Car tu nous délivras de nos ennemis
Et tu couvris do honte nos haïsseurs.
Nous renverserons nos ennemis, car tu nous as délivrés de nos ennemis! Conçoit-on un pareil langage? On dira peut-être qu’il ne s’agit pas des mêmes ennemis, des ennemis actuels du peuple d’Israël, dans les deux passages (v. 6 et 8), que le premier se rapporte aux ennemis présents qui ne sont pas encore vaincus, mais qui le seront bientôt, suivant la ferme espérance du psalmiste, et le second aux ennemis passés, dont Israël a triomphé avec le secours de Jéhovah, en sorte que, dans la pensée du psalmiste, le passé répond de l’avenir. Mais pour que cette interprétation fût fondée, il faudrait qu’il eût été déjà question des ennemis présents ; ce qui n’est pas ; il n’en sera question qu’à la deuxième strophe. Il faudrait surtout que le psalmiste eût en effet la confiance qu’on lui prête. Or, bien loin de compter sur la victoire, il se plaint, dans la deuxième strophe tout entière et dans la plus grande partie de la troisième, que Dieu ait abandonné son peuple et le laisse écraser par ses ennemis. Il est donc clair que
dans tout ce passage il s’agit uniquement des victoires des Hébreux sur les Cananéens et que par conséquent les futurs des versets 6 et 7 sont en réalité des imparfaits :