‹ Du tissu conjonctif ou lamineuxChapitre 9 sur 13 · RÔLE PHYSIOLOGIQUE DE LA FIBRE LAMINEUSE · texte numérisé non relu

RÔLE PHYSIOLOGIQUE DE LA FIBRE LAMINEUSE

Rappelons brièvement les propriétés d'inextensibilité, de ténacité surtout quand ces fibres sont disposées parallèlement (tendons, ligaments), de grande résistance (dure-mère, sclérotique, albuginée du testicule, etc.), conditions en rapport avec la fonction de l’organe et qui sont duesà ce qu’ellessontparvenues à leur plus complet développement.

Gillette. H

La flexibilité et la souplesse sont relatives aux usages de séparation et de glissement sur lesquels nous avons déjà insisté.

La fibre conjonctive, comme tous les éléments anatomiques, mais à un plus haut degré que la plupart d’entre eux, jouissent des trois propriétés suivantes appelées végétatives, parce que ce sont les seules que possèdent les végétaux (de là le nom d’élément végétatif que cette fibre partage avec plusieurs autres):

La propriété de nutrition ;

— - de développement ;

— , de génération.

Bien des auteurs, jusqu’à présent, n’ont admis dans le tissu conjonctif qu’une nutrition très-peu active, un échange extrêmement lent de principes nutritifs, de sorte qu'ils ne font jouer à ce tissu qu'un rôle, pour ainsi dire, passif. Ces actes sont, en effet, peu connus dans leur nature, cependant nous savons, par exemple, que la colle donne, comme produit artificiel de décomposition, la leucine et la glycine. Un jour viendra, sans doute, où nos connaissances, sur ce point important, seront plus étendues.

La nutrition , qui, dans cet élément, est subordonnée comme partout ailleurs, à la chimie, a trait à sa rénovation incessante et est représentée parle double courant d’assimilation et de désassimilation qui est continu et ne peut se détruire : le premier, ou mouvement de combinaison, ne nous offre rien de spécial à noter ; l’élément conjonctif attire à lui les matériaux du sang et jouit à l’égard de certains principes immédiats d’une propriété de sélection ayant de grandes analologies avec les phénomènes chimiques. — Dans la

théorie allemande, rien de plus simple que le mécanisme de cette assimilation; le plasma chemine dans les canaux plasmatiques et de cellule en cellule, puis dans le tissu lui-même, en vertu des lois de capillarité et d’endosmose.

Ce mouvement d'assimilation et peut-être davantage celui de désassimilation, sontla cause d’un phénomène sur lequel Ch. Robin a appelé l’attention, et qui est intéressant à plus d’un titre : je veux parler de Y état graisseux de l’élément conjonctif, que certains auteurs ont regardé à tort comme étant une espèce de sécrétion.

Cet état se produit : 1° dans des conditions normales, par la transformation graisseuse de certains corps fibro-plastiques (les autres s’atrophiant) , lorsqu’ils n’ont plus besoin d’exister comme centre de génération des fibres lamineuses (tissu adipeux); 2° à l’état sénile.

La propriété de développement de la fibre lamineuse, au début de la vie, est en rapport avec la prédominance du mouvement de composition sur la désassimilation (1). Après un état stationnaire, l’inverse se produit, et le mouvement de décomposition prédomine dans un âge avancé.

Cette propriété de la fibre conjonctive marche donc parallèlement avec celle de nutrition, ne peut en être séparée, et est soumise comme elle à des lois invariables. Nous mentionnerons encore ici deux faits im

(1) Toutefois, l’accroissement ne se fait pas par le développement seul, c’est-à-dire par Y augmentation en volume de l’élément : la génération vient aider le développement en produisant l'augmentatatiou en nombre.

portants qui ont été indiqués par Ch. Robin dans le récent article du Dictionnaire encyclopédique (. Anat . et Physiologie de la Cellule), et qui ont trait au développement de la fibre lamineuse : « Dans la plupart des parties, formées de tissus lamineux proprement dits, écrit cet auteur, ainsi que dans les diverses productions morbides qu’il compose, les préparations montrent une masse de noyaux qui 1 emporte parfois sur celle qui est représentée par le reste de la substance. Or, lorsqu’on se rappelle que presque chaque noyau indique par sa présence l’existence d’une cellule dont il est le centre, on est conduit à rendre à ce tissu le nom de tissu cellulaire comme plus exact que tous les autres, non pas dans le sens ancien, mais parce qu’il renferme plus de noyaux cellulaires que les tissus entre lesquels il est disposé en couches ou lames. »

Le second fait que je veux citer et qui a été observé par Iienle et plus récemment par Ranvier , Robin et par l’un de mes compétiteurs, est relatif au développement de cet élément dans le cordon ombilical, les tendons et autres parties formées de fibres lamineuses fasciculées. Dans ces organes, les cellules fibro-plastiques seraient soudées bout à bout, disposées en traînées, rubanées et formant des bandelettes pâles avec des noyaux ovalaires de distance en distance, renflées et un peu grenues vers le niveau de ceux-ci.

La propriété de génération de la fibre lamineuse est en rapport aussi comme la précédente avec les phénomènes de nutrition, dont elle n’est en quelque sorte qu’une conséquence. Cette génération a lieu par genèse

autour du noyau embryo-plastique, nous n’y reviendrons pas; nous dirons seulement que le tissu lumineux proprement dit se montre en premier lieu où naît l’allantoïde, qui bientôt en est constituée entièrement et que la fibre élastique n’apparaît dans son intérieur que le deuxième ou troisième mois de la vie intra-utérine.

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