‹ Du système permanent de l'Europe à l'égard de la Russie et des affaires de l'OrientChapitre 9 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

V Angleterre y par rapport à la défeîiswe de

V Europe.

Le rapprochement entre les forts , et même , en cas d'éloignement , Fégalité et la similitude de leurs moyens , sont les sauvegardes des &i« bles. Ainsi an temps de Napoléon , l'Angleterre prêtait appui au continent ; à son tour, la pui^ sance de Napoléon eût contenu celle de la Rus«« sie. Sous cet ombrage tutélaire, la Prusse et TAutriche auraient pu reposer en pMx , bien sûres de trouver en lui un puiî^sant vengeur*

Le cabinet 4e Bertiu a'a pas été toujours ëtr^ii-^ gev à cette pensée : Ofx l'a vu long-texpps attaché au système, fraiiç^ , et ^paré des^ çoali-* tion« austro-russes ; ç'e^t qu alprs il pre^otait le fardeau de la Russie. C'était avec effroi qu'il )a voyait graudir ^t s'approcher ; c'était avec confiance <}u'il att^bf^it ses regards pur If France. La gpjefre làaal avisée que l^ f rus^ fit à la France ^n 1806 la port^ 4^v& l^ sy^n^ <)pposé^ et lui fit chercher yu appui là oi^ quelque temp^ auparavant elle n'apercevait qu'iin sujet de terreur. La jeune§^ J^my^iutei et in- <:onsidérée qui fit ceU^ guerre fatalç a jwsé le principe des embarras ^uels de l'Europe ; en donnant la Russie pour défenseur fi la Prus^ , en faisant d'elle le restaurateur d^ )a Prusse, ^lls a attaché à la Russie ce qui éts^it réserva à . la contenir , elle a faussé à jamais le système dp l'Europe. Napoléon lui-ipêaie eut g^au4 t^rt dp s'appesantir sur la Pru^^e; il z^e dev^t i^pger qu'a la fortifîi^r, ciQurnip barrière contrç la Awe* sîfl.Legraftd-duchédeVf rsovie, pierrp d'attep^^ étaijt wu pontri^-spnj^ mrpp^^n ; qar ^ était bietn évidmt qu jl ne pouvait plus redevenir la Folo^ gue,etque, saTislaPolpgpeiutégf^Jp^çe quie« retirerait n'auraijt aviçi*»e efl^cacilié 4axi3 lfitgrau4 \mX. daflranchir l'E^ropp de Ift. pres^îoo (Je la

Russie. Depuis ce temps, des liens étroits se sont formés entre les souverains des deux pays, la reconnaissance les a cimentés , et des rapports de famille les ont complétés. Si la Prusse se trouvait placée à cent lieues de la Russie , elle ferait autrement ; mais si elle en est trop près, l'Âh^eterre en est trop loin. Les deux pays n'ont aucun point de contact; Hs peuvent se menacer de loin, mais jamais s'aborder ni se saisir. Les moyens de puissance différent entre eux ; l'Angleterre ne peut pas plus attaquer la Russie avec ses flottes, que la Russie ne peut l'atteindre avec ses armées : ces deux puissans athelètes ne peuvent jamais se rencontrer corps à corps. Que feraient des flottes anglaises dans la Baltique ou dansla mer Noire! Les points importans seraient couverts par des nuées de soldats. De son côté , où la Russie trouverait- elle l'emploi de son ar^ mée contre l'Angleterre? Par conséquent, l'Angleterre ne peut être directement que d'un faible poids dans la défensive de l'Europe. Quelques milliers d'hommes , joints à ceux que l'Allemagne pourrait armer, compteraient peu dans une pareille lutte; un mince recrutement en Russie suffirait pour égaler ou surpasser ce contingeiit. Dans une lutte numérique de soldats, Ja Russie ne peut jamais être vaincue. Il ne faut

pas s'arrêter davantage aux ménagenieos que commandent aux deux états leurs relations eonmièrciales ; elles sont nombreuses,, il est vrai, et précieuses pour les deux pays. Si les produits russes alimentent le commerce et les fabriques anglaises , à son. tour le commerce anglais favorise les exploitations russes et l'ex-^ portation de. leurs pitoduits; il y a actioo et réaction d'un pays sur L'autre. Tanjt que dura l'alliance entre Napoléon et l'empereur Aleiiiandre, laRussie, gênée dans ses relations commer-* eiales avec l'Angleterre, soufirit et se plaignit;elle n'eut pas pei*mis la paix à son prince, avec la condition de l'interdiction du commerce anglais. Celui de la Russie se compose principa-^ lement d'objets propres aux constructions, na-yales'> dont L'Angleterre consomme beaucoup ; il reçoit aussi beaucoup d'objets de consommation que les . fabriques anglaises lui fournissent à défaut des manufactures russes. Le com-* merce est, par sa nature, ami de la paix; iL en renferme des motifs très puissans, et dans Focdre ordinaire des sociétés , il en est un assez sûr garant. Aussi n^est-ce pas de cet ordre que nous traitons ici , mais de celui qui , se rapportant à la préservation des libertés du. continent de l'Europe , réclame à ce titre Tap-

ptà de l'Angleterre. Ses soldats sont hors de cette ^piie^on; élle-méme en serait aussi tout entière en dehors , â elle n'y tenait par cette chaîne d'or avec laquelle elle s'est attachée depuis 1 5o ans ^ toutes les questions européennes. Dans la latte contre Napoléon^ VÂngleterre a prodigué ses trésors ; elle ne doit pas se rendre parcimonieuse pour Tétat actuel 4es dioses.

Ses subsides soutinrent les trois grandes ligues contre Louis XIV ; ils doivent être prêts à& même à soutenir les libertés de l'Ecerope contre le nouvel adversaire qui s'est formé contre elles : désormais ils doivent avoir cet emploi. Ce que l'Angleterre ne peut directement contré la Russie , elle le fera par eux ; elle le fera d'une manière iruotueose pour elle-, même autant que pour les autres ; car après le naufrage conunun^ que resteraitHil pour elle ? Elle pourrait être réduite à regretter Napoléon^ et^ isolée sur ses rivages^ repoussée par le continent , qui lui répond qu'elle ne serait pas exposée à subir un second blocus continental plus strict ^ plus ét^idu et plus désastreux que celui des décrets de Berlin et de Milan?

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