Voici, ils blasphèment de leur bouche
(1) Comp. Ps. XVIII, 27 (2 Sam. XXII, 27). Comme ce terme est très-rare, il n'est pas étonnant que le copiste l'ait confondu arec l'autre, qui est beaucoup plus usité.
(2) Comp. Lam. III, 45. Ce terme aussi est trée-rare dans ce sens (comme substantil), et c'est ce qui explique l'erreur du copiste.
des glaires sont sur leurs lèvres, car ; — « Qui entend ? »
Ces glaives sont naturellement pour ceux qui acceptent le texte reçu, des paroles méchantes, tranchantes comme un glaive; et l'on peut soutenir cette interprétation par la comparaison de LV, 22 :
Scs paroles sont plus douces que l’huile, mais elles sont des [épées] nues.
Seulement, il ne s’agit pas ici, comme dans le passage cité à l’appui, de paroles blessantes dirigées contre des hommes, mais de blasphèmes contre Dieu, qui ne les entend pas, au point de vue des impies, et qui, au point de vue du psalmiste, ne saurait assurément en être atteint, puisqu’il les méprise (v. 9). Cette expression est donc tout à fait déplacée dans le contexte. Mais il suffit de lire nisin au lieu de mnn pour obtenir un sens bien autrement satisfaisant :
Des outrages (1) sont sur leurs lèvres, car, [pensent-ils] : o Qui entend? » (2)
(I) Comp. LXIX, 11.
(S) Noua dunnoua en note, et sans les expliquer longuement, quelque$ currectioDâ moios imporUinies ou moias sûres.
LXXllf IC : Ils fleuriront de la ville Je lU, quoique avec
une cerLaiuu hcsitatiou : VVD, « ses entrailles fleuriront (= seront fécoodes) comme l'herlte de la terre. »
LXXIV, 11 : Pourquoi retires-tu ta main et ta droite?
Hors du milieu de ton sein ! Anéantis!
1;^. Et Dieu [est] mon Roi clés l'origine, qui opéra des délivrances, etc.
Je lis de même: (Comp. pour le sens de pTH
Jér. XX, 7, et pour la confusion du t et du T Deut. II, 35; 111,7):
Pourquoi retires-tu ta main
et ta droite de la rencontre de ton agresseur?
Anéanli.s-le, à Dieu, mon Roi,
qui dés Torigine opéras des délivrances, etc.
Digm/cti by "xOO^k*
Nous allons maintenant essayer d’élucider l’un des textes les plus obscurs qui se trouvent dans toute la Bible : CX, 3. Voici la traduction littérale du texte reçu :
Ton peuple (est plein de) bonne volonté au jour de ton armée ;
en ornements sacrés, du sein de l’aurore (?), pour toi |s'avance| la rosée de ta jeunesse.
C’est-à-dire, d’après la plupart des interprètes, ta jeunesse nombreuse comme les gouttes de rosée (Comp. 2 Sam. XVII, 12; Micb. V, 6).
Il faut avouer pourtant que l’ensemble de ce passage n’est pas clair. Les versions anciennes n’y ont rien compris. Dans leur perplexité, elles ont supprimé le mot rosée, qui les embarrassait le plus, et n’ont point réussi, malgré cela, à faire une phrase suivie, ni qui présentât un sens tolérable. Mais Symmaque et saint Jérôme nous fournissent une variante précieuse, confirmée en outre par quelques manuscrits. Âu lieu de 'P ntm en ornements sacrés , ils ont lu ’p mro sur les montagnes saintes. Et comme au jour de ton armée n’est pas une locution naturelle pour dire au jour où tu livras bataille, nous nous croyons autorisé à modifier la vocalisation et à lire ’P q'j’n ora
Ton peuple (fut plein de| bonne volonté,
au jour où lu fondis sur (1) les montagnes saintes.
Cette restitution de la première partie du verset nous Même psaume, verset 14 :
C’est toi qui fracassas les tête.s de Léviathan (l’Egypte), qui le donnas en pâture au ptupUy aux l>étes du déaert.
Je Iis AU lieu de D7 : aux oiseaux^ aux bêtes du désert. Pour l'omission de ef, comp. Ex. XXIII, 11.
(l) Ou tu fi* invasion. Comp. Hoa. XI, 6; Lam. IV, 6; Jér. XXIII, IS; XXX, 23.
mettra peut-être sur la voie de la restitution de la seconde. Comme irura n’a jamais voulu dire aurore (l)t mais peut se lire de manière à former un participe piël très-régulier, ainsi que paraît l’avoir déjà reconnu la sixième version citée par Origène dans ses ffexaples (Znrliao'jol es), nous proposons de lire, en faisant aussi du mot précédent un participe piël : S» qS inüD orno
Il (t’] aime (2), il te recherche (3).
à cause de ta jeunesse (4).
Le jeune roi, auquel s’adresse le psalmiste, aurait donc été accueilli avec faveur par le peuple, lorsqu’il fit pour la première fois son entrée à Jérusalem, après avoir occupé avec son armée les montagnes qui l’environnent (Comp. LXXXVII, 1; CXXXIII, 3).
Il n’entre pas dans notre dessein de toucher à la question d’authenticité; sans cela, nous montrerions que rien ne s’oppose à ce que ce roi fût David luimême, qui n’avait que trente ans quand il devint roi à Héhron et trente-sept quand il s’empara de Jérusalem (2 Sam, V, 4, 5), dont la popularité était grande (III, 37), et dont la piété un peu .sacerdotale (VI, 14 ; « Il
(1) Aurore se dit toujours "ÎITO.
(2) Cette racine signifie en général, au avoir compassion; mais elle revôt aussi le sens de chérir (CIII, 13). Les Septante le traduisent deux fois par àyairaw. Et il a en tout cas ce sens au kaî. (XVIII, 2). — Le pronom sert pour les deux verbes.
(3) Comp. Job XXI\\ 5, etc.
(4) La rosée s’est peut-être glissée dans ce texte parce qu’on croyait qu'il y était d’abord question de Vaurore. La restitution que je propose a l’avantage de rendre à rn*T^ sa signification ordinaire de jeunesse dans le sens ti' adolescence^ confirmé par Eccl. XI, 9, 10, et non dans le sens de jeunes gens^ qu’il n’a jamais. Cependant si ce changementdu 12 en 9 paraissait trop hardi (et je ne le propose moimême qu’avec hésitation), on pourrait consen’er sur ce point l’opinion commune et traduire : « Elle t’aime, elle ta recherche, la rosée de ta jeunesse, »
était revêtu d’uu épliod de lin>) rappelait naturellement le prêtre-roi Melkisédek,qui avait jadis régné au môme lieu où il venait lui-même établir son trône. La bataille dont il est ensuite question doit être l’une de celles que David livra aux Philistins peu après la prise de Jérusalem (V, 17-21 et 22-25), et dans lesquelles, grâce au secours de l’Eternel, il les défit entièrement. La fin du psaume, si obscure en apparence, ofirira peu de difficultés, si l’on se souvient, comme nous l’avons déjà vu, que le futur peut aussi se rendre par l’imparfait.
Il a écrasé un chef sur un grand pays (IJ.