DIAGNOSTIC PRÉCOCE
Tous les auteurs qui ont écrit sur le traitement chirurgical du cancer de l'estomac se sont efforcés de démontrer que la principale chance de suceès réside dans le diagnostic fait de bonne heure, à une époque où les progrès du mal n'ont pas rendu illusoire et vaine toute tentative d’extirpation radicale. Les observations dans lesquelles le chirurgien a eu l’occasion d'opérer un cancéreux au début de son affection démontrent pleinement l'exactitude de cette affirmation. Toute intervention pratiquée sur un organe de l’économie envahi par le can- | cer a d'autant plus de chances de réussir, que le mal a poussé des racines moins profondes et moins étendues, autrement dit, toutes conditions égales d’ailleurs, un cancer précocement diagnostiqué et excisé est d'autant plus curable, que l'opération a été faite plus tôt. Cette loi, applicable à tous les cancers en général, ne souffre pas d'exception lorsqu'il s'agit du cancer de l’estomac. ÉRen
Mais si, dans beaucoup d'organes, le néoplasme malin se traduit par des symptômes appréciables de bonne heure pour le sujetet pour le praticien, s’il est souvent possible d'inter-
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venir àune période peu avancée du mal dans le cancer du sein, du col de l'utérus, etc., cela tient à ce que les procédés d'investigation sont plus directs, la néoplasie est accessible au doigt où même à la vue, cela dépend, en un mot, de la facilité plus grande du diagnostic. Le médecin, appelé à examiner un sujet dont la maladie éveille l’idée d'une des localisations précitées du cancer (sein, utérus, ete.), a son attention attirée de suile vers une intervention possible; comme, d'autre part, les opérations sur ces organes sont d’une pratique plus courante et mieux entrée dans l’idée du public, il n’a pas de peine à faire accepter une consultation avec un chirurgien, ainsi que l'opération dès qu’elle est jugée utile.
… Quand on a affaire à un cancer de l'estomac, nombreux sont les obstacles qui empêchent le chirurgien d'intervenir de bonne heure. Ils tiennent d’abord à la maladie elle-même, qui, dans un grand nombre de cas, évolue de façon à ne point permettre un diagnostic ou même une présomption suffisante, de cancer dans ses débuts ; d’autre part, il fant bien reconnaître qu'en France particulièrement, l'idée n’est pas très accréditée, parmi les médecins, de soumettre leur malade à une laparôtomie quand le diagnostic de cancer peut être soupçonné. Nous aurons occasion de le démontrer au cours de ce chapitre, le diagnostic ferme de cancer de l'estomac est souvent impossible, et ce sont des présomptions seulement qui gaident le médecin. Or, le médecin et le chirurgien consciencieux tiennent plus à la confiance et à la reconnaissance de leurs malades qu'à l'accroissement du chiffre de leurs stalistiques ; ils. ne suivent pas le précepte de Lidner, lorsqu'il conseille d’affirmer aux malades que le cancer existe et que l'opération les guérira ou les améliorera. [ls préfèrent ne rien affirmer au-delà de ce qu'ils savent d’une façon sûre ; le malade étant prévenu de la gravité de son état, le médecin lui montre, comme une