‹ Du système permanent de l'Europe à l'égard de la Russie et des affaires de l'OrientChapitre 10 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La France par rapport à la Russie.

Élôîgaemeai ^ peu d? relations comaier-* cîa^ , tël est l'état des deux pays à Tégaf d l'un de r«^rew 11 faudrait que lé glaive russe pep^t ^n des cuirasses avant d'atteiodre la France; sa sûreté est garantie pour un loiïg temps encore , et dans touft ceci il. n'est riea qui l'intéresse personnellement : à son égard , rien n'est absolu , tout est relatif. Dans cette question y la France n'entre que comme partie du corps social de l'Europe > et alors tout se ^éduity k son égard, à demander s'il lui im-* |K>rte qu'en Europe ,. il y ait indépeodance , s4* ireté pour les petits comixie pour les grands , protection suIBsante contre la prép€4;ence d un seul; s'ile^t bon que la loi soit faite parle fort a.rai€ ; que tous soient obligés die s'enquérir sans cesse si leuifs actes seront du goàt de ce maitre , s'il y apposera son visa ^ ci si l'on sera rtéduit a attendre son exequaiur. C'est préciséj^c^t l'état dlkns lequel Rome avait réduit le

monde ; c est celui dont oo a accusé NapcJeoa de menacer TEurepe ; et c'est cette meuace qui a décidé l'Europe aux efforts qui Tout ren- ▼ersé. Mais Napoléon n'était qu'un homme ^ sujet â tous les coups du sort, et qui les a éprouvés dans leur jAus extrême sévérité, au lieu qu'avec la Russie , c'est la domination des choses qui se £iit ressentir ; le changement des bonomes ne les changerait pas, il est beaucoup plus probaUe qu'il les aggraverait. Dans cette position , le rftle de la France est bien facile à assigner : soutenir tout ce qui peut être attaqué ou menacé par la Russie. Du lieu de sûreté qu'elle occupe , la France peut conserver le sang-froid qui aide à apprécier justement les choses, à Inen juger les dangers. Le rôle de la France est celui de désintéressement, et par là même propre à inspirer la confiance; car elle ne peut, dans son assistance, avoir en vue que les intérêts généraux de l'Europe, et nulle^ ment son intérêt privé. Celui - ci ne se retrouve pour elle que dans une vue générale , celle de la préservation des awmt^murs qui la couvrent ; car les choses ont été amenées au point que tout ce qui affaiblit les autres au loin , aJBTaiblit aussi auprès. Ainsi la viola*-»

tion' des frontières autrichiennes ou prussiennes, dans la cause commune à tous, se ferait ressentir aux frontières de la France; les remparts de Strasbourg seraient ébranlés par le canon qui renverserait ceux de Breslaw ou d'Olmutz. La puissance russe a tout lié et tout rapproché dans l'occident de l'Europe , elle Fa réuni et comme fondu dans une même cause ; il n'y a plus de maison d'Autriche en rivalité avec la maison de France ; il n'y a plus que des tètes, sous des noms différens, à préserver du mêrtie joug , du joug russe qui les menace toutes, un peu plus tôt, un plus tard, et qui toutes, ne peuvent trouver de garantie que dans l'union la plus intime. La France sera le lien le plus solide de cette union indispensable, car elle joint un grand pouvoir matériel aux avantages de position qui manquent aux autres ; elle doit laisser à l'Angleterre le soin de soutenir la défensive de l'Europe par des subsides. Pour la France, c'est par des armées qu'elle doit agir; elle en possède une nombreuse , qui dépasse les besoins de son intérieur. De sévères leçons l'ont guérie à la fois de la manie des conquêtes et de celle des interventions; il lui reste à employer ses forces d^une manière mieux calculée, et cet emploi ne peut plus être que la

coopération à la défense commune de FEurope ; d après l'évidence de ce besoin , oa peut dire que les armées de la France sont aussi eurc^ennes que françaises , et appartiennent autant a l'Europe qa a la France ellemême. Le militaire firançais peut apprendre Fallemand ; car il est destiné à se porter soufrent vers les contrées ^rmaniques f non plus pour les conquérir, mais pour les défendre.

Les vainqueurs dléna etd'Austerlitz seront vus souvent combattant contre les soldats du nord , à côté de ceux qu'ils terrassèrentdans cescharaps glorieux. Telle est la direction que l'approche menaçante de la Russie vers l'occident trace à la France; il n'y a pas plus à hésiter qu'à s'y méprendre. La vue du danger est trop distincte pourpermettre la moindre incertitude. Il appar^tieot àla France^ et cette destination est pleine d'une solide gloire , œlle de soutenir les forts p d'encourager les faibles, de rassurer les timides, de porter dans toute l'Europe la vie et la l«hmière. Ce rôle n'a rien d'offensif contre la Ri90sie ; en se considérant eUe-méme , elle ne peut qu'en reconnaître la légitiniité, que se demaoder ce qu'elle ferait à la place de la France , oe qu'elle a fait quand oo a fait prévaloir la fexkr sée que la France était à la place qu'elle occupa

(43) lelle-^mème; la Russie trouvera également dans son jugement et dans ses souvenirs Fapologie de. la dix^ection de la France ; et si deux fois celle*^ inspira des craintes aux libertés de l'Europe^ par l'effet des circonstances nouvelles, par une direction éclairée , la France rachètera ces alar* mes, en servant à jamais de gardien et de dé*^ fenseur à ces mêmes libertés, dans une sphère beaucoup j^s étendue.

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