‹ Du système social et des lois qui le régissentChapitre 67 sur 86 · CHAP, VI* — TYPES, DIFFORMITÉS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP, VI* — TYPES, DIFFORMITÉS, ETC

de proximité empêchent la vue ; trop de longueur et trop de brièveté obscurcissent un discours, trop de plaisir incommode, trop de con* sonnances déplaisent. Nous ne sentons ni Textrème chaud, ni Textrême froid. Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas senaibles. Mous ne les sentons plus, nous les souffrons. Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêchent Tesprit ; trop et trop peu de nourriture troublent ses actions ; trop et trop peu d'instruction Tabêtissent. Les choses extrêmes sont pour nous comme si elles n'étaient pas, et nous ne sommes point à leur égard : elles nous échappent, et nous à elles (!)• »

L'auteur des Pensées est revenu à plusieurs reprises sur cette idée fondamentale des moyennes, et il Ta fait avec sa supériorité de vues habituelle. On peut s'étonner cependant qu'il ait cru que • c'est sortir de l'humanité que de sortir du milieu (2). » Les choses extrêmes appartiennent à l'humanité tout aussi bien que les moyennes; elles complètent la chaîne qui unît entre eux tous les hommes , et forme ce vaste ensemble que l'on nomme le corps social. Pascal, lui-même, l'a compris et l'a très-convenablement exprimé dans la pensée suivante :

(1) Pascal, Pensées, tome II, p. 80.

(2) VkSCALy Pensées, tome II, p. 143.

274 Uf. lU. — > DE L^HUlIANITt.

Ea supposant les facultés j^y^ques et.morçles siaiiamudrei, le type du beau, pour les. unes

et pour les autres, aurait une valeur constante. Mais cette valeur n'aurait plus rien d'absolu en passant d*un peuple à un autre ; chaque peuple est en effet un fragment de rhun^anité, et possède un type qui appartient spécialaonent & l'agrégation qu'il constitue. '^

Ce qui vient d'être dit s'observe paiement à l'égard dés facultés intellectuelles; il &nt seulement établir une distinction entre nos facultés intellectuelles en général et celles qui sont progressives en même temps que la science.

Si Ton parle de l'imagination ou de la mémoire, ces facultés ne semblent pas variables dans la succession des temps, bien qu'elles puissent être plus ou moins prononcées chez les hommes d'une même époque et qu'elles subissent probablement les fluctuations indiquées par là loi de possibilité.

Un excès de mémoire peut étonner conime un excès de taille ou de force ; mais cette anomalie, curieuse en elle-même, s'achète ordinairement au détriment d'autres qualités précieuses et devient ainsi une véritable défectuosité. L'imagination surexcitée tient de bien près à la folie ; vers l'autre limite, elle se rapproche de

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