‹ Du Traitement Chirurgical: De l'Endométrite ChroniqueChapitre 21 sur 41 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(Gommuniquée par M. le professeur agrégé Vautrin).

Mme X... âgée de 35 ans, vient me consulter le 15 octobre 1889 pour des douleurs excessivement vives qu’elle éprouve dans le bas-ventre et qui s’irradient vers les cuisses. Lassitude générale, manque d’appétit, vomissements : amaigrissement. Il est impossible à la malade de lever les bras, de lever des fardeaux et elle doit renoncer à son commerce.

Les règles sont très douloureuses, la menstruation est accompagnée de troubles nerveux intenses et à ce moment la malade doit garder le lit.

Je palpe le ventre et ne découvre que de la sensibilité ovarique.

Au toucher, je sens un col dur, petit: cette femme perd fort peu.

Au spéculum je trouve un col de petit volume, à ouverture très étroite qui admet difficilement la sonde utérine ordinaire.

Je songe immédiatement à une atrésie du col, d'autant plus que les douleurs menstruelles me l’indiquent et que je ne constate rien ni sur l'utérus, ni sur ses annexes. Après avoir fixé l'utérus avec une pince à griffes. j'introduis dans le col le seul objet que j'ai sous la main, une pince à branches peu volumineuses : je détermine une douleur excessivement vive : j'écarte les branches de la pince et je puis alors introduire une sonde en gomme molle et explorer l’utérus dont la cavité n’est guère augmentée de volume.

Je me contente de faire un lavage intra-utérin et d’enfoncer dans toute la longueur du canal cervical un tampon de gaze iodoformée que je laisse jusqu’au lendemain.

Pendant quelques jours encore, lavages intra-vaginaux au sublimé.

Depuis cette époque, les douleurs ont disparu et la malade va tout à

fait bien.

Ra De OBSERVATION XIII

Communiquée par M. le Dr Schuhl, chef de clinique à la Maternité.

Endométrite. — Dilatation du col. — Guérison.

Femme X... 88ans, multipare: a eu plusieurs enfants bien portanis : les couches et les suites de couches ont été normales.

Il y a quatre mois, fausse couche au troisième mois de sa grossesse : consécutivement, rétention de,débris placentaires qui s’éliminent petit à petit ; un peu de fièvre; injections antiseptiques intra-utérines. Depuis cette fausse couche, la malade est réglée tous les quinze jours, et la durée des règles est de huit jours chaque fois. Douleurs au bas-ventre presque continuelles : un peu de leucorrhée : métrorragies fréquentes avec expulsion de caillots sanguins.

Le 30 novembre, la malade est examinée : utérus volumineux, dépassant la symphise pubienne de deux travers de doigt: il est mobile et dans une situation normale. Légère sensibilité à la pression à droite de l’utérus, mais les mouvements imprimés au corps de l'utérus ne déterminent pas de douleur. Col gros, non ulcéré, laissant s’écouler des mucosités purulentes.

Le 2? décembre 1889, M. Schuhl fait la dilatation du col, au moyen d’une tige de laminaire préalablement trempée dans unesolution d’éther iodoformé : cette tige laissée en place pendant 30 heures environ est remplacée par une autre un peu plus volumineuse que l’on laisse le même temps. Cette dernière étant retirée, badigeonnage de la surface interne de la cavité utérine avec de la glycérine créosotée au tiers. Ces badigeonnages sont répétés pendant 8 jours consécutifs.

La malade a été revue le 11 janvier 1890 : elle est complétement guérie : plus de douleurs au bas-ventre, ses dernières règles sont venues le 15 décembre et ont été normales : la leucorrhée et les métrorragies ont disparu.

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