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partageantes de la Pologne ; on retrouve aujourd'hui les effets de celte tolérance ou de cette distraction. Les embarras actuels datent de là , car c'est ce partage qui a amené la Russie sur le centre de l'Europe : s'il y avait eu quelque prévoyance à Berlin^ à Vienne, au lieu de se réunir pour partager la Pologne , on se serait réuni avec elle pour empêcher que la Russie n'en prît un village. La Pologne était le mur de séparation entre l'orient et l'occident de l'Europe ; il était bien évident qu'abattre ce mur était mettre en contact, c'est-à-dire en collision , les deux grandes divisions de l'Europe , et, par une conséquence inévitable , créer entre elles, comme il arrive toujours entre puissances égales et voisines , des inimitiés que l'on peut appeler élémentaires. Aussi qu'est - il arrivé ? Voilà la Russie imposant son lourd fardeau sur tout l'occident de l'Europe ; elle seule occupe la scène active de cette contrée, tout le reste, comme au théâtre, est au parterre. Une bonne parole de Vempereur Nicolas est recueillie comme un baume précieux , propre à calmer tous les ombrages ; on s'accorde à laisser faire qui parle si bien , qui est doué de la tranquillisante vertu de la modération. Pendant ce temps, la Russie perd-elle ou gagne-t-elle? ses armes prévalent -elles? sa force s'accroît - elle ?
( XYJ )
Voilà toute la question. Voilà aussi le point où nous l'avons prise ^ et le jour sous lequel nous avons cru utile de la montrer : en cela ^ nous avons rempli un devoir ; qu a leur tour ceux qui ont le pouvoir fassent le leur (i).
(i) Il hni rendre jaatiee au ministère actuel de la France*, il n'a pas manqué à l'Europe, à la France, à lui-même, dans cette circonstance; il n'a pas imité le cabinet de Versailles, de 1 772. En demandant un crédit correspondant aux nouveaux armemens de terre et de
mer que les circonstances peuvent exiger, le ministère a montré de la virilité, de la prévoyance, il a tracé la route aux autres cabinets. Dans l'argumentation qu'il a eu à soutenir, il s'est montré très supérieur à ses ad* versaires. Plaisante manière d'arrêter l'essor de la Rus" siej que de refuser le budget! Le droit de refuser le bud* get n'est pas encore bien éclairci parmi nous; il y a dans cette question quelque chose qui dépasse ce qui a été dit ou montré. L'Europe recevra un secours à peu près aussi efficace des opinions qui établissent qu'il faut se borner à contempler les embarras de l'Autriche à l'égard de la Russie, en mémoire du mal que celle-là nous a fait, et
de l'illibéralisme de M. de Metternich. Il ne manquera
rien à la défense de l'Ëurojpe avec de pareilles idées et ^
de pareils hommes d'état.