‹ Du Tétanos CéphaliqueChapitre 74 sur 82 · ASPECT CLINIQUE. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

ASPECT CLINIQUE. — DESCRIPTION

Insidieuse dans son début, assez lente à s'établir, traitresse dans sa marche et par ses complications longue à guérir ou mortelle assez rapidement, tels sont en quelques mots les caractères généraux de la forme faciale de l'infection tétanique.

Après une chute sur les cailloux d’une route, sur les pavés d’une cour d’écurie, à la suite d'un coup de feu, d’une ulcération mal soignée, d'une morsure de cheval, un individu porte à la face une plaie qui, au bout de quelques jours, tantôt se met à suppurer légèrement, tantôt parvient à guérir ; cette plaie, insignifiante la plupart du temps, contuse assez souvent, gêne assez peu le malade ordinairement pour que, dans beaucoup de cas, il n’interrompe point ses travaux et ne prenne pas le lit: quand, au bout de quelques jours, après une période variant entre deux et vingt-deux jours (8 jours en moyenne), pendant laquelle rien ne permettait de soupçonner le danger, sans avoir eu de fièvre ni de frissons sans avoir perdu l'appétit, ni le sommeil, le [patient se réveille avec de la raideur dans une ou deux mâchoires, voire même de la douleur: il a de la difficulté à parler, éprouve de la gène dans la mastication. La gêne, la raideur deviennent bientôt de la contracture et des

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spasmes et le trismus s'établit, caractéristique. La plaie la plupart du temps est cependant alors cicatrisée et le malade, n’y attachant plus d'importance, n’attire l’attention du médecin que sur sa douleur et son trismus. Le malade maintenant s’alite, les symptômés vont en s’aggravant; le côté sain du visage se contracture à son tour et la face du côté blessé, se paralyse entièrement: bouche déviée et abaïssée laissant écouler de la salive, sillon nasolabial effacé, joue flasque, rides frontales disparues, œil grand ouvert, rien ne manque au tableau classique de la paralysie faciale.

Contracture et paralysie coexistent d’ailleurs assez fréquemment et la face grimaçante du patient revêt ce masque terrifiant que les auteurs ont décrit sous le nom de rire sardonique.

Mais, chose assez naturelle d’ailleurs, ee n’est pas son asymétrie qui inquiète le malade, c’est la persistance, l’aggravation de la douleur qui devient intolérable, c’est la fermeture de plus en plus complète de ses deux mâchoires qui l’effraye: il ne dort déjà plus, il prévoit le moment où son alimentation déjà très difficultueuse avec des liquides seulement, va cesser ; chaque fois, en effet que, par le faible espace qui reste entre ses arcades dentaires on parvient à lui faire avaler quelques gouttes de liquide, une cerise douloureuse se produit, un accès de contractures survient ; il faut attendre la fin de la crise, et, quand elle est terminée, par crainte d'en avoir une nouvelle, le malade, exténué, refuse toute alimentation ; la dys-

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