CHAPITRE IL
ANATOMIE SPÉCIALE DU TISSU CONJONCTIF OU TISSU EN VISAGE DANS LES DIVERSES PARTIES DU CORPS.
Un premier fait qui attire tout de suite l’attention lorsqu’on examine le tissu conjonctif dans les diverses parties de l’économie, est que certains organes se trouvent exclusivement formés par lui {organes premiers lumineux fondamentaux de Ch. Robin), tandis que pour les autres il n’y entre que comme élément accessoire.
C’est principalement au point de vue de l’anatomie descriptive que nous traiterons ce sujet, car si nous nous placions sur le terrain purement histologique, nous nous trouverions encore dans un embarras ex-
trême pour choisir entre les deux grandes doctrines qui régnent dans la science : l’une (Reichert, Virchow, Donders), qui veut que la substance conjonctive formant en quelque sorte la charpente du corps entier donne naissance à tous les tissus pouvant se transformer mutuellement et se remplacer les uns les autres; la seconde (Robin), qui regarde les éléments anatomiques comme étant des individualités distinctes incapables de transformation réciproque et qui, considérant cette substance conjonctive homogène comme de la matière amorphe, restreint singulièrement la masse totale du tissu lamineux du corps.
Examinons donc quelle est la manière d’être, la forme, la quantité, la vascularité du tissu lamineux dans les différentes régions, dans les divers tissus et systèmes.
Régions.
Tète. — Pèu abondant dans le crâne et le rachis (je ne parle pas de la pie-mère encéphalique qui le représente à l’état de pureté), où il a comme le système veineux des communications de l’extérieur à l’intérieur par les trous et les fentes , le tissu conjonctif s’y présente avec des différences de densité bien remarquables suivant les points de la superficie et de la profondeur où on l’examine (région épicrànienne ). A la face, au contraire, il est d’une abondance extrême, et est le plus souvent mêlé à une notable quantité de tissu adipeux, mou (boule graisseuse du buccinateur). La cavité orbitaire est remplie d’une masse de tissu conjonctif, dont la finesse et la laxité
le rendent perméable aux. infiltrations séreuse et sanguine (fracture du crâne); on en remarque sur les bords et au-dessous de la langue , mais extrêmement peu dans les fosses nasales. Ce tissu conjonctif facial communique avec celui du cou :
1° Par la région sous-cutanée ;
2° Parles intervalles des muscles de la langue ;
3° Par la région de la loge parotidienne ;
4° En suivant le trajet des vaisseaux.
Cou. — Le tissu conjonctif cervical y est très-abondant, sunout dans la région profonde ( parties latérales , région sterno-mastoïdienne et sus-claviculaire ) où de nombreux ganglions lymphatiques sont plongés dans sa masse. Il accompagne les gros vaisseaux et le plexus brachial ( canal cervico- axillaire, voie cle communication entre le cou et Vaisselle. Emphysème, œdème, migration des ahcès). Par la trachée, l'œsophage, etc., il se prolonge dans les médiastins (canal cervico-médiastinique) .
Thorax. — Le médiastin est très abondamment pourvu d’un tissu conjonctif situé spécialement autour des vaisseaux et des conduits qui le traversent ( tissu péri- trachéal, péri-œsophcugien, etc.); communications du tissu conjonctif thoracique avec le tissu abdominal par les ouvertures du diaphragme, par l’intervalle xiphoido -diaphragmatique . Abondance du tissu conjonctif dans la région mammaire (bourse séreuse sous-mammaire de Nélaton et Giraldès),
Abdomen. — Abondant également, surtout en arrière et autour des vaisseaux afférents et efférents
des organes et autour de leurs canaux ( tissu sous-péritonéal, atmosphère graisseuse péri -rénale de Bordeu ; communications pelai- abdominales, etc.).
Bassin. — C’est une des régions les plus riches en tissu lumineux [rectum, vessie, matrice ; conséquences physiologiques et pathologiques; infiltrations purulente, urineuse , etc.). Communications pelvi-fémorales se faisant par le tissu lamineux qui accompagne les vaisseaux dans leur trajet ( canal inguinal, crural , trou sous-pubien, échancrure sciatique ).
Membres. — Distinction en deux couches. Accumulation de ce tissu au niveau de la réunion des appendices au tronc ( aisselle , aine, creux poplité)', dans ce cas, il est souvent mêlé au tissu adipeux.
Tissus et systèmes.