Oui! c'est lui qui te délivrera
Il serait trop long de discuter en détail les traductions diverses que les versions anciennes et les commentateurs modernes donnent de ces deux premiers versets. Qu’il nous suffise d’affirmer qu’elles sont arbitraires, contraires aux lois de la syntaxe hébraïque, et que, si elles font disparaître l’une des difficultés, elles laissent subsister les deux autres. Mais il suffit de lire (participe présent), au lieu de ipit (je dirai), pour que toutes les incohérences que bous avons signalées disparaissent à la fois :
O toi qui habites à l’abri du Très-Haut,
qui loges (1) sous la protection du Tout-Puissant,
Qui dis à l'Étcrnel : u Mon asile et ma forteresse! mon Dieu, en qui je me confie ! »
Oui ! c’est lui qui te délivrera...
(1) Comp. Gesenius, Hehr, Oramm., § 134, Rem. 2; E».V,8et suiv,, XXXI, 1, etc. De mémo dans le Coran, d ceux qui croient signifie d voue qui croyez 1
Le psaume se poursuit ainsi jusqu’à la fin, toujours à la deuxième personne, et sans la moindre incohérence (1).
Nous pourrions multiplier ces exemples, mais nous craindrions de fatiguer le lecteur (2). Nous passons à une méprise d’un autre genre.
L’auteur du psaume LV s’exprime ainsi, d’après le texte reçu, en parlant de ses ennemis ;
(1) On a reconnu depuis longtemps qu"ii faut suppléer un mot omis par négligence au verset 10 :
Puisque [tu as dit] : « Tu es mon asile, d Eternel î »
A partir du verset U, je crois qu'il faut traduire ainsi (comp. Ewald, Lehrbuch der Kehr^ Spr., § 350 b., G" éd.) :
Car il donnera pour toi ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies,
De te porter sur les mains
de peur que ton pied ne heurte contre la pierre.
Qu'il ne marche sur le lion et la vipère, qu'il ne foule le lionceau et le dragon :
« Puisqu'il s’est attaché h moi« je le délivrerai, etc. »
Ce sont les paroles que l'Eternel adresse aux anges pour leur recommander le fidèle.
(2) Qu'il nous soit permis d'en signaler encore quelques-uns à l'at-
tention des exégètes. Ps CIV, 5 et 19, les verbes sont des participes : c Toi qui fis,» « toi qui fondais,» comme aux versets 2, 3, 4, 10, 13, 14. De cette façon, chacune des cinq premières strophes commence par un ou plusieurs participes, et la simplicité harmonieuse de la composition apparaît alors dans tout son jour. — XLIX, 15, je lis (comp. II, 9) « la mort les détruira » au lieu de les paîtra, qui donne, à mon avis, un sens trop faible, ou fera sapàtître, qui est peu naturel. Je lis aussi, au même verset participe pièl : « le
Sheol leur donne une demeure. » — XVII, 3 et 4. Le dernier mot du verset 3 doit commencer le verset 4 :
Je réfléchis, sans que ma bouche transgresse, aux actions des hommes.
— LXXX, 18. Le dernier mot du premier membre doit commencer le second. — XII, 9. Je Us , de ^ :
Dès que tu te lèves, tu fais trembler les humains.
J'avoue pourtant sans difficulté que plusieurs de ces conjectures sont sujettes à caution.
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