‹ Du texte primitif des Psaumes, explication des passages les plus obscurs de ce livreChapitre 8 sur 58 · Livra leur bétail à la grêle (BâRâD · texte numérisé non relu

Livra leur bétail à la grêle (BâRâD

et leurs troupeaux à des épidémies, etc.

ne préserva pas leur âme de la mort et livra leur vie à la mortalité, (DèBéR)

Le parallélisme et le bon sens exigent également qu’au verset 48 on lise comme au verset 50 , la mortalité et non la grêle; et cette méprise a été manifestement occasionnée par la grande ressemblance de ces deux mots, dont le premier se trouvait déjà au verset précédent. De même, au psaume LXXXIX, il est clair, d’après le verset 51, qu’il faut lire ’JIN au lieu de kh , au verset 48 : Rappelle-toi, Seigneur! (et non Rappelle-toi, moi!) ce qu’est la vie (1). 11 est évident aussi qu’au verset 51 il manque un mot indispensable et que le Targoum a très-justement suppléé : « Rappelle-toi, Seigneur....

Que je porte dans mon sein [les outrages de] tous les peuples nombreux.... »

Une omission du même genre se trouve encore au psaume XXIV, 6, où il faut traduire d’après les versions anciennes :

Telle est l’assemblée de ceux qui cherchent, qui implorent ta présence, [Dieu de] .lacob!

(1) Il se pourrait cependant qu’il n’y eût là qu'une transposition de lettres, et que le texte primitif portât siroplement Vm au lieu dç “rSn ; Souviens>toi combien je suis fragile (ou éphémère).

D’uprès Houbigant, le texte primitif portait, au XXXVIIT, V. 20, can au lieu de d>ti : mes ennemis sans motif, au lieu de : mes ennemis dt tie (!), et cette conjecture nous paraît, pour dire le moins, très-probable. — On est à peu près unanime à reconnaître qu’au commencement du psaume LVIII la vocalisation du mot dSn est défectueuse et qu’il faut le prononcer ; Puissants, on magistrats;

Magistrats ' prononcez-vous vraiment la justice?

au lieu de ; Prononcez- vous vraiment le silence de la justice? ce qui ne signifie rien (1), — sans compter qu’avec cette manière de lire on ne voit pas à qui le psalmiste s'adresse.

Nous rencontrerons de nombreux exemples du même genre dans la suite de ce travail. Quand on lit, au milieu d’un cantique qui exprime les sentiments religieux les plus élevés et les plus purs, des phrases comme celles-ci ;

Tu m’ae creusé les oreilles (XL, 7),

.le compte tous mes os (XXII, 18),

CVst pourquoi son peuple retourne ici,

et des eaux pleines sont alisorliécs pour eux (!....)

(LXXni, 10),

(1) Cela ne peut vouloir dire la justice qui a ité si longtemps muette; il faudrait pour cela qu'il y eût la justice du silence (et non le silence de la justice), et encore l’expression serait bien extraordinaire. — Il est intéressant de retrouver dSn avec le même .^ens de magistrats dans l’inscription phénicienne de Marseille (1. 13 et 16) et dans la table de Carthage (1. 8) : « Quant au r.farat (espèce de sacrifice) qui est porté devant (' arth. : entre) les magistrats... Toute libation... de magi.straU ou d’homnies quelconques qui sacrifieront... » il est vrai qu'on traduit généralement ce mot par dieux^ mais c’est à tort, je crois, car les dieux sont appelés en phénicien rtiom'm.

(Inscr. d’Eshmounaiar, 1. 9, 16, 18, 22; vers puniques du Pœnulus de Plaute, acte V, sc. i, v. 1 et 4.) — La même erreur de vocalisation se retrouve Ps. LVI, 1, mai.s le mot a lè un autre sens, celui de chênes^ les arbres grands et -pytissantt

— io —

E( chanteurs comme joueurs de flûte,

toutes mes fontaines [sont] en toi (LXXXVll, 7),

il n’est pas besoin de beaucoup de perspicacité pour voir qu’il y a là une altération de quelque nature. Il en faut malheureusement davantage pour découvrir de quelle nature et pour retrouver le texte primitif.

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