Béni soit le Seignenr
Chaque jour le Dieu fort nous apporte notre délivrance (1).
Telle est la construction la plus naturelle et la plus satisfaisante, à ce qu’il nous semble, de ce texte si controversé. La pensée qui en résulte rentre bien dans l’idée générale. Jour après jour Dieu délivre son peuple, d’abord de la servitude d'Egj'pte (v. 6 et 7), puis des fatigues et des périls du désert (10 et 11), puis des Cananéens du sud (12-15), enfin des Cananéens du nord (16-20).
Suit une strophe où nous n’avons rien de particulier à relever (2). Puis vient le verset 25 ; « Ils (sans doute les ennemis vaincus et prisonniers)
Ils ont vu tes processions, ô Dieu !
les processions do mon Dieu, de mpn Roi dans le .sanctuaire, n
Comme ces processions étaient composées, nonseulement de chantres’, de musiciens, de joueuses de
(1) On traduit souvent : « Béni soit le Seigneur chaque jour! Nous
iinpoe^t-on [un fardeau], Dieu est notre délivrance. » Mais, outre qu'on supplée le régime direct, qui est un peu hardi, il faudrait, pour cela, que le texte portât et non pas IjS. La racine DQ7
veut simplement dire porter, en héhreu comme en phénicien. (Es. XLVl, 3; Néh. IV, 11, etc.; inscr. d'F^shmounazar (l. 5 et 7), de Marseille (1. 13), et de Carthage (1. 3). C'est la préposition qui détei*mine le sens d'imposer ou charrjrr (Gen. XLIV, 13; Néh. Xill, 15, ou celui d’apporter (Ks, XLVI, 1, e. ici).
(2) Nous traduisons ainsi les versets 23 et 24 :
Le Seigneur avait dit : J' [en] amènerai de Bashan (de-s ennemis),
j' [en] amènerai des profondeurs de la mer — (des Iles de la Méditerranée),
Pour que ton pied [les] écrase dans le sang, etc.
Mais U se pourraitqu'au lieu de ^Tt?2n. le texte primitif portftt ^Tl?r: Pour que ton pied se baigne ou pour que tu laves ton pied dans le •ang.
tambourin (v. 26), mais aussi de Benjamin, c’est-à-dire sans doute d'un certain nombre de chefs et de soldats de la tribu de Benjamin, des chefs de Juda, de leur escorte, des chefe de Zahuîon, des chefs de Nephthali (v. 28), il faudrait supposer qu’on avait construit après la victoire une sorte de temple provisoire, assez spacieux, où l’on avait déposé l’Arche et dans lequel ces processions auraient eu lieu. Cela ne serait pas impossible, mais n’est gnère probable; d’autant plus qu’il faudrait que les captifs, ou en général la foule eût été admise dans l’enceinte du sanctuaire ; sans cela, le psalmiste ne pourrait pas dire : * Ils ont vu tes processions. » Je propose donc de lire üfii?, la ville de Qjédesh, au lieu de sfif sanctuaire. D’après cette conjecture, les processions destinées à rendre grâces à Dieu pour la victoire que les Hébreux venaient de remporter sur les Cananéens du nord, auraient eu lieu dans cette ville, située à l’ouest du lac de Mérom, et qui fut peu après assignée aux Lévites, en même temps qu’elle devint une des villes de refuge. — Les chantres disaient, au son de la musique et des tambourins :
27. O Dans les assemblées bénissez Dieu le Seigneur, descendants d'Israël ! »
Et les guerriers répondaient, en s’adressant aussi au peuple :