‹ Du texte primitif des Psaumes, explication des passages les plus obscurs de ce livreChapitre 21 sur 58 · L’Eternel est ma part de portion et de coupe · texte numérisé non relu

L’Eternel est ma part de portion et de coupe

C’est toi qui soutiens mon lot,

La forme serait grammaticalement la deuxième personne du singulier du futur hiphil de ?jO'. Mais cette racine n’existe pas et rien ne permet de supposer qu’elle ait jamais existé. Les exégètes ont donc admis, en désespoir de cause, que ce mot était équi-

(1) Comp. Texpression « le peuple du pays », c’est-à-dire les paysans, pnr opposition aux nobles. Ez. VU, 2 Rois XI, 18-20; XV, 5; XVI, 15; XXI, 24. etc.

(2) Oéuitif de Tobjet, et non du sujet : les noms, c’est-à-dire les divinités, qu’ils invoquent. signifie parfois la Divinité. Lév. XXIV, 11, 16 ; Deut. XXVIII, 58, etc. Comp. aussi eu latin nomen et nwnen.

valent à ijDifi , participe présent de la racine ^on soutenir. Mais outre que cette identification serait trèsdifficile à justifier, il faut avouer que la locution soutenir un lot, est bien extraordinaire et qu’on ji’en comprend pas aisément le sens. On ne voit pas non plus pourquoi le premier vers est à la troisième personne, et le second à la deuxième. Nous ferons disparaître cette double difficulté en joignant nrtt au premier membre, et en lisant au second (avec

orthographe pleine, comme Jér. XXXI, 34, etc.), tes perfections :

Eternel, tu es ma part d'aliments (l)etde breuvage; tes perfections (2) sont mon partage.

Au lieu d’une portion des offrandes et des libations qu’il ne peut offrir loin du sanctuaire, David se réjouit d'avoir pour nourriture et pour breuvage les perfections de l’Eternel, sa fidélité, sa justice, sa sagesse, sa puissance, sa bonté. Nous retrouvons encore ici, sous sa forme la plus pure, le * culte en esprit et en vérité, > si souvent recommandé par les psalmistes et les prophètes en opposition au culte formaliste de la masse des Hébreux (3).

Le distique suivant nous paraît devoir se traduire ainsi :

6. Des lots me sont ôclius parmi les [plus] agréables; même un héritage magnifique est à moi.

Ces lots, ce sont les perfections de l’Eternel; cet héritage, c’est V Eternel lui-même. Au lieu de croire.

(1) Littéralement : Ma part de portion et de coupe. Mais il s’apit ici d'une portion des od’randeâ ou des victimes, comme Lév. \‘l, lU.

(2) Comp. Deut. XXXllI, 8.

(3) Comp. Ps. XL, 7-9; L, 8-13; Lï, 18, 19; Li. I. UM4,eU\

comme la plupart des exégètes, le texte altéré en cet endroit, et de lire, d’après les Septante, ;

\tnon] héritage est beau, pour moi, nous modifions simplement la vocalisation, et nous lisons n'pn: (fcomp. Job XXVI, 13) : < Un héritage de magnificence est au dedans de moi. » (Comp. Ps. XLTI, 5, 6, 7). Le reste du psaume o6Rre peut-être encore quelques difficultés, mais aucune qui nous paraisse provenir de l’altération du texte (1).

Le psaume XC, cette belle * prière de Moïse » sur la brièveté de la vie humaine, me paraît aussi avoir subi quelques altérations du même genre. Voici la traduction fidèle du passage en question, d’après le texte reçu:

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