‹ Du texte primitif des Psaumes, explication des passages les plus obscurs de ce livreChapitre 4 sur 58 · La délivrance. 7. Les délivrances · texte numérisé non relu

La délivrance. 7. Les délivrances

Jéhovah. Dieu.

car Dieu les avait rejetés.

Les versets 5 et 6 du premier oflrent, malgré la complète différence de la pensée, trop de ressemblance dans les lettres avec le verset 6 du second, pour que l’un des deux au moins ne soit pas la reproduction conjec> turale d’un texte effacé et presque illisible. — On remarquera que le nom de Jéhovah a été quatre fois remplacé par celui de Dieu. Le même changement a eu lieu quatre fois aussi dans le psaume LXVIII (2, 8 et 9), comparé à Nombr. X, 35, et au début du chant de Débora (Jug. V, 4 et 5) ; il en est résulté, la dernière fois, cette locution étrange : devant Dieu, Dieu d’Israël, tandis que le texte primitif devait porter, comme celui de Débora ; devant Jéhovah , Dieu d'Israël. — Au reste, si le texte du chant de Débora est plus fidèle

sur ce point (et plus complet), il paraît l’ètre moins à d’autres égards (1) ; mais peu importe à notre sujet.

Ce changement du nom de Jéhovah en celui d’Elohim se rencontre encore deux fois dans le psaume LXX (2 et 5) comparé au XL' (14 et 17). Seulement, il se présente ici deux circonstances curieuses ; d’abord, le nom de Jéhovah a été conservé une fois au verset 2 ; ensuite, tandis que le p.saurae XL porte, au verset 18 : Mon Dieu, le psaume LXX porte au contraire dans la jihrase correspondante : Jéhorah (v. 6).

Que conclure de ces différents faits ? C’est qu’à une certaine époque, nous ignorons pour quel motif (2), les psaumes qui composent le second livre du recueil (XLII - LXXIl) , au moins un assez grand nombre d’entre eux, ont été l’objet d’une révision ou d’un remaniement ayant pour but principal d'éliminer de ce livre le nom du Dieu national des Hébreux. De là ces expressions étranges et difficiles à ex pliq uer autrement ; Dim^ mon Dieu (XLIIl, 4, XLV, 8, L, 7), Dieu, notre Dieu (LXVIl, 7), Dieu, Dieu d’Israël (LX’VIIl, 9), peut-être aussi ; O Dieu! tuesmon Dieu fort (LXIII, 1). Mais quand les motifs qui avaient déterminé ce changement cessèrent, les scribes rétablirent le nom de Jého-

(1) Quand il fait aorlir Jéhovah deüéir et xxidivç\iw dam les champs d'EdonXy tandis qu'il s'agit évidemment de la sortie d'Egypte.

(2) On pourrait supposer que dans les derniers temps de la monarchie Israélite, les Assyriens avaient interdit en Judée l'usage do nom de Jéhovuh et forcé les Hébreux k modifier dans ce sens le texte de leurs livres religieux. Cette conjectui*e m'est inspirée par 2 Rois XXIII, 34, où l'on voit que le roi d'Egypte Nécho, après avoir vaincu les Assyriens et s'étre emparé de Jérusalem, fit roi Eliakim (a Dieu relèvera), et changea son nom en celui de Joiakim (mm Jéhovah relèvera). Il aurait lait cela, dans mon idée, pour montrer qu'il ne voulait pas imiter la tyrannie religieuse des Assyriens, mais au contraire respecter pleinement la liberté de conscience de ses nouveaux sujets.

vah dans un assez grand nombre des passages d’où il avait été exclu, et peut-être dans quelques-uns où il ne se trouvait pas à l’origine (1).

La comparaison des psaumes XL et LXX nous révèle encore quelques variantes, dont les plus importantes sont , outre quelques mots omis (v. 15 et 3) ou écrits différemment {v. 17 et 5, 18 et fi) :

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