‹ Du Traitement Chirurgical: De l'Endométrite ChroniqueChapitre 20 sur 41 · PES TORRES · texte numérisé non relu

PES TORRES

Quoiqu'il en soit, il est certain que, par le fait de la dilatation, il se produit des modifications trophiques du tissu utérin.

Pour M. Doléris, l’action mécanique des corps dilatateurs est dominée par leur action thérapeutique. « L’éponge, la laminaire, le tupelo sont moins des corps dilatants que des porte-topiques, des véhicules permanents d’une substance antiseptique dont ils sont imprégnés, mise et retenue au contact de la muqueuse utérine, au fur et à mesure que cette muqueuse s'étale sous l’influence de l’ampliation de la cavité. La métrite chronique est surtout une lésion de profondeur ; en dilatant, on met à nu les parties profondes; on décuple ainsi la surface et par le même procédé, on décuple l’action topique (1) ».

Un autre mode d’action de l'agent dilatateur est celui-ci : en rendant le col utérin plus perméable, on fait un véritable drainage de la cavité utérine, permettant aux produits de sécrétion de s’éliminer plus facilement; on agit comme pour un abcès dans lequel on introduit un drain.

Dans une communication faite au 55° Congrès des naturalistes et médecins allemands, à Eisenach, Schultze donne la dilatation du col de l’utérus comme un traitement de l’endométrite chronique ; il la fait suivre d’une injection quotidienne de un à deux litres de solution phéniquée: pour lui, s’il n’y a pas toujours guérison, c’est qu’il existe dans Putérus de petits adénomes siégeant surtout à l'embouchure des trompes et au fond de la cavité (2).

Porak (Considérations sur les tentes asepliques et sur leur

(1) Doris, Archives de Tocologie, 1887.

(°) ScHULTZE, Zur Dilatation der Uterus (Centralblatt für Gyn., n° 41, 1882.

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mode d'emploi dans le traitement de l’endométrite), compare la dilatation à la cautérisation intra-utérine ; il donne la préférence à la première (1).

« La dilatation lente peut suffire à guérir certaines endométrites, sans qu'il soit nécessaire. de recourir à d’autres moyens ; on peut quelquefois s'arrêter à cette première étape du traitement, à supposer que la dilatation ait été entreprise dans le but d'intervenir par le curettage utérin. » (DOLÉRIS, loc. cit.) V. notre observation XIII.

La dilatation extemporanée, la divulsion, est surtout efficace dans le cas d’endométrite accompagnée d’Aystéralgie; elle a souvent fait disparaitre des douleurs très violentes, tenant pour quelques auteurs à des fissures siégeant au col, fissures pouvant être comparées aux fissures douloureuses de l’anus (2).

Ces fissures utérines sont l’origine de troubles multiples ; il paraît très probable qu’il existe une atrésie du col d’origine réflexe, atrésie douloureuse comparable aux contractures douloureuses du sphincter anal dans le cas de fissures à Panus.

De plus, ces excoriations déterminent des poussées de lymphangite, en permettant aux microbes pathogènes de pénétrer plus facilement dans les lymphatiques utérins.

La dilatation permet la cicatrisation de ces excoriations et fait disparaitre avec elles l’atrésie réflexe du col, la lymphangite et la douleur qui est souvent intolérable (observ. XIT).

Quant à la dilatation totale de la cavité utérine, nous

(1) Porax, Nouvelles Archives d’obstétrique et de gynécologie, juilletaoût 1887.

(2) Soro, Thèse de Paris, 1885.

ÿ n avons pas eu occasion de la voir pratiquer. On lui reproche généralement d’être trop longue, de provoquer de la fièvre, de la douleur, des vomissements, des phénomènes hystériques.

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