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CHAPITRE PREMIER

Des liens qui nnissent les honunes entre eux.

L'homme se trouve presque constamment sous l'empire de deux sentiments opposés : le besoin d'affection et d'appui qui le rapproche des autres hommes , et l'égoïsme qui tend sans cesse à l'isoler.

Dans cet état d'antagonisme, les forces attractives qui portent les individus à s'unir entre eux, finissent généralement par exercer une prépondérance qui détermine différentes espèces de combinaisons. La plus simple et la plus naturelle est sans contredit celle de la famille ;

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on la retrouve à toutes les époques et chez tous les peuples. Quelquefois même les liens de famille s'établissent avec une intensilé si forte qu'ils absorbent, jusqu'à un certain point, l'individu et entravent sa libre faculté d'agir. La vendetta, chez le Corse, montre jusqu'à quel point les exigences de parenté peuvent être impérieuses et tyranniques.

Je ne m'arrêterai pas à rechercher quels sont les différents genres d'agrégation qui peuvent réunir les hommes entre eux , ni les causes qiii les font naître. Je me bornerai à parler de la combinaison la plus importante pour le genre d'études qui nous occupe , de celle que présente un peuple ou plutôt une nation. La conformité d'origine, de mœurs, de langue, de religion, de souvenirs historiques, l'occupation d'un même territoire, la crainte des mêmes dangers, le besoin d'un appui mutuel, telles sont ordinairement les principales bases d'une pareille combinaison.

Une nation est donc un corps composé d'éléments homogènes qui fonctionnent avec unité f>et qui sont animés d'un même principe vital. Ce corps naît, se développe, passe par les différentes phases que présentent les êtres organisés, et paye comme eux son tribut à la mort.

Pour le bien connaître, il faut l'étudier comme

SECT. I. — DE l'état PHYSIQUE. 145

nous avons étudié Thomme isolé , sous le triple rapport des qualités physiques, morales et intellectuelles.

Nous aurions à considérer comment les peuples naissent , comment ais grandisse nt ; à quels signes on reconnaît leur état plus ou moins prospère; comment on^gprécie leur force physique et morale, le caractère qui les distingue à chaque âge ; enfin , dans quelle période de temps se trouve limitée leur vie moyenne.

Je ne puis avoir la prétention de résoudre ces différents problèmes , mais leur examen pourra sans doute suggérer quelques remarques intéressantes.

146 uv. a. — Des sociËTâs.

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