoici les principaux points sur lesqpoela jç pg. propose d'appeler rattention des indjo^^la» .
Les moyens employés par la yiphlnsy de BoW'
parte (i) pour fonder et pour so^l^^^à^iès des
industriels l'opinion anti-boarkomèfMi^y sont de
deux sortes : les uns s'adressent à la -nisofi « les
•autres aux passions.
lu iil I ■ I
(i) En me ftenrant de cette eipreMkm, jcfiierpréieiidé point arancer que tons xeoxqmss Seat laissé silMltkr{»«:> Bonaparte de titres nobiliairest ni même tons ùenx ({ai ont coopéré à son administratiofit fiissent. partis dela.liseiMMi opposée aux Bourbons ; de même qu'en perlant des pro-< jets rétrogrades de Tancienne noblesse » je ne prétends point en accuser tous ses membres : il y a de part et df 'antre d'honorables exceptions. Je prétends encore bien moîn» q^ les membres ciyilset militaires du gouTemement'def BonsgjflJ^ 9 soient les seuls qui composent la £utîoa antiU baurbottiebne. Les Hommes dont ce gouvernement a éveillé l'ambition sans la satisfaire, ne sont pas l'élémei^ le moins dangereux de ce parti.' Les pachas en expectative f Talent bien ceux qui avaient eu le temps d'entrer en jouissance. Mais j'emploie la dénomination de noitesse de Ba* naparte pour désigner le parti coUectiveiiieni , parce quTdler en indique les véritables chefs , c'est-i-dire , ceux ^ai-diri-^ gent les opinions et les intrigues de la faction» et.poiar Jef quels seraient les principaux bénéfices df l'eaMTcprise jcoaamune, en cas de succès*
Les premiers forment une espèce ^e corps de doctrine , qu'on peut réduire à cette idée principale : a En thèse générale, un changement de récc gime politique exigea pour se consolider, un <x changement de dynastie : le régime parlemenfc taire n'a pu s'établir définitivement en Angleterre, « que par l'expulsion des Stuarts; une mesure anaff loguè est aujourd'hui nécessaire en France, et « par les mêmes raisons. » Tel est le résumé fidèle des raisonnemens les plus liés de la faction antibourbonienne.
Pour prouver aux industriels la fausseté de cette doctrine , je leur fais voir qu'un changement quelconque de dynastie n'est propre qu'à les détourner de leur but véritable, qui est l'établissement du régime industriel , en leur .faisant .porter sur les hommes une attention qu'ils doivent réseihrer toute entière pour les choses; que d'ailleurs Tarbitraitre, bien loin de ^afïaiblir , se rajeunit nécessairement , quand le pouvoir passe en de nouvelles mains. Je leur représente que ces deux inconvéniens généraux existeraient au plus haut degré possible, dans un changement fait par la noblesse de Bonaparte ; qu'un tel changement aurait pour conséquence naturelle et immédiate d'augmenter l'influence politique des mihtaires et des légistes, qui est le plus grand obstacle aux progrès de la cause industrielle. Enfin , je leur fais observer que la véritable cause
ire de leurs préjugés contre les Bourbons,
Ds leurs U^ituiles d'inactivité poltti(|ue, et
innre de leurs propres lumières , qui les por^
1 clierclicr •'>u dt-liors ce qu'ils ne peuvent
r qu'au didnns d'eux-mfmes, les moyens d'é'
le négiine industiiel. Quant à l'exemple de
g(<;terre, ce qui induit en erreur, c'est qu'on
distingue point entre modifier le pouvoir royal,
ce qui était le cas de l'Anglelcrre.et le reconstituer,
ce qui est aujourd'hui le cas de la Fiance. Pour
l'un, il était utile de changer la dynastie; mais
pour l'autre, il e$t au contraire de la plus haute
importance de U maintenir.
La seconde espèce d'iofluence anti- bourbonienne, exercée par la nouvelle noblesse sur les industriels , consiste à mettre en jeu leur aqiourpropre oittjonal. D'une part a. elle exalte sansau- <j^p pu4^i)C et par toit» tes-' wpjtens imagiitables , 1^ gloire militaire acquise so^s Ja, fJptfiin^ipa de Bonaparte; d'une autre part^«m>'«frcirce de persuader, avec toute l'astuce powbWquelaFraacQ aperdu toute sa gloire par If n^w dçs^lE^u^boD». Sans doute il me sera aisé de. Ëtire sentir aux, iq^ustriels l'absurdité et l'iojiHtice d^ cef^e cpm^ paraison. Il sufBt de leur reff^senter que. s'ili t«r gretteat la gloire militaire, ce, n'e$t oertaiiuHnçat qu'à défaut d'une, autre; que lesBourbons,pei4venC procurer à I« .France le plus haut dfigré d'ilUistra,-
liûfi poUliqtte et' pUlosopUqoe y eu. frcfwoqaaeat l'étaldîsseineBt du régime indastrîel ; mais <|iBe les eraintes tr^ fondëes qu'ils ont depuis leur rentrée, les obligent de donner tous leurs soins k leur coflh serrMion. Le ipeproche de ne pas ounir à fai nalion française im nouveau champ d^actirité et de gloire est toot-inliit déraisonnable de b part des industriels qui poonaienlt diisiper ces craintes, et qdi aie le font pas»
Tek sont, Sîve, en aperçu, les moyens principaux que la fection ennemie de votre dynastie emploie pour agir sur les industriels. Us paraissent et ils sont effectivement peu proportionnés àr la grande influence fffd en est le résultat Aussi leurs effets seraient-ils presque insignifians, et ne mériteraient nullement d'occuper Tattention de Votre Majesté, s'ils n'étaient puissamment secondés dans leur ac* tiôn par deux causes également importantes. La première , est cette inertie politique des industriels, qui les porte à se croire de bonne foi incapables de traiter ou seulement de juger par eux - mêmes les discussions d'intérêt général, et qui, par suite, leur fait adopter de confiance les opinions des élèves de Bonaparte qui se sont si adroitement constitués les défenseurs des intérêts nationaux. La secoiide , est IVnfluence plus ou moins étendue que le ministère de ^otre Majesté n'a malheureu* sèment cessé, de donner jusqu'à ce jour à l'ancienne
fiàéifat, A puor m fiaaa » h «ck dr U cause il lll f
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