‹ Du Tétanos CéphaliqueChapitre 79 sur 82 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de cette affection, naguère diflicile alors qu’on connaissait peu cette forme faciale du tétanos, est en effet aujourd'hui relativement facile, grâce aux nombreux travaux parus sur celte affection et sur sa symptomatologie en particulier.

Arrivé à sa périoded’état, avec le cortège des symptômes si caractéristiques qui ont été décrits: plaie dans le territoire du trijumeau, trismus du côté de cette plaie au début et paralysie faciale, qui forment une triade des plus constante, le tétanos facial ne devrait cependant donner lieu à aucune méprise.

Mais au début, alors justement qu'il est le plus intéressant, le plus urgent de le faire, le diagnostic cesse d'être facile.

La triade n’est pas au complet, ou l’un de ses termes passe inaperçu :

La plaie, souvent cicatrisée, insignifiante et oubliée parfois du malade, le trismus, faible et unilatéral, l'apparition tardive de cette paralysie insolite (au 2/7 jour dans un cas), n’imposent pas toujours le diagnostic et l'erreur est possible.

Quelles affections non tétaniques peuvent donc prêter à la confusion ?

Que le signe initial soit un trismus unilatéral et

une douleur localisée du même côté et rien n’est aisé comme de méconnaître le tétanos.

. Le traumatisme direct sur un rameau nerveux du facial, le froid, une carie dentaire, l'évolution d’une dent de sagesse, l'hystérie elle-même peuvent donner lieu à de semblables symptômes.

Le tic douloureux de la face est susceptible de provoquer pareille contracture et douleur.

Les spasmes traumatiques, bien étudiés par Colles et Follin, ressemblent par plus d’un point à un début de tétanos facial : l’étiologie et les contractures sont parfois identiques et c’est l’absence du bacille de Nicolaier qui tranche surtout les deux affections.

Le diagnostic de tétanos est supposé fait :

Mais, il ne suflit pas de l'avoir reconnu, il faut encore le ranger dans le groupe auquel il appartient, dans une des quatre formes de tétanos céphalique ; tant que la paralysie faciale n’est pas apparue, cela est difficile, car iln’y a pas plus de signes certains pour affirmer que l'infection restera cantonnée aux muscles faciaux, ou se généralisera, qu’elle atteindra plutôt le pharynx, ou le nerf facial, qu'il n’y à d'indications précises pour pronostiquer la guérison ou l'issue fatale.

Une fois la paralysie et le trismus bien caractérisés le doute au contraire n’est plus permis :

Conclusion. — En résumé, toutes les fois qu'à la suite d’une plaie de la face qui a été mal pansée, souillée de poussières, ou de terre, ou qui renferme

des corps étrangers quelconques, on constatera des phénomènes de contractures isolés, ou seulement une asymétrie du visage, il faudra penser à la possibilité du tétanos céphalique à paralysie faciale et, quoique l'apparition seule du trismus puisse permettre d’aflirmer le diagnostic, on ne saura l’attendre

pour instituer le traitement approprié.

Page 1