III. < -^ >< formation de la doctrine
tl. .^•■t système industriel, comme
»■ . ^ base au système féodal, est
t .M-.»^t urgente; car cette doc-
^»«uie pour tranquilliser sur vos i«mcns, et même les peuples pas perdu le souvenir des
[ plus complet, en ce qu'il sera
ituel, tandis que, dans l'ancien
lien entre les différens États de
npport spirituel ; I! y avait opposî-
npport temporel. Maia il ne faudrait
mporel, très-positif et très-précieux,
entre eux, jusqu'à un certain de-
de l'industrie, et qui tend à.
plus, pût dispenser d'un lien spi-
dévastations commises en Europe par les chefs de la faction à laquelle vous accordez si follement votre confiance politique.
Les souverains , Messieurs , sans être aussi éclairés ni aussi irrépréhensibles que le prétendent leurs courtisans, ne sont pas non plus aussi insensés, ni aussi malintentionnés que veulent le faire croire leurs adversaires ; quoique les vices de leur éducation ordinaire tendent constamment à leur masquer le véritable état des choses, ils finissent néanmoins par sentir peu à peu le besoin des perfectionnemens réels, qu'exige positivement Tétat de la civilisation et des lumières. Vous en avez eu dans ces derttîers temps dés preuves multipliées , et jusque dans rOrient de l'Europe (i), quoiqu'il soit beaucoup moins avancé que TOcpident. Ils repoussent fortement les doctrines purement critiques, et par conséquent révolutionnaires, parce qu'elles ner tendent qu'à. placer dans.de nouvelles mains les pouvoirs existans; et en cela, ik agissent conformément à. Tintérêt général, en même temps qu'à leur intérêt particulier. Mai;» l'expérience et l'analogie vous
(i) Cest ce qn*ëtablît de la manière la pins nette et la plnftTematqoable; le discèiirft prononcé par Sa Majesté rËmpereur de Rvuiey i rouvertnre de la <lemière diète àe Pologne. Ci dkoonrt est tout- à -fait marquant par la
vstesse et la sagesse de plusieurs idées qu'il contient.
''rr>
Messieurs, la doctrine qui doit servir de base «u systèifi^ industriel ne peut point évidemment ftre faite par vous. Un immortel physiologiste , Bickatf a établi comme une loi de l'organisation humaine que les différentes capacités dont Tesprit linmain est susceptible s'excluent mutuellement Veixpérience et le bon sens vous confirment jour- QeHeiBent dans la vérité de cette maxime émioemiBeat sociale , qui fonde sur une base inébranlable la nécessité des séparations et des combinaisons de travaux. Possédant à un haut degré la capacité pratique^ vous ne pouvez point posséder, Mes^ i»eurs, la capacité théorique positive. Elle est le parta;ge ex<^iusif des savans adonnés à l'étude des sciences positives, c'est-à-dire des physiologistes^ ^es chimistes, des physiciens, et des géomètres. C^est à eux seuls qu'il appartient de vous 6ire une théorie; eux seuls, entre tous les hommes occupés de travaux d'intelligence, ont, en même temps, contracté les habitudes d'esprit nécessaires pour suivre cette entreprise , eux seuls ont acquis les données indispensables. Les légistes, les métaphysiciens, et les littérateurs qui aujourd'hui sont tous plus ou moins métaphysiciens , ne doivent pas avoir plus de part à ce travail que les théologiens.
Pour déterminer les savans à organiser là doC" trine industrielle, deux conditions doivent être remplies. L'une, par vous ^ et elle doit consister
dans la garantie que vous ofMrez aux'^Tans qui voudront coopérer à ce travail d'obtenir utie existence à l'abri des caprices idtes gotivemàiis , quf pourraient, dans l'origine, étant mal conseillés, vouloir s'opposer à cette entreprise, et qui tiennent presque tous les savans dans une étroite dëpen-^ dance temporelle. Quand mênie ^l'opposition des gouvememens n'existerait pas, en effet, ice que jef suis très porté à croire, au moins pour l'instant où le caractère de l'entreprise sera bien établi , néanmoins l'inquiétude que les savans en concevraient serait suffisante pour ralentir leur zèle. Vous devez donc donner aux savans une entière sécurité sous ce rapport, et cela dépend absolument de vous.
Xai seconde condition dont j'ai parlé est d'une autre mture. Les savans ont bien et les élémens du tfwaî! théorique nécessaire pour la formation de kl doctrine industrielle, et les dispositions intellec-i tildes indispensables pour cela ; mais il leur manque Kdêe générale de ce travail , sans laquelle néaninoiiis il ne pourrait être mis en activité, puisqu'il fini qu^un noyau de doctrine serve de lien aux Siemens complets , mais isolés, que les savans possMiral> pour que la combinaisoi? de leurs capacités widi\idueUes puisse avoir lieu. C'est aux philosophes M6Àli& , c'est-à-dire aux hommes occupés à obser- ''Wr ^ à coordonner les généralités positives, qu'if uMs^nt de remplir cette importante fonction.
Aucun philosophe ne se présentant pour obéir à cette grande mission , que l'état de la civilisatioa met réellement à Tordre du jour, j'ai osé m'en charger. Je serai heureux si mon travail peut déterminer à s'en occuper un philosophe positif plus habile, ou si bientôt je puis avoir aàsez avancé l'entreprise pour pouvoir la remettre entre les mains des savans, ce qui est l'objet de tous mes vœux.
Afin de compléter, autant qu'il sera possible, l'aperçu rapide et général de la marche qui doit être suivie pour l'établissement de la doctrine philosophique industrielle, je dois ajouter une observation importante.
A la manière dont .je viens de vous parler, les conditions nécessaires pour coopérer à q^ grand • travail théorique peuvent paraître trop exclusives. Il vous semble , sans doute , que les métaphysiciens, les littérateurs et les publicistes distingués que nous possédons , ne seraient pas de trop dans un tel travail. Mais il est fort essentiel de ne pas confondre, comme vous le faites vraisemblablement , la formation de la doctrine avec^a vulgarisation. Pour la première, lessavans positifs seuls peuvent et doivent y coopérer. Admettre des collaborateurs d'un autre genre de capacité serait un moyen infaillible de dénaturer le .travail ,. ni de le rendre aussi incohérent que l'Encyclopédie. Mais , à mesure que U
( a4<ï ) dœtriae ien (brtoée, die devra passer entre tt* msisft d<« boiOMels qui peuvent la répanâre, elen ficihler radoptron par qnelqiie moyen cpie«e soit, r6te «ilqwel tes ttivaai Bout natnrdiemeiit impropre!. Cette secondecfipècc<l',-tction, quoique beantmmfi plos fiicHe àe««roer qtre la première, n'est pH moins m^ipetis^te iqv'ejte an succès intégral de )'eWrepris«, à l'^taMisseniont de la doctrine industrielle. Or, sous ce rapport, non-seulement ies htténrteara, les métftpdijnncîens , Iss théologiens nSmë, BiBJs toasles hofMBMBJ^i, sans être occupé» èetrtttim^i'iirtelligenco, exercent ï«r l'esprit d'tin Wr%Mi iMnbpe â'individm uwe influence quelooti' que, sont appelés à participer au succès de ce grmd travail, 6*118^ ant la volonté.
SÎK A^essieurs, la^randei'éralutfonàlaijaelle Hwblw 'd'espèct buniMne «st absoJiineat tienve d/HÊis 'son faisloire ; elle est pour elle un point de départ absoliiment nouveau. Jusqu'à présent le systèns «nnitif ftHidé sur la force et sur la ruse , et dortt l'origiite remonte as bereeau de la société, a toujours subsisté. Les révolutions les plus importantes n'ont fflil encore fju'opcrei- dans ce système ies nodiScations plus ou moins considérabies, qui tea ont point change la nature inlinu. C'est au- ^ud'hui, pour ta première fois, qu'en résultat o^ de toutes ces modifications préparatoires , l^ggghwinine passe nu système absolument op-
(M7) |)08é, kcelvàcpïi, au temporel, est ibndé sur im intérêt •positif eommuti^ et, ait spirituel, sur les démo»'stratitms posîtiret; Tous les travaux de Tespice bumaine , depuis sa réunion en soeiété , jusqu'à présent, doivent être envisagés comme ayant eu pour objet de la préparer à rétablissement dé ce système , a la formation immédiate duquel elle se trouve maintenant appelée dahs les pays les plus civilisés , et spécialement en France.
L'époque qui présente le plus d'analogie avec la notre, est celle où la partie eiviliséede l'espèce humaine a passé du polythéisme au théisme , par l'établissement de la religion chrétienne. Cette époque est done la seule dMs laquelle nous devions chercher quelques indicés probables de la marche générale que suivront aujourd*faiiî les événemens. Or>, dans -cette mémorable révolution merak,on distingue très clairement les. deux sortes d'actions que je viens d'indit^uer : d'un» part , la doctrine chritienne a été coordonnée systématiquement par les philosophes de l'éeole d'Alexfimkie ; ' d'une antre part , elle a été préehée et répandue par de» hom^ mes sortis de tMtes les classes , et même de celles dont l'ititéfét partieuli#étftii ie plus en opposition avec ie nouveau système. Il eii sera absolument de -même de la doctrine itiikistrielle. Les savaiis posttifs seuls toneourront è ^a formation. Mais toutes les dassesde la sodété , sans eti excepter celles des
ter à tous vos amis depuis 1789, elle saura bien résister à vos ennemis. Que le parti de la nouvelle noblesse soit désappointé par les dernières élections, je le conçois : son existence factice et éphémère , est , en effet , vivement menacée. Mais vous. Messieurs, si vous avez le bon esprit de ne pas prendre ses intérêts pour les vôtres , que pouvezvous redouter d'un tel événement? Le triomphe de la cause industrielle est le résultat nécessaire de tous les progrès que la civilisation a faits jusqu'à ce jour, non -seulement en France, mais dans toute l'Europe occidentale : aucune puissance humaine ne saurait l'empêcher.
A la vérité , « ce triomphe pourrait être retardé pendant un temps plus ou^moins long ; mais j'es^ père vous prouver, Messieurs, que, bien loin d'avoir un tel effet, le résultat des dernières élec^ tions doit tendre à avancer sensiblement le jour de votre succès décisif, et que , par conséquent , au lieu de vous en plaindre, il faut, au contraire, vous en féliciter.
La démonstration que je vous annonce sera l'dbjet d'un travail spécial, que je me propose de mettre sous vo». yeux d'ici à peu de temps. Je parviendraiy je crois, à vous convaincre que, à défaut d'électioBS toutes industrielles ( que vous n'étiez point encore en mesure d'obtenir cette aiv née), celles quitmt eu lieu sont les plus Ëivorables
fmsaia soidiaiter po w tôt kiléd^ l!e»ykctt effet, pkisîeiws cinisîdëratioM d»
tectcs. le ne borne aujonrd'hai à Yô«i '«n iiid»-' ^«er one scttle ; cc&t Taperrade ce qui arrivera .vraîsembiableniefit, en résultat direct et immédmt «les élections dernières. Je sais: obligé, quant à présent , pour tous présenter cet aperçu te phas proimfr teraent possible , de me reliâmBér presque dam renoncé pur et simple de mes conjectures : votre jugement en appréctera la probabilité.
L'ancienne noblesse , se trouvant en majorité à la chambre des communes dans la session prochaine, soit par elle-même, soit par sa clientelle, •il n'est pas douteux qu'elle prendra son essor dans Je sens nétrogrâde; elle tendra directement et de 4out aoD pouvoir à la restauration de ses privilèges, •et méamà kt restitution de ses biens. En un mot, elle travaillera au rétaMissement de rancren ré* .gine, av«c toute l'àiergie de gens persuadés qu'il ^^agît d'un dernier effort , et qu'il faut^ à tout prix , profiter d'une occasion qui ne se reproduirait plus. Le mtoisIÂre leur prêchera la modération ; mais la paasMMi sera tM>p vive pour qu'il puisse être écouté. Aussitôt que la direction rétrograde se prononcera ^ l'inquiétiade se répandra parmi les acqué- «renrs de donaines nationaux , et bientôt un mé- CQOleiilenent général commencera k se manifestât^ la naton. 4 la premièi*e tentative de quelque
f iiiportafice faite par Tancienne nobksse , ce mécontentemeirt se changera €n ane vive o{>posîûoQ^ qui croîtra de jour en jour.
La leodalité de Bonaparte ne manquera pas d'intriguer pour tirer parti d'une tdle disposition ; cHe emploiera toute rinfluence qu'elle exerce sur les «sprits, pour essayer de déterminer la natîdi à im changement de dynastie.
L'opposition nationale dairemeat manifestée , et Jes chances évidenteis de succès «pi «n réiiiteeront pour les projets ambitieux de la nouvelle noblesse^ alarmeront la maison de Bourbon. £lle commencera à ouvrir les yeux ; elle TecomMÛtra que sa liaison avec TaQicienne noblesse , bien loin de lui offrir un soutien, ne èend ^ au contraire /qu'àcomproiiMftlre son é&tstence\9 an k oonstituant auK 3reuK de iii nation , en opposition ;<ttiv«rte affec le vwu £artejnent prononcé de l'innMBse nMJorité.
C'est alors ^ iMessieurs , lepse si vous savez tenir une conduite dictée à la fo» |Mnrles impnlsiims de la générosité et piar les calculs de la prudence , vous pourrez détermiiwr «ur -le -champ le commencement du triomphe de la cause industrielle.
Dwas un état de choses td que celui ique je viens de décrine, la maison de Beuriboasentira infailliblement la nécessité de changer pour jamais son système de politique ; elle sera portée ^ d'une part y à arrêter les tentatives de l'ancienne noblesse,
«LdiasolTant la chambre des communes; et, d'une sntre part, die cherchera à se procurer ua appui solide qu'elle ne peut évidemment trouver -qu'en voiit. Néanmoins , l'incertitude de vous trouver ATorablement disposés pour elle, la tiendrait vraii- •eroblablement en bésitation.i Mais si au lieu d'at> tendre qu'elle demande votre-alJiance, vous.Toin empressez de la lui offrir , vm» ne pouvez pas r qu'elle ne ^oit acceptée avec toute bien- , etmaintenue avec franchise. Exprimezlui alois dans une adresse la volonté ferme et unanime de rindustrie française de faire immédiatement cesser le danger de la position dans laquelle les circonstances de ce genre placeraient la maison de Bourbcm, et de garantir à tout jamais la possessîoB. paisible de la royauté dans sa dynastie envers eteonlfetous les ambitieux. En échange d'un , service aussi capital, vous la trouverez évidem- . ment disposée à se mettre à votre tête, à s'investir du caractère. industriel, et à adopter toutes les .mesuns nécessaires pour que le budget soit fait et discuté parvous,et conséquemment pour vous. Bar là, le travail organique du régime industriel i' sera de feit mis .en activité. Dès ce moment, ce Mmcwt constituera peu à peu légalement sans «BartBj tnns «ise>'etpQur ainsi dire de lui-même, k-BMStm WB y» idées^e formeront et s'éclair-
Le succès que doit obtenir la marche que je vieus de vous indiquer, me semble dériver nécessairement de Ta^ipir politique très prochain dont je vous traçai l'esquisse. Or, cet avenir me parait devoir être le résultat inévitable de. la majorité dont Tancienne noblesse va se trouver en posses-^ sion dans la chambre des communes par le fait des électioïis dernières. Mais pour dissiper, à cet égard, toute incertitude, je crois devoir vous présenter sommairement une autre considération fondée sur une expérience directe et peu éloignée.
Vous ne doutez nullement. Messieurs , que le rôle que va jouer l'ancienne noblesse, dans la ses^ sion prochaine, ne soit à peu de chose près la répétition de celui qu'elle a joué en i8i5. Seulement il est très probable que , sans s'amuser encore à ses vengeances , elle marchera plus directement au but de recouvrer ce qu'elle a perdu, circonstance qui rend encore plus vraisemblable la reproduction des conséquences de i8i5i
Or, quelles ont été ces conséquences. Messieurs? D'abord, l'ordonnance qui a congédié les introu« vables, et, dans la session suivante, l'adoption de la mesure politique la plus importante qui ait été prise depuis; 1789, en faveur de l'industrie, c'està-dire , de la loi qui a admis une portion notable d'entre vous à l'électorat.
lAcoaidiiit<<|uebrojrauicn tenue dans de telles ■■iwilMuil, 'vouse«tii& sûi' garant, Messieurs, que cela qa'ctie tienc)r>d»ns lescirconstances anatogues qai se prépavent, vous sera an moins aussi' arantagcusc Mais il est évident qu'elle le sera beauc<Wip plus si tous déployez, dnns cette occa- ■ÎM), la génécout^et ta sagesse qui conviennent à Totr* canctire politique. En premier lieu , les cir- CMtttances seront nécessairement encore plus près-' UDtaa qu'en t8i5 pour la mnison àe Bout-bon , parce tpie tes £)lttes que fera l'ancienne noblesse seroDL plus graves. En second lieu , si vous adoptez fraudtepifliit et irrévocablement des sentimens favonble» à la maison de Bourbon , et que vous lui ea j<"y>'*«' une preuve décisive en la préservant des péïï& auxquels vont l'exposer les folies de faMoeme aoblèsse et l'ambition de la noitvelle , v«iM m latiriax douter Qu'elle ne soit disposée ^ abatraotion faite de tout autre motif, à traiter avec vous pbu &vorabteinent encore qu'après In session de i8i5. Rappelez-vous, en effet, qu'à cette der- BÏim ^aoque, vous veniez de laisser faire le 3o UMN , et que vous montriez des apparences tr^ . propres à inspirer de la défiance à la maison de Swrbon. Si donc la session de i8i5 vous n valu TOtro admiasion à l'électurat , dans une certaine proportion, vous devez naturellement penser, par les deu^c moti& précédens , que celle qui va s'ouvrir
pourra vous valoir , votre conduite étant supposée telle qu'elle doit être , la formation et la discussion du budget par vous, c'est-à-dire, la mesure qui vous ouvre directement l'entrée du régime industriel.
Ainsi , Messieurs , tout bien considéré , il se trouve que ces élections du résultat desquelles vous êtes si singulièrement effrayés , peuvent vous anîener, suivant toutes les chances naturelles, et assez prochainement, à l'alliance décisive et si désirable de la royauté et de l'industrie, et au commencement d'organisation du régime industriel , but con- ' stant de tous vos vœux et de tous vos efforts. Il serait vraiment impossible de concevoir de toute autre manière des circonstances aussi probables , où votre cause pût faire autant de progrès en aussi peu de temps. Croyez -vous, en bonne foi, que vous puissiez obtenir des succès d'une telle importance , en supposant que vous fussiez parvenus à peupler la Chambre des communes de généraux de Bonaparte et de beaux parleurs?
Après vous avoir exposé les heureuses conséquences que peut avoir pour votre cause le résultat des élections dernièr^es , et après vous en avoir fait pressentir la probabilité , il me reste. Messieurs , à appeler toute votre attention sur la condition que vous'ilevez indispensablement remplir, pour que ces espérances n'avortent point. Elle consiste, ainsi
que jel'aî indiqué plus haut, àvous mettre en état de développer, aussitôt que les circonstaoces qui se préparent seront arrivées à maturité, le caractère de générosité et de sagesse politique , dont je vais en peu de mots vous retracer l'esquisse. D'une jiart , vous devez offrir votre appui avec empresseinenl à la maison de Bourbon , au moment du danger; el , d'une autre part, vous devrez réclai^a d'elle le droit de formation et de discussion du IiLidget, que, en reconnaissance d'un tel service, elle se, glorifier^ d^ yo^s aceprdçf. , ,, . ■ „- Ce 49^^t^ ^ut exigée, de voj^reD^t^ K[essjeu|^, une doubl.e préparation ; l'une, dqps-vosbabi^udg^j l'autre, dans vos idées.
Pour que vous puissiez voi^s lier fraDchement ^ la tnaison de Bourbon , il faut c^ue vous soyez, revenus de l'iojiifte .défiance que la fépf^atité de Bonaparte vous a inspirée contre elle; il faut, en général , que vos opinions soient suffisamment purgées de l'influence des militaires et des légistes , qui . tend toujours , par sa nature , à mêler à, votre désir du perfectionnement de$ institutions sociales, ses idées insurrectionnelles , soit militaires , soit popU' laires.
Pour que vous puissiez réclamer le droit de faire et de discuter le budget, il faut évidemment que y(>us ayez, arrêté vos vues sur ia manière d'exercer Cç.droit, et que, de plus, la supériorité du budget
( aS7 )
J|ùé tous ferez sur U>us ceux qui ont été faits jUs& c[u'à ce jour soit sufiSsamment constatée et sentie; il &uty en un mot, que vous ayez une doctrine.
Yous concevez . sans peine , ■■ Messieurs , combien il est indii^MX^sable que les circonstances que je vous aisignalëesé^otts troun^nt prêts -sous ces deux rapports. Mais Vous» .^eoyez avec la même facilité ^ d'apfès i'aperçù' que je vdu» ai ; présenté , i{ti6 si jcette doublé condition est bien remplie par vou^i, h) çommenceMsat dui triomphe dà la causé indù*^ alrielle vous! estpâresque in£ûUiblement assuré, par ces mêmes «t^rbomtance^, pour une époque très ^appspchée. ' Tout se réduit donc , de votre part^ à cette importante préparation., qui est, isans con^tredit , difficile à compléter dans le délai probable que vous pouvez présumer^ mais qui est fort loin d'être ipnpossible , si vous le voulez avec énergie^ et si voujs vous, y déterminisz promptement.
C'est ici ) Meàsieuts ^ je ne crains pas de vous le dire ouvertement, que vous pouvez en quelque sorte toucher au doigt l'utilité positive , directe et immédiate^ , de. r^ntrepris^ que j'ai formée; car vous pouvez la considérer dès ce moment comme; ayant pour objet de contribuer, autant que la phi-j losophie peut «le faire, à vous mettre en état de remplir la. double. Condition dont je viens de vou^ parler, et qui doit amener le triomphe de* là cause industii^lç^ Toua n^es travaux ^ en effet , ont
tendu, tendent, et teDâront toujours, et plus sp^ cialemeiit dans la setsioD qui va s'ouvrir, d'i part, k développer en vous le sentiment de votre Valeur politique , h combattre t'influence ihfs militaires et des légistes sur votre esprit , enBn à dissiper «os préjugés contre la maison de Bourbon, M h .vous déterminer à vous lier avec elle , en la plaçant à lu tète de la cause industrielle; d'une autre part, ^rassembler et à coordonner systématiquenient les «Jémens de ia doctrine qui nous convient , et à en [ ^montrer la supériorité sur toutes celles qui l'ont \ précédée. Une ttlie entreprise tend évidemment» I et de la manière la plus directe |)ossible^ po"r ur travail philosophique, au grand but d'utilité proie dont les considérations précédentes, quelque resserrées qu'elles soient, établissent incon* festablement la réalité. Ce but sera atteint , j'en ai » la confiance intime , si mes efforts parviennent à I déterminer, dans la majorité des che& industriels, l'activité suffisante. Mois , pour cda , la coopération I des plus zélés d'entre eux m'est indi^ensable. l'ose k donc les engager fi-ancbement à me seconder. Je I puis penser, sons présomption, que mon entreprise I philosophique , ou toute autre équivalente, voW§ it nécessaire pour pouvoir obtenir le grand succèt liront je viens de vous entretenir. Car enfin, Mes* , prenons les choses comme elles sont; il n>us faut absolument une théor-ie ; sans cela , voi»
(^«9 ) ne feres: ni le pas^mt je irùOB paf4e , tii aucun autre 4dte qf}€i<q«é importance. Oir;:'^>ette tliéorie, nul autre -puMîois^ , *«(ùl imtrë 'pAîiloisophe ne s'occupe Se iwi«9 f organiser, tjwowpi'iî efc existe -un grand tiotolMte femn 4mAe qui s^en Ticquitteraient avec
En résutné, Messièut^,' il s'agit '^oûrtfhm de VTéMft ^ia'^phffi eapkille pour *Vtms et ptmr la n^pNÊté: lie rtktikM ées' •éermères ëtectrofns votfe ^oniie toiftlira «Fév^érér'KjûeV si ^HiHis'-sareî pro- Slt&t sageiiietft des flhSàtittsftMcéstrriii^tageuses dans feiqiftâles "jl vÉ*H%M tplàeerV vous Couvrez déterminer, i1bii8 mAiiipoiift^être^'ia cohsfdfidati6n de^ woywcài 4iiiis la ^Ay^ilaisliie '^es^SotlAdiii et (e com^ meBtetiieifl'd» fridiepfAlë'^e'k eatrife tndàstriellê. Oiii, Me Bfl îê Uffs ; diinfi ^aèr peut-filtre^ "siv pendant que l'âneieiiiie*tiobles9e^ -se livrer 'K^és' incartades , VMM sa^vtftt Youià pr^rer ffignenreilt au système fit condMie ^Êf/iàk voué' tf cfvet: adopter ^ et dont jiéi vous MÎ indîqaé les ^faasels^ les tmpriétudes de là ma<i«€Mi de 9idTO*bi^ ^ dissiperont pour jamais, là rbyaMtë TOiminenéera à prendre le caractère indufllirid^ «t vom ^wèt, sélenncfllement investis de là formation et dé la discussion du budget. Si voua hésiitez , wx contraire , à «vivre un tel pfàn , si voua continuée à l^us laliéserditiger'par Ja fëodaiité dé Bonaparte , l'exigence de la Àiaison de Boui^bon •sra- ooiqjpmoiMe ^ et le succès de la cause indu-
(a6o) Rtlûlle sera retardé de plusieurs années peut-être.
Entre ces deux perspectives, il n'y a point sans doute à balancer; mais il ne suffit pas de désirer k fin , il faut voulutr les moyens. Les voudrez-\ous? L'entreprise que j'ai formée tend à vous procurer îe plus indispensable de tous ces moyens, une doctrine. La seconderez-vous i*
Nota, Je me suis exprimé. Messieurs, d'une manière très affirmative sur l'avenir politique que je pKsume devmr <Ctre te r^ltat iin>ié£at de4aisiÉr jorité parlementaire qui l'ancienne noble>|ie vitt^t d'obtenir par les dernièret A«otj|IM>'«««^ fw que je regarde colnme impossiUe que les choses se passent autrement que je ne t'ai déctit , quoique je considère la série d'événemena que j'ai indiqués comme la plus probable. J'ai voulu seulemÂDt, en m'exprimantaipsi'queiel'ai fait, rendre le-tableau de cet avenir plus simple à vos yeux, afin de fixer toute votre attention sur les conséquences que j'en ai déduites relativement au système de conduite que vous devez adopter. Du reste , il serait absolument possible que la royauté s'aperçût du précipice dans lequel va tendre à l'entraîner l'ancienoe noblesse, avant que celle-ci eût fait aucun pas rétrograde de quelque importance. Si cela devait avoir lieu, il y aut-ait sans doute un tiraillement de moins dans le corps social. Mais je dois vous &ire observer que le plan de conduite politique
dont je Vous ai tracé l'esquisse n'en serait nulle* ment changé, et qu'il resterait toujours celui que^ d'après yos intérêts- généraux les plus grands et les plus-directs , vous deve^ adopterHe plus promptement possiUe, et suivre avec constance. Vous vous convaincrez aisément , par uti peu de réflexion, de l'exactitude de cette asserti^Ow
Je jvous prie d'ailleurs, Messieurs,' de vouloir bien né pas perdre de vue que ce post scriptum n'est qiie l'ébauche d'un travail pkis complet et plus approfondi, dont je vous ferai un peu plus tard la communication. .
« A MESSIEURS LES CULTIVATEUJBtô,
FABRICANS, NÉGOCIANS, BARQlrïlBS ETADTBIS ÏHDÏTSTItTBtS;
PBVUQrES BT >
Je voua prérieas qae je n^it yd>tt» W IiÉtfca» que j'ai eu ThonDeur de vous- écrire jusqueS- «t compris la présente. Mon intmiticiti, es les publiaut, est «l'éveiller l'attention de tous lessavaiu, de tous les artistes et de tous les industriels, non-seule^ ment de France , mais encore du reste de l'Europe , et même du monde entier.
Mon intention est Je disposer tous les savans et les artistes dont l'esprit est suscept&le de s'élever à des considérations philosophiques , à suspendre leurs travaux relatifs au perfectionnement des sciences ou des beaux-arts particuliers, pour se livrer à l'organisation d'un système de morale et de politique , suffisamment clair et assez positif pour que les gouvemans se trouvent forcés de le suivre de même que les gouvernés.
Mon intention est aussi de faire sentir aux indu -
»triels que Id tnMdl théorique, dont ils ont besoia pour oonstituçr te régime social le plus aTantagem ài-àadustne^ tuiffiie leur part quelques sacrifices péctuiiaires , atteudu qu'il ne pourra être entrepris^ qu'à Fép.oque obik auront donné des garanties au% savans qui s y livreront , et qu'ils les auront soustraits par ee moyen à la dépendance absolue dans laquelle ils se trouvent des gouTemeoiens aetuek qui désirent prolonger Tordre de choses , ou plutôt le désordre de choses actuel.
Mon intention , enfin , est d'ouvrir les yeux des industriels sur ce point important; c'est qu'ils sont ceux qui prockiisent toutes les richesses , que ee saat eux par conséquent qui payent toutes les dépenses, et qu'il résulte éiridemment de ces deux faits que ee sont eux qui doivent faire le projet ée budget , d'autant plus qu'ils forment k classe de citoyens qui administre avec le plus d'économie.
Messieurs, le grand mouvement moral qui doit faire passer la société du régime arbitraire modifié, au régime le plus avantageux à la majorité de la société, ne peut pas être purement naticmal , il ne peut s'effectuer qo^en étant commun aux peuples les^ plus éolaipés. Ce changement doit s'opérer de U même manière et par les mêmes moyens que le passage du polythéisme au théisme.
Les Français ne peuvent pas travailler seuls à ee guand osuvre ; il est nécessaire, pour le sucées de
( 264 ) eette entreprise, que tous les peuples qui compo* sent ta grande nation occidentale de l'Europe , c'est-à-dire les Français, les Anglais, les Belges, les Portugais, les Espagnols et les Italiens, concourrent à son exécution. Ces peuples ont été tous soumis à ladomination romaine, ils ont tous adopté le gouvernement féodal à peu près à la même épo* que; ils doivent tous s'élever en civilisation jua- ({u'au régime iadustiiel ^ peuprè&en même temps.^L Ces peuples ont tous det fDojeu semblable» et' pofvque -égaux ; iUdoîvBQt travullcr'aT«c unzèle égal A rétebUssement an régiffte iadintiid. qui teni l'organisatioa àéfimtive' de. lîe^èce humaiBS y parce ^uccetle fiarne , oa plutôt cette nature d'as-i' wciatiou, est laaeule>qui Mit esMotieUcmeot dhk ralei>c'«9e^-dire,.la<phis aTaatageoK 'possible ài U .majorité ^sociétairve.- ■.'...■ > . ■ ■^.•.
Messieurs, le but direct deimen entrepn'se est d'améliorer le plus possible le sort de la classe qui n'a point d!autres moyens d'existene* que.letravailde ses bras; mou but est d'améliorer le sort de> cette classe , non-seulement en France , mais en Angleteire, en Belgique, en Portugal, eu Espagne, en Italie, dans le reste de l'Europe eit dam le monde entier. Cette classe, malgré les iounenses. progrès de la civilisation (depuis TaffraDchissewent des cou)munes),4,est encore, la plus-oom-^
breu^ dans. les' pays las plus civilises; elle forme la majorité dans une proportion plus ou moins forte chez toutes les nations du globe. Ainsi ce se* rait d'elle que les gouvmiemens devraient s'occuper principalement , et au contraire, c'est celle de toutes dont ils soignent le moins les intérêts ; ils la regardent comme ' essentiellement gouver^ nable.et imposable ,' et le seul soin important qu'ils prennent à son égard , est de la maintenir dans l'obéissance la plus passive.
- .. Quel est le moyen d'améliôror le plus promptement et le plus sûrement possible le sort des peuples? Voilà le grand pn^lème politique à résoudre. Je crois en avoir trouvé la solution. Je vais vous la présenter. Je réclame, Messieurs, toute votre atteittion. Songez que , si ce n'est pas sur le soh de l'es-' pèce bumaine, c'est au moins sur celui de la génération jprésente que vous allez prononcer.
Les hommes du peuplé y' de même que les riekes i*ont deux espèces de besoins^ ils ont des besoins ptprsiijùes et des besoins moraux ^ ils ont besoin de subsistance , ils ont aussi besoin d'imstruction^
Quel est le moyen de procurer à la généralité des hommes du peuple, le plus provàpiement possiblCf le' plus de subsistance possible?
J observe d'abord que le seul moyen général de jirocurer des subsistances au peuple , consiste à lui
(=■66) procurer ùa traYail. La questioo se trouve dooe convertie en celle-ci :
Quei est le moy^en de procurer au. peuple la plus grande quattiité de travail possible ?
Je réponds à cette (fuestion :
Le meilleur moyen est da conjîer aux chefs des entreprises industrielles le soin défaire le budgtif et par conséquent de diriger l'administration pubUque; cary parla nature des choses, les chefs des entreprises in^tstri^iat^guist^a^wmuAies: citffi duptiifhtt jmtaqmmx» aomt tua. fiù lé cornmim^ùmt dont JAHna'iuim,f u m m a h ê i9 yiêmdKM9t técagaÊtM-diMetemtMt'^^ÊtpoiwlÊmKpmxprms imit KÔUy k dtmntr ispb»J'ax6mtéottpi»wiiiBét leura «ntrtpntet, ttiU-témdtttn d*.iBmv<.ei§brtg,Jt cetégardle pùis.gïïOftd ma^vtS Mm tf ^ ^potsMa de la masse des >tnnmtx qai somt MeinoA pa^ les hommes du peuple..
Je passe iruintenuit à celte autre (jucetJos :
Ç««^ est ïinstmction qui doit être donné» au peuple , et de quelle manière doit-eile iai étm donnée i>
L'instruction dont le peuple a le plus betMn , est celle qui peut le rendre le plus capable de bien eiécuter les travaux qui doivent lui être confiés. Or, quelques notions de géométrie, de physique, . de chimie et d'hjgiène , sont inconlestablemwtt le» coanaissances qui lui' seraient le plut utiles pour se
gouverner dans Thabitude de. la yie, et il est évU dent que tes savans , professant tes sciences physiques et mathématiques, sont les seuls en état de faire po«r lui tta bon système d'instmetion.
Le système d^ instruction pour les 'écoles pri* maires doit donc être organisé par les swans qui professent les sciences positives.
Quant au mode d'enseignement^ jcelui d'ens€ê% gttement,mutael a P avantage d'être leplus prompt, et d'assurer plus çu aucun autre V uniformité de la doctrine ; ainsi il doit étrepré/eré.
i. Messieurs 3 ropinionque je \iens de yous^ pré» senter n'a point be&oia de démonstration, elle n'est point susceptible de discussion ^ parce que le sens commun suffît pour la juger, et parce qu'elle est une conséquaiiqe directe du grand principe de morale qui. sert de base à la religion chrétienne : Aimez votre prochain comme vouS'^m^me ; tous les hommes vraiment pieux l'adef^teroat avec empressement ; elle n'a besoiik que d'être propagée. Propagez'la donc, Messieurs, avec le plus d'activité possible; il est de votre devoir, ain^ que de votre intérêt, de le faire.
Tai l'honneur d'être ,
Messieurs,
Votre trèslivinble et très obéissant seriritcur.