partie supérieure deux loges, à Ja partie inférieure quatre loges
formées par de fausses cloisons, comme dans la pomme épineuse. La graine est à albumen développé, l’embryon est recourbé.
Le tabac (nicotiana tabacum) appartient à la famille des solanacées, rangée par Linné dans la pentandrie monogynie. Les caractères sont les suivants :
Le calice est d’une seule pièce, en forme de godet, d’une couleur verte, et découpé en cinq segments aigus et velus légèrement. La corolle en forme d’entonnoir est monopétale; sa couleur blanc rosé dans le bas est d’un rose plus foncé à l’extrémité supérieure; le tube, y compris les pétales, forme presque trois fois la longueur du calice, à limbe plane à cinq divisions égales, courtes et pointues. Cinq étamines, dont une toujours plus courte et quatre autres égales, rapprochées du stigmate avant la fécondation, et s’éloignant lorsque cet organe a été fécondé. La capsule est ovoïde conique, creusée de quatre stries à deux loges s’ouvrant par le sommet en quatre parties et contenant un grand nombre de semences, que j'ai comptées dans diverses capsules et que j'ai trouvées au nombre peu variable de 2,420 à 2,423 pour chaque capsule, dont le poids en moyenne est de 30 à 31 centigrammes pour chaque capsule seule, et de AO centigrammes en comptant l'enveloppe presque sèche. L'embryon des graines est courbé et placé dans l’axe du périsperme.
J'ai pris pour type, dans mes recherches, un pied de tabac parmi bien d’autres et dans des conditions moyennes, qui m'a donné comme hauteur 2",08, 0®,11 de circonférence de tige, 0",77 de longueur de feuille sur 0*,29 de largenr; j'ai pris ces dimensions sur un pied porte-graine, qui ne pouvait en aucune façon, dans ces conditions, servir à la fabrication du tabac de la régie à cause de son plus grand nombre de feuilles, et qui ne pouvait servir qu’à reproduire l'espèce. Les fleurs sont en panicule à l'extrémité des rameaux, latige dans le tabac de culture, dépourvue par conséquent de
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fleurs et de semences, ne dépasse pas 1",30 à 1,45; elle est cylindrique, forte, grosse de 0",12 à{0",14, velue et pleine de moelle. Les feuilles sont ovales, lancéolées, sessiles et prolongées sur la tige de chaque côté de leur insertion; ces feuilles, dans le tabac de culture du Lot-et-Garonne, peuvent atteindre la longueur de plus de 1 mètre sur 0",40 ou 0,45 dans le sens de leur largeur. Leur sommet esi aigu et les bords légèrement ondulés, leur surface est velue, gommeuse, à nervures très-apparentes, leur couleur verte avant la maturité, et se couvre de marbrures jaunes au fur et à mesure que la maturité avance. La racine est fibreuse, rameuse, blanche et d’un goût narcotico-âcre qui fait croire qu’elle contient en quantité plus ou moins grande peut-être de la nicotine et de la nicotianine.
Histoire agricole, culture. — Le tabac demande pour sa culture beaucoup de soin, et la théorie se trouvant souvent en défaut, suivant le pays, le terrain et la température, j'ai dû, pour éviter toute erreur ,me renseigner auprès des planteurs de mon département; je me suis adressé à M. Bardet, propriétaire et planteur de la commune d’'Aiguillon. M. Bardet, un des premiers planteurs du pays, a, par sa pratique et sa longue expérience, obtenu des résultats qui lui ont valu à diverses reprises les éloges des experts, préposés pour estimer la valeur et la qualité des tabacs; je le prie de recevoir ici mes remerciments pour les amples et sûrs renseignements qu’il a bien voulu me donner, |
Le tabac se sème au commencement de mars. La terre à préparer pour recevoir la semence demande les conditions suivantes : On prend une certaine étendue de terrain suivant le nombre de pieds de tabac que l’on doit planter; on enlève sur des planches (mot technique du pays, désignant les plates-bandes devant recevoir le semis), disposées ad hoc 0,10 de terre que l’on remplace par du fumier de cheval ou de bœuf : on met sur cette première couche 0,05 environ de bonne terre que l’on saupoudre d’engrais prove-nant soit des pigeons, des volailles de basse cour, ou de nougat (résidu de la graine de colza). On couvre cet engrais de 0,02 à 0,03 de terre, l’engrais étant trop violent tout seul pour accepter les semences. La semence est jetée sur cette dernière couche que l’on recouvre légèrement de sable fin. Plusieurs planteurs, et M. Bardet est du nombre, croient que la semence, avant d’être jetée sur la terre
pour se développer avec plus de sûreté, doit être nionillée: de façon je c à obtenir un commencement de germination (environ huit ou dix jours). Selon la température, le tabac commence à paraître à fleur
de terre dans quinze ou vingt jours. Du 20 au 25 mai on arrache le tabac venu sur couches et appelé semis, peur être transplanté. C'est le repiquage. Suivant l'espèce, le tabac doit être planté à distance
différente : le tabac ordinaire doit se planter, d'après les lois de la
culture, à 10, 000 pieds par hectare ; le tabac que l’on nomme tabac d'essai ou condensé se plante à 20,000 pieds pour la même super-
ficie de terrain. On ne doit laisser que 7, 8 ou 9 feuilles sur cha-
que pied de tabac ordinaire, et l'on peut laisser jusqu’à 10 feuilles pour le tabac condensé suivant le terrain et le développement du tabac. s Ë La récolte du tabac, même dans la même contrée, selon le terrain ou son exposition à quelques jours de différence, mais en général au commencement d'août, et dure suivant la température quel-
” quefois jusqu’au 8 ou 40 octobre. — Si le tabac a été atteint de la
grêle, il doit être coupé après procès-verbal fait par les employés de la culture et enterré; enfin détruit d’une façon ou d’une autre afin que la contrebande ne puisse l'utiliser.
Le tabac coupé est pendu avec sa tige jusqu'au moment où il pa-
raîit sec, tout en étant néanmoins assez malléable à la main pour qu’il ne puisse se briser. La pente se fait chez quelques planteurs en attachant chaque tige avec une ficelle qui peut, sur sa longueur, en recevoir plusieurs pieds; chez d’autres on accouple deux pieds et on les met à cheval sur des barres placées horizontalement, On enlève le tabac quand il a atteint son degré de maturité convenable, on l’effeuille et on le met en paquets jusqu'au moment du triage. Le triage se fait dans les premiers jours du mois de décembre : on le met en paquets de douze cents manoques qui contiennent chacune vingt-cinq feuilles. La livraison se fait par rang d’ordre, donné
par le magasin, depuis le mois de février jusqu’en avril (fin). Ces,
manoques sont reçues au magasin des tabacs et vérifiées par trois experts devant tenir les intérêts des planteurs et deux experts, M. le
garde-magasin et le contrôleur de culture, devant tenir les intérêts
du gouvernement; ces manoques sont divisées en catégories de surchoix, première, deuxième, etc., qualités payées suivant leur rang. ;
J'aurais voulu pouvoir m’étendre plus longuement sur cette partie
cs de ma thèse, et décrire tous les insectes ennemis du tabac; il m’a été impossible de traiter cette question, que je me propose de reprendre prochainement.
L'un, aux puissantes mandibules, coupe la partie de la tige qui se trouve sous terre; un autre, un petit ver rouge, s’introduit par la racine dans la moelle et fait mourir le tabac; le troisième enfin est un petit ver blanc, qui s’introduit dans la capsule et se nourrit des graines ou semences avant la maturité. Le temps a manqué à mon vouloir pour la classification de ces trois espèces ; j'ose espérer, avant peu, pouvoir traiter ce sujet plus amplement.
Histoire industrielle. — Voulant faire l’histoireindustrielle du tabac jusqu’à ce jour, jai cru ne pas devoir m'en rapporter aux livres écrits il m'a semblé plus justé de voir par moi-même ses diverses préparations. J’ai visité (avec une lettre de M. Buzenot, garde-magasin d’Aiguillon) la manufacture de tabacs de Tonseins, et j’ai pris là les documents qui vont me permettre de décrire cette industrie.
La manufacture de Tonne:1s peut employer un personnel de 1,100 à 1,150 personnes, y compris les employés, les ouvriers et ouvrières occupés à la fabrication.
Autrefois, on faisait à Tonneïns le tabac à priser ou tabac en poudre : cette partie de la fabrication est délaissée aujourd'hui ; j'essayerai, malgré cela, d'en donner la préparation.
Le tabac, sortant du magasin d'Aiguillon, est porté à la manufacture de Tonneins, où il reçoit les préparations suivantes : Scaferlatis ou tabac à fumer : 1° l’écahochage, qui consiste à enlever des feuilles l'extrémité inférieure des côtes ; 2° on le met à la mouillade, qui consiste à mettre le tabac en tas. à l’arroser avec environ 44 ou 45 p. 100 d’eau ; après un certain laps de temps on le mouille encore avec, cette fois, de l’eau salée, contenant 5 p. 100 de sel; il subit, après quelque temps de macération, l'opération du capsage, qui n’est autre chose que l’ajustage par grandeur des feuilles de tabac. On le soumet ensuite au triage, travail confié aux mains des femmes, qui mettent d’un côté le tabac à fumer, de l’autre le tabac pour cigares. Dans un atelier voisin, on fait l’écotage, qui consiste à enlever, dans une certaine proportion, aux feuilles, la côte qui se trouve dans le sens de leur DT et qui peut avoir une grosseur voulue. =
Ces feuilles, ainsi préparées, sont ensuite portées dans des salles 1 2
appelées salles de hachage; des hommes employés pour ce travail mettent dans des machines &d hoc, le tabac, en masse et bienajusté. Ce tabac haché n’a nullement besoin, comme l'ont dit plusieurs auteurs, d'autres préparations pour prendre l'aspect resé qu’il a dans le commerce. On le met ensuite dans une machine appelée torréfacteur, chauffée par la vapeur, d’où il est enlevé pour être transporté dans une seconde machine non chauffée, que l'on nomme torréfacteur à froid. Il passe de là dans d’autres ateliers, où l'on procède à l’empochage par 400 grammes, 500 grammes et 4,000 grammes de tabac : chaque ouvrière employée à ce travail peut faire jusqu’à cinq ou six cents paquets de 1 kilogramme par journée, journée commençant à six heures du matin et se terminant à cinq heures du soir. Les tabacs du Lot-et-Garonne, très-chargés en nicotine, ne servent guère à la fabrication des cigares de prix. Les tabacs étrangers, les havanes, les kentucki, donnent surtout l'enveloppe ou robe. Les qualités supérieures du Lot-et-Garonne, mêlées aux tabacs du Bas-Rhin et autres, forment l’intérieur.
Les feuilles à employer pour les cigares doivent remplir les conditions suivantes : on les mouille d’abord avec de l’eau douce, on , les lave ; elles doivent rester environ douze heures dans l’eau douce. On les met sous presse; on fait macérer, avec l’eau que l’on a retirée des kentucki mis à la presse, et qui ont déjà été soumis au mouillage. La macération doit durer.deux heures. On les passe de nouveau à la presse et de là à l’écotage, qui consiste à enlever, pour les feuilles à cigares, la côte dans tout le sens de leur longueur. On porte ces feuilles ainsi préparées au torréfacteur, d’où on les retire quand elles ont atteint un certain degré hydrométrique. On le met + en masse quelque temps, et on le trie. 1l passe dans les ateliers de fabrication après avoir subi ces diverses préparations. Ces ateliers, qui se composent de plus de mille ouvrières à la manufacture de Tonneins, sont divisés par salles ayant chacune ses spécialités : ici, on coupe les feuilles pour en faire des robes de cigares ; là, on coupe le tabac qui doit servir à former l’intérieur. Dans d’autres encore, on fait les cigares. — On met les cigares au séchoir jusqu’à ce qu’ils remplissent les conditions voulues pour être mis en paquets. Chaque paquet se compose de vingt-cinq cigares, portant sur le papier qui l'enveloppe le timbre de la régie. Les cigares de Tonneins, qui, je crois, se préparent comme je viens de le dire, ont obtenu en France une certaine réputation.
Tabac à priser ou en poudre. — Les tabacs, les riches en nicotine, sont destinés à la fabrication du tabac en poudre. Pour cela, on fait un triage (appelé dans la manufacture poulardage) et l’on mouille à l’eau contenant environ 44 à 45 p. 100 de sel, etl’on met environ 20 p. 100 de ce mélange sur les feuilles; on les hache, on les met en masse où elles restent en fermentation pendant huit ou dix heures suivant la température. On râpe, après ce temps, à l'aide de machines ad hoc dans le genre des grands moulins à moutarde, On l’étend dans des chambres en chêne, et on le mouille avec de l’eau salée à 20 p. 100. Ilest mis ensuite dans des cases de chêne bien closes, On le laisse dans ces cases deux ou trois mois ; on le change de case, puis on le mêle. Après l’avoir passé au tamis, on l'étend dans une grande salle où on le laisse de quarante à cinquante jours, et on le tamise de nguveau. Il est expédié dans les divers entrepôts dans des bocaux de terre ou de grès.
Une autre variété de tabac employé dans la consommation, est le tabac qu’on appelle tabac en carotte, Les feuilles subissent la même préparation que cell; employées au tabac à fumer, comme layage et écotage. Ces feuilles, après ce travail, sont triées, pliées et accolées ensemble pour faire un poids donné, portées dans une chambre jusqu'à ce qu’elles atteignent un degré voulu. Certains fumeurs préfèrent cette préparation, ils coupent eux-mêmes ces feuilles, qu’ils fument dans les pipes,
Avec les bonnes qualités de tabac on fait aussi ce que l’on appelle les rôles menu-filés ou tabac à mâcher. Cette espèce ne diffère guère de la précédente comme préparation des feuilles ; ces feuilles, plus humectées, sont enroulées de façon à faire une corde d’une certaine longueur pour donner un poids voulu; elles sont ensuite roulées comme on le fait des cordes de navires, et soumises à la presse pour leur donner le volume réglé par la régie.
Dans la manuafcture de Paris on vend le suc extrait des tabacs à mâcher aux horticulteurs, qui s'en seryent pour arroser les fleurs et les arbustes; ce suc détruit les pucerons dont les plantes auraient beaucoup à souffrir.