‹ Du système permanent de l'Europe à l'égard de la Russie et des affaires de lChapitre 11 sur 19 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Système permanent de l'Europe à regard de la Russie.

Ce système découle de tout ce qui a été dit plus haut ; il se fait lire ei> gros caractères sur la carte de l'Europe. La diplomatie n'a plus besoin d'art , elle n'a qu'à ouvrir les

(55) yeux. La science des cabinets est fort simplifiée ; elle se réduit à se tenir bien pénétré de quelques vérités qui ne chargent pas l'esprit d'une grande fatigue* Quand uh est plus fort que chacun en particulier ^ et même que beaucoup réunis ensemble , que faut-il faire? S'unir. Où chercher la sûreté commune? Dans l'union politique qui se résout en alliances défen-^ sives. En bonne logique , les effets doivent correspondre aux causes; en politique^ il en doit être de même : tant que dure le danger commun , l'alliance doit durer. Par consé-quent^ tant que la Russie sera plus forte que chaque état du continent occidental de ITEu-' ropé, ou même que la plus grande partie de ce continent réunie ensemble^ la totalité de cette division de l'Europe doit se combiner dans une alliance défensive, indissoluble, toujours préparée pour la défense commune.

1**. Ce système doit être purement défensif; car il ne s'agit pas d'affaiblir la Russie, ni de lui rien retrancher , mais de se conserver soimême ; c'est un pacte de préservation et non dliostilité. La Russie n'est pas un ennemi, mais un danger, et par conséquent un objet de prévoyance et de précaution. Cela n'implique rien contre ses droits, rien qui puisse la chocjuer; toute

(54) intention hostile contre elle lui donnerait le droit d*en concevoir tontre les autres : ceax*ci ont le droite bien plus / le devoir de se pré-^ munir contre les Hiconvéniens d'un pouvoir exorbitant, comme pour la conservation de leur indépendance^ inévitablement affectée par leur disproportion avec ce pouvoir. De plus, ce système fédëratif est commandé par une circonstance particulière \ on conçoit bien pomment la Russie pourrait retrancher la Prusse royale et le duché , de Posen à la Prusse j comment, dans d'autres temps ^ sous divers pï'étextes , même sous celui de prévenir des querelles par des limites plus fortement tra-* çées, elle pouitait atteindre à èe termç; on conçoit de même comment la Russie pourrait rétii'er à elle toute H partie de la Gaiicie qui dépasse la Vistule sur la rive orientale; mais par sa nouvelle délipiitatfoti polonaise ot| turque, que Ton dise ce que Ton pourrait prendre sur le terrJtoh^ ru»e , QU comment on ferait reculer sa frontière. On voit bien comment et jusqfu'OÙ là Russie peut avancer, mais on n'aperçoit pas jvsqU'où elle peut reculet* ,* car de là Viàtule àU Borysthène , il n'y a pas une apparenëe de ét>ntîère, pas un seul point sur lequel il Vaut mieux s'arrêter que sur uu

( 55 ) mtre. Ainsi, d'ua côté on peut gagner s^os avoir çraiute de rien perdre , et de l'tutre cm peut perdre san» avoir l'espoir de pouvoir jamais rien gagner» La nécessité^ l'indij^pensabl^ E^cessitë de pourvoir à un pareil état de choses 9 et malheureuseEKieiit il est trop réel ,^ red9ort de toutes ces considérations de la manière La plus propre à frapper tous le» esprits attentifs et vigilant wr les vrais intérêts de l'Euifope; ils découvrent sans peÎM qu'une aW lianœ défensive est la seule garantie de ses libertés déjà lùen afiaiblies, et que plus, il y a à! imité en Russie > et de pluralUé en Europe^, plus il y a nécessité pour une alliance dont les caractk^ sont aussi £aiciles à ^assigner que la nécessité de ralUance eU0-niénie« .

i"*. Cette fédéi^ti^n doit être permanente :

à. quoi servirait -^lle, n'étant que pasâagk*e? lés digue» doivent durer autant que les torreœ.-

a"*. Elle àfÀ% étte compacte | formée pour tdus^ die doit être forn^ée par tous i on ne peut prétendre à ses bénéfices» suns participer à ses charges. Les petits^ doivent aider les forts dans la nsesure de leurs ftculté^; la sincérité^ la bonne foi doivent r^ner entre toutes le$ parties; ceUes qui j&'en écàrteraienl^ en trou«

(56) , ▼eraient le châtiment dans la perte cotnmunev Quand Rome voulut abattre les rois de Macé* doine, elle souleva la jalousie de l'Étolie , elle attira à elle des membres de la ligue achéenne. Qu arriva-l-il ensuite de ces déserteurs de la cause commune? Tel est le sort qui attend celui qui se séparera de l'alliance européenne. Que l'Autriche soit encore affaiblie par rapport à la Russie^ auprès de qui la Bavière et les autres états secondaires de l'Allemagne auront-ils recours? à qui demanderont - ils appui% assistance, e\ d'arrêter les commissaires russes qui viendront leur intimer les -volontés de Péters-rbourg? Tout refus de prendre part à l'alliance, toute défection de cette alliance, sera, ne craignons pas de le dire, une défection, une trahison européenne.

5*. L'alliance doit être régie par des règles fixes, comme l'était le corps germanique, mais sur de meilleurs principes d'exécution ; elle doit se tenir prête à agir a l'apparition. première du danger, et son application principale sera la surveillance de la Russie. Cette alliance eût du être formée le lendemain de la signature du congrès de Vienne; car, dès lors, le danger fut créé , et le simple instinct de la préservation suffisait pour reconnaître à la fois

(57) la nécessite et les moyens de s'y opposer. Uae pareille alliance eût été , et sera pour ^Europe , une alliance vraiment sainte^ car elle sera formée pour son salut, pour ses libertés , et non plus contre les libertés des peuples occidentaux.

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