‹ Du système social et des lois qui le régissentChapitre 68 sur 86 · CHAP. TI. — TYPES ET DIFFORMITÉS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP. TI. — TYPES ET DIFFORMITÉS, ETC

écarts de Fétat moyen, aurea mediocritas. Il s'indigne contre ceux qui tendent à s'en écarter.

Est modus in rébus : sunt eerti denique fines Quos ultra citraque neqmt consistere rectum.

I {ve tATIU.)

Cette tempérance, qui fait éviter tous les excès, n'a pas besoin d'être enseignée par la philosophie; il suffit d'écouter notre raison pour la suivre ; la nature même nous en fait une loi. S'écarter de la voie qu'elle nous indique, c'est s'exposer, au physique, à tous les genres d'infirmités et de maladies ; et, au moral, à tous les vices qui souillent l'humanité.

Nous avons sous les yeux les types de tout ce qui est bien comme aussi de tout ce qui est défectueux ; l'essentiel est de pouvoir en faire la distinction. Chacune des qualités de l'homme se trouve représentée, dans le système social, avec toutes les nuances qu'elle comporte entre ses limites extrêmes ; et ces nuances se trouvent réparties numériquement selon la loi générale qui règle les fluctuations de tous les éléments relatifs à l'homme.

Cette loi montre que le nombre de nuances le

plus grand , pour chaque qualité, se rapproche

de l'état normal, et qu'à mesure qu'on s'écarte

de^cet état, les défectuosités, en devenant plus

' sensibles» deviennent aussi plus rares.

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Ea supposant ;le6 facultés j^y^iquea et^paqr^ïe» stationnqirei, le type du beau, pçuir les unes et pour les autres, aurait une valeur constante. Mais cette valeur n'aurait plus rien d'absolu en passiànt d'un peuple à un autre ; chaque peuple est en effet un fragmenj; de rhuii^anité, et possède un type qui appartient spécialement h i'a^ grégation qu'il^^onstitoe. ii . '■.'- -:

Ce qui- vient d'être dit s'observe i^aiienient à l'égard' des facultés intellectuelles; ii font seulement établir une distinction ^entrc; nos facultés ihtellectuelles en général et celles qui sont progressives en même temps que la science.

Si l'on parle de l'imagination ou de la mémoire, ces facultés ne semblent pas variaUes dans la succession des temps, bien qu'elles puissent êtt*e plus ou moins prononcées chez les hommes d'une même époque et qu'elles sabissent probablement les fluctuations indiquées par là loi de possibilité./

Un excèé de mémdte peutétônneir conlme un excès de taille ou de force ; niais cette anomalie^ curieuse en elle-même, s'achète orditaairement au tlétriment d'autres quialités précieuses et devient ainsi une véritable défectuosité. L'Imagination surexcitée tient de bien près à la folie ; v^rs l'autre limite, elle se rapproche de

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J!id|iQdâ$iiie ; léi^ne devient véritablement avanti^geuse que quand sa marche' eçtrifégulariaée parla raisoû. «

la perfection n'est pas dans TexîagératiQn d'une partie; elle consiste dans Tharmonie et la €opvenance de toutes les parties entre elles. Cependant un excès de mémoire ou d'imaginatioB présente ce côté utile qu^il rend plus propre à acquérir la science, élément essentiel de . toot progrès.

Quand il s'agit de9 qualités de Thomme, qui sont nécessairement stationnaires et qui ne varient que parPeffetdes causes accidentelles^ Ib {QOyçnne, avoa&rnous dit, peut être prise comme .typCi du beau. Il n'en eiM; plus de même pour lâ& qdalités qui sont progressives et se perfeoiiotinent par la science. La limite supé^ Tîeiupe ne saurait être considérée conune une idéfectuosité , puisque tous nos efforts t^deftt •Ml; contraire à ce que la moyeni:ie s'élève^ un j(miSr.^ ta bauteur de cette limite.

: i^lEn^ conséquence, plp^ les éléments progrès- ^4^rhomme tiennent de près à la science, moins leurs écarts par rapport à la moyenpe ..spnl 4^ectueux* ;

, : J(ie 8?tvoir, du reste, n'est pas une qualité na- ^H^peUe de rhoçnme* 3ien: qu'il admette q^e moyenne avec deux limites, et qu'on puisse

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supposer que, dans une nation, toutes les nuances intermédiaires sont parcourues cotK formément à la loi de possibilité, cependant on ne doit pas considérer cette moyenne comme le type de la perfection ; elle ne fait que constater le degré de diffusion des lumières , et la limite supérieure indique le degré d'ayancement absolu de la science ; c'est tout ce qu'on en peut déduire.

Il en est à peu près de même de Tétat d'aisance des individus, que l'on doit tâcher d'augmenter le plus possible, en resserrant toutefois les limites extrêmes.

Une excessive misère chez quelques individus comme une excessive opulence chez d'autres , sont des anomalies qu'on doit s'efforcer de faire disparaître, en se plaçant au point de vue de la politique et de l'humanité. Est-ce à dire cependant qu'une grande fortune soit un mal ? Non certainement pour celui qui la possède ; mais c'en est un pour la grande généralité qui voit s'accumuler avec profusion dans quelques mains un superflu qui serait nécessaire à bien des existences.

En résumé, nous voyons le savoir et la richesse, ces biens qu'ambitionnent les hommes, répartis de la manière la plus inégale et soumis aux fluctuations les plus grandes. Tandis que

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les individus t&chent de se placer à la limite su-périeure, l'humanité, de son côté, s'eflforce de resserrer de plus en plusJ-espace qui sépare les deux litnites et de relever la moyenne ; en sorte que si les deux tendances pouvaient avoir leur plein effet, les limites se confondraient avec la moyenne, et les inégalités cesseraient d'exister parmi les hommes, qui marcheraient invaria^ blement dans la voie de la perfectibilité. ^

Quant aux qualités individuelles mêmes , nous pouvons résumer ainsi qu'il suit, tout ce qui a été dit précédemment.

La beauté consiste, au physique comme au moral, dans un juste équilibre entre nos facultés. Tout ce qui peut blesser cette harmonie est nécessairement vicieux.

S'il est vrai que nos facultés oscillent autour d'un état moyen constant, il faut en conclure que le type du beau doit être invariable, et avoir une valeur absolue.

Ce type ne peut être déterminé que par des observations faites sur Thumanité tout entière ; en se bornant à l'étudier sur une fraction de ce grand corps , sur un peuple, par exemple, on n'obtient qu'une valeur relative qui s'éloigne plus ou moins de la valeur absolue.

Le beau consiste également, sous le rapport de l'intelligence, dans un juste équilibre entre

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toutes les facultés dont elle se compose; aucuue ne saurait s'y trouver .en excès» sans nuire aux autres. Cet équilibre peut exister de différentes manières ; on conçoit en effet que les facultés intellectuelles de Thomme, bien que restant toujours dans une parfaite harmonie entré elleis, soient plus ou moins déréloppéeSr Une intelligence peut être belle et puissante à des degrés différents.

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