ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous passerons rapidement sur ce chapitre qui même à l'heure actuelle est encore mal élucidé pour le tétanos général, et, à plus forte raison, pour sa forme faciale.
De nombreuses recherches ont en éffet été provoquées par cette question intéressante, mais les résultats sont presque nuls.
Lésions macroscopiques. — Les autopsies qui sont aujourd’hui en nombre suffisant pour qu’on puisse en tirer quelque conclusion, n’ont rien appris sur les lésions du tétanos céphalique.
Tous les auteurs sont d'accord pour observer une certaine hyperhémie des tissus nerveux en général et des centres en particulier:
Du côté du cerveau tout se borne à de la congestion qui n’aboutit d’ailleurs jamais jusqu’à l’extravasation sanguine.
Enfin du côté de la moelle, même résultat négatif ; cependant, ici, les lésions sont plus apparentes et paraissent avoir davantage retenu l'attention des auteurs ; on a trouvé un certain degré de congestion des cornes postérieures, et une augmentation du liquide céphalo-rachidien.
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Du côté des nerfs périphériques, on a observé des lésions de névrite parenchymateuse, avec les caractères de la dégénérescence descendante, névrite occupant le territoire du traumatisme initial surtout et les zones de contractures.
Lésions microscopiques. — Les lésions microscopiques ont aussi été longtemps négatives, mais, depuis l'avènement de la méthode de Nissi, les auteurs ont pu observer des altérations dans la cellule nerveuse, quoique ces différents expérimentateurs ne soient. pas d'accord sur la nature de ces altérations cellulaires.
Péchoutre, qui, dans sa thèse, a résumé les travaux faits sur cette question, en a dégagé cette opinion générale :
Il y a une lésion de la celluie nerveuse par le poison tétanique et elle se traduit par une modification des granulations de Nissl.
Cette opinion que Péchoutre a en quelque sorte démontrée par les recherches personnelles qu'il a faites sur les animaux, et qui lui avaient fait voir des anomalies dans la forme et dans la disposition des granulations de Nissi, est également vérifiée par l'examen histologique fait par ZLortat-Jacob sur le bulbe de son malade, examen dans lequel, nous l’avons vu, on a constaté une véritable chromatolyse, des déformations dans la forme générale de la cellule, des altérations nucléaires, et des vacuoles nombreuses.
Un autre examen semblable a été fait dans le cas
de /Jitzig et a démontré les mêmes altérations qui semblent se rapporter d’ailleurs à certaines descriptons déjà anciennes des lésions médullaires du tétanos par Lockart-Clarke et Dickinson, étudiées sous le nom de foyers de désintégration granuleuse.
Wodds, Aufrecht, Amidon et Rose, ont également décrit ces adultérations pigmentaires de la cellule nerveuse et, en dernière analyse, il semble bien que, jusqu'ici au moins, on doive la considérer comme la signature particulière du tétanos, comme sa lésion caractéristique: mais ce n’estlà qu’une hypothèse vraisemblable et Les faits sur lesquels elle repose ne sont encore ni assez nombreux ni assez constants pour qu'on puisse en faire une loi absolue.
Quant aux altérations musculaires, elles sont en somme peu de chose, et consisteraient en une dégénérescence graisseuse de la fibre musculaire qui perdrait sa striation transversale, et en une prolifération
marquée des noyaux du sarcolemme.