EBREÜRS DE VOCAUSATION BT DE PONCTUATION
Les fautes de vocalisation et de ponctuation des Masorètes sont nombreuses. Nous en examinerons ici quelques-unes seulement; les autres trouveront une place plus convenable dans la suite de ce travail.
Le psaume VIII, qui exprime en termes si élevés la petitesse physique et la grandeur morale de l’homme en présence de l’univers et des cieux étoilés, commence ainsi d’après le texte reçu :
Etemel, notre Seigneur,
que ton nom est magniüque par toute la terre,
Qui... Dorme ta majesté sur les cieux!
Il est manifeste qu’un pronom relatif ne peut pas
être suivi d’un verbe à l’impératif. C’est pourtant ce que les ponctuateurs ont voulu, car '“iJO ne peut être que l’impératif de la racine pu donner, avec n paragogique. Nous ne discuterons pas les différentes interprétations proposées jusqu’ici. Elles sont toutes ou insignifiantes, si elles admettent la ponctuation masorétique, ou d’une hardiesse excessive, si elles modifient le texte. Faisons d’abord une observation de toute simplicité, qui semble avoir échappé au ponctuateur. Puisque le premier distique se retrouve à la fiii du psaume, comme une sorte de refrain, il est infiniment probable qu’il forme à lui seul une phrase complète.
ne se rapporte donc pas à la terre, mais forme le commencement d’une nouvelle phrase. Le verbe qui suit ne peut être qu’un parfait et se rattache vraisemblablement à une racine très-rare dans l’Ancien Testament, mais qui se retrouve pourtant dans Hosée VIII, 9 et 10, et qui signifie, comme toutes les racines voisines, s'étendre (1). Il doit donc se lire 'ijn et nous traduisons alors sans difficulté :
O toi dont la majesté est répandue sur les deux,
3. qui de la bouche des enfants et de ceux qui tettent as fondé une force,
A cause de tes adversaires,
pour confondre celui qui ne respire que haine et vengeance t
Le sens de cette invocation rentre alors très-bien dans l’idée générale du psaume. Les deux racontent si clairement la gloire de Dieu (Comp. XIX, 1), quelesplus petits enfants comprennent leur muet langage; ce
(1) C«tte signification convient parfaitement au passage d'Hosée :
«c EphraTm étend des amitiés » (a des alliances) ; hiphil. c Quoiqu’ils ."t'étendent (o\x se répandent) parmi les nations... » kal. Comp. aussi l'arabe tanaa^ habiter.
qui est une preuve sans réplique de l’existence du Créateur, et qui confond les ennemis de Dieu ou les athées (1).
Dans un passage très-remarquable, dirigé contre le formalisme des Hébreux , contre les sacrifices que n’accompeigne pas un profond sentiment de piété, et inspiré du même esprit qu’Esaïe I, 10-14 ; Ps. XL, 7-9; LI, 18, 19, l’auteur du psaume L, s’exprime ainsi, d’après le texte reçu :
9. Jo ne prendrai pas de ta maison les taureaux, de tes bergeries les boucs,
10. Car à moi sont toutes les bêtes dos forêts, les animaux dans les montagnes de bœuf,
ou ; « dans les montagnes de mille, » car r|Ss signifie l’un et l’autre. Mais il est évident que ni l’un ni l’autre n’est admissible, et je ne perdrai pas mon temps à le démontrer. Comme il est dit ensuite ;